Le président du RPM, IBK, à propos des élections générales de 2012 : \”Je souhaite que le Mali ait des élections transparentes, sincères et festives\”

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Dans un entretien qu’il a accordé récemment au magazine Le Leader, le président du Rassemblement pour le Mali (RPM), Ibrahim Boubacar Kéita alias IBK, avec la franchise et la densité qu’on  lui connaît, s’est prononcé sur plusieurs sujets de l’actualité nationale : la santé du parti, le projet de révision constitutionnelle  initié par le président de la République Amadou Toumani Touré, la question de son éventuelle candidature à la présidentielle de 2012, les remous sociopolitiques sur la scène internationale. Et l’honorable IBK d’appeler à des élections apaisées qu’il a souhaitées " sincères, transparentes et pourquoi pas festives " l’an prochain au Mali.

Le RPM suit son chemin. Le parti du tisserand évolue sereinement. Il n’est en compétition de préséance avec personne. J’entends certains dire que nous sommes les premiers, les deuxièmes forces politiques, etc. Nous devons, chacun en ce qui le concerne, savoir  être modeste", a déclaré d’entrée le leader du RPM. Pour lui, avec le système électoral du Mali, chacun sait quel est son rang réel.

      Dès lors qu’on se base sur ces résultats électoraux pour s’attribuer des rangs, c’est manquer de modestie. Le RPM, a-t-il indiqué, a toujours prouvé qu’il est bien vivant. Le parti se porte très bien et est décidé à travailler, à ne compter que sur lui-même. "La candeur et la naïveté dont on nous a accusés dans le passé sont de vieux souvenirs. Si nous sommes convaincus du devoir de compter sur nous-mêmes, nous ne sommes pas moins ouverts aux autres. Nous sommes très ouverts à toute force démocratique convaincue de pouvoir cheminer avec nous, et c’est ce que nous répondons aux nombreuses sollicitations dont nous sommes l’objet».

A la question de connaître l’analyse que le RPM fait du projet de révision constitutionnelle initiée par le président de la République dira : "Nous avons voté pour ce texte à l’Assemblée nationale. Nous l’avons fait après l’avoir suffisamment examiné. Nous ne l’avons pas accepté pour faire plaisir au chef de l’Etat. ATT n’avait pas besoin que quiconque soit obséquieux à son endroit dans ce domaine. C’est pour l’intérêt de ce pays que nous avons voté ce texte et nous allons appeler à voter oui au référendum.

Les arguments relatifs aux pouvoirs de nomination du président de la République, nous les avons soumis à l’expertise d’excellents juristes qui l’ont étudié et n’y ont trouvé aucun vice pour le renforcement de notre démocratie ; au contraire. A titre d’exemple, si le président de la République désigne le président de la Cour constitutionnelle, c’est un apport de sérénité pour mettre cette institution à l’abri de clanisations et de disputes internes ".

A propos du Sénat, IBK dira que c’est une opportunité de renforcement de la démocratie et de mettre à profit la représentativité des Maliens de l’extérieur en prenant en compte leur gestion au plan diplomatique et politique…

Parlant de sa candidature à la prochaine élection présidentielle de 2012, IBK a déclaré qu’elle a été souhaitée par des militants et responsables du RPM à l’occasion du dernier Congrès, des sympathisants, et même des partis amis. "Formellement, une convention du parti va se tenir bientôt et c’est elle qui pourra en décider. De même, des associations et des mouvements de militants et sympathisants se prononcent dans ce sens. Si le choix se porte sur ma modeste personne pour défendre les couleurs du RPM et d’une coalition de partis lors de l’élection présidentielle de l’an prochain, ma disponibilité ne fera pas défaut. Ce n’est donc pas un projet personnel, la question de la candidature de notre parti. Toutes les conditions sont là pour être candidat du RPM et les choses pourraient mieux se passer, autrement que par le passé ".

Quid de la participation du RPM (qui était de l’opposition) au Gouvernement à seulement un an de la fin du mandat du président de la République ?

"Nous ne sommes pas dans une logique d’opposition systématique qui ne tiendrait pas compte du contexte sociopolitique. Nous avons analysé si notre contribution peut améliorer les choses ; si elle est de nature à renouveler l’impulsion pour la gouvernance dans un contexte consensuel avant les élections. Pour par exemple examiner ensemble la question du fichier électoral. On a eu le débat concernant le fichier Ravec ou Race. Après réflexions et du fait des contraintes invoquées, nous avons souhaité un fichier fiable, crédible et, si possible, biométrique. Nous menons des concertations dans ce sens en étant au gouvernement…

Parlant de l’actualité, IBK a affirmé que certains, à propos de la crise ivoirienne, ont voulu lui faire du tort en faisant valoir ses rapports avec Laurent Gbagbo. "En 2002, quand les mêmes ingrédients ont faiili faire basculer notre pays, personne n’a oublié qu’IBK, même convaincu que les résultats annoncés ne reflétaient pas la réalité du vote, a demandé à ses partisans de garder leur calme et a appelé à l’apaisement entre les deux tours. 

Je ne pouvais donc pas être mauvais conseiller de Laurent Gbagbo, mon condisciple à la Sorbonne et camarade de l’Internationale socialiste. Cette crise ivoirienne a été déplorable à tout point de vue. Nos pays ont besoin de stabilité. J’ai déploré vivement cette crise, tous ces morts, tous ces dégâts… J’accompagne mon frère Alassane Dramane Ouattara dans sa politique de réconciliation, contrairement à ce que les gens pensent, nous avons de très bonnes relations ; je me souviens de son déplacement pour me voir dans mon hôtel au cours d’une visite à Washington DC alors que j’étais chef du Gouvernement du Mali, et lui Directeur au FMI. Je salue son souci d’apaiser les Ivoiriens et sa politique de réconciliation pilotée par la commission présidée par mon ami Charles Konan Banny que j’ai eu récemment au téléphone.  Il a l’épaule suffisamment large pour conduire à bien cette mission. La Côte d’Ivoire et le Mali sont socialement, anthropologiquement, historiquement, culturellement, politiquement si liés que nous ne pouvons que souhaiter une stabilité et une sérénité chez nos frères ".

A propos de la Libye, IBK croit que le président Kadhafi a beaucoup considéré les Maliens. Les investissements libyens sont considérables au Mali. Kadhafi, dira-t-il, avait un projet panafricain même si, en matière des libertés, des droits de l’homme et de la démocratie, il y a avait des choses à dire. C’est le peuple libyen qui devait faire face à ces questions. " La manière dont les choses se sont passées laisse un goût amer. La souveraineté d’un pays  est sacrée. Dès qu’on touche à cette souveraineté, il y a problème. Tout pays a besoin de voir sa souveraineté et sa dignité respectées. Cela dit, si la situation devrait se détériorer dans le pays, on pourrait parler d’indifférence des uns et des autres. C’est un cas complexe.

Il faut qu’ensemble, nous convenions des règles de fonctionnement de la communauté internationale. Si on touche aux règles de fonctionnement du droit international, tout peut basculer ".

Donnant son mot de la fin, le leader du RPM a souhaité pour le Mali un climat électoral apaisé. " Que toutes les parties participent sereinement aux échéances électorales à venir et jouent un jeu franc, sérieux, sincère et décisif. Ce n’est plus le temps des malices habituelles. C’est le temps de la clarté, de la transparence, de la sincérité pour que nous allions à des élections 2012 apaisées, sérieuses, justes, conviviales et pourquoi pas festives. Ce sera une grande victoire pour chacun des fils de ce pays et j’insiste là-dessus. Que Dieu garde le Mali et qu’il le place au dessus de nous tous, de tous nos intérêts !"

Bruno Djito SEGBEDJI

 

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