Le RPM et la crise : IBK perd le contrôle de ses troupes

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Il croyait jusque-là être dans le sens du vent pour compter sur le suffrage des Maliens lors des prochains scrutins. Mais ces derniers temps, Ibk semble être sur une mauvaise pente.

 

El Hadji Ibrahim Boubacar Keita, Président du Rassemblement Pour le Mali (RPM)

Le Rassemblement pour le Mali d’Ibrahim Boubacar Keïta, dès les évènements de mars 2012, ne s’est jamais affiché de manière courageuse. De sorte que le parti du Tisserand, après son passage éclair au Front pour la sauvegarde de la Démocratie et de la République, s’était bien gardé  de participer aux grands regroupements sociopolitiques qui se sont constitués après le coup d’Etat. « Mais, que dit IBK dans tout cela », se demandaient chaque fois de nombreux observateurs, nostalgiques de la fermeté et du langage de la vérité avec lesquels l’homme s’est toujours prononcé sur les gros dossiers du pays.

Nul besoin de se creuser la cervelle. Le calcul électoraliste avait eu raison du courage et du « kankélentiguiya» du tisserand en Chef. A jeter juste un regard sur son parcours de mars dernier à nos jours, le Rpm passe pour beaucoup de Maliens comme une organisation inconstante et souvent indécise. Pire, pour avoir pactisé avec  Satan, Ibk et les siens se trouvent désormais sur une mauvaise pente. En effet, il y a une semaine, jour pour jour, le Rpm marchait aux côtés de la Copam et consorts en faveur des concertations nationales. Les marcheurs, ce jour-là, scandaient le départ du président de la République et de son gouvernement. Pire, Boubacar Touré alias « Bou», chargé de communication du Rpm, était même allé loin en estimant que Dioncounda Traoré veut, comme Laurent Gbagbo l’avait fait en Côte d’Ivoire, profiter de l’actuelle crise pour s’éterniser au pouvoir. Il n’en sera jamais ainsi au Mali, avait-il dit.

Quelle ne fut la surprise, voire l’indignation des Maliens, lorsque quelques jours plus tard, le n°1 du Rpm avait désapprouvé ses partisans, pas les moindres, qui avaient participé à cette marche. Sur les antennes de Rfi, dimanche dernier, le président du Rassemblement pour le Mali a dit n’avoir jamais été dans cette logique. Homme d’Etat qu’il est,  Ibrahim Boubacar Keïta a dénoncé les manifestations de rue. «Je pense que la tâche est déjà assez difficile pour qu’on la complique d’avantage », avait-il reconnu. Cette déclaration de l’ancien Premier ministre du Mali, si elle n’est pas l’expression d’une résipiscence, est la preuve que  les troupes du kankélentigui sont désormais en divagation. Sinon, comment comprendre que des militants de  haut calibre, de surcroit des responsables comme Nankoma Keïta, ancien ministre, Mamadou Diarrassouba, ex-député élu à Dioïla et Boubacar Touré se retrouvent dans la rue en dehors de tout mot d’ordre du parti ?

Sur la question, des sources proches du président du Rpm font état d’une guerre de clans qui serait désormais ouverte au sein du parti. A les croire, les militants marcheurs seraient de ceux qui estiment que le moment était enfin venu de tourner la page en déposant un président qu’ils trouvent vieux, donc démodé. Dès lors, plusieurs observateurs de la scène politique malienne  craignent, si cette hypothèse s’avère vraie,  que le parti du tisserand  connaisse un avenir tumultueux. Il y a donc urgence à recoudre les morceaux.

L’évidence aujourd’hui est que beaucoup de Maliens ont du mal à saisir la position d’Ibrahim Boubacar Keïta et son parti face à la crise malienne. En se confinant dans l’inconstance et le manque de courage dès le coup d’Etat de mars 2012, le Rpm croyait éviter de se mettre des Maliens sur le dos et, de ce fait, mieux se positionner pour les élections à venir. Cela a du malheureusement produire l’effet contraire car, de plus en plus, le parti est en train de perdre sa crédibilité. Les tisserands pourront-ils rectifier le tir avant les prochaines échéances électorales ? C’est tout l’enjeu de cette situation.

Bakary SOGODOGO

SOURCE:  du   17 jan 2013.    

23 Réactions à Le RPM et la crise : IBK perd le contrôle de ses troupes

  1. Monsieur le journaliste, vous dites: »… En se confinant dans l’inconstance et le manque de courage dès le coup d’Etat de mars 2012, le Rpm croyait éviter de se mettre des Maliens sur le dos et, de ce fait, mieux se positionner pour les élections à venir…. »
    Sachez que c’est IBK qui a été le premier homme politique malien à condamner le coup d’état pendant que tous les autres restaient muets de peur de s’attirer les foudres des putschistes. C’est après son intervention que les bouches se sont dénouées, qui à soutenir le coup d’état, et qui à le condamner.
    C’est aussi IBK seul qui a montré sa désapprobation pour l’accord d’Alger que ATT a signé avec les rebelles; ce accord qui préparait déjà la partition du Mali en deux parties. Mais tous les autres hommes politiques ont salué cet « accord de la honte » pour faire plaisir à ATT.
    Que Dieu bénisse IBK le courageux et homme de conviction. C’est quand même normal qu’un homme politique fasse des calculs par rapport à la situation politique.

    • Et les 7 nains!

      Vous mentez, il a rendu visite à la junte et tout le monde entier l’a vu à la télé, sale aafabulateur :twisted: :twisted: :twisted:

  2. MAIS KANKELETIGUI SAUF KE IBK A ETE PENDANT LES 20ANNEE DONT TU PARLE PREMIER MINISTRE ET PRESIDENT DU PARTI MAJORITAIRE

  3. Kankélé tigui

    Le coup d’état a été le plus beau cadeau que le Mali a reçu pendant les 20 dernières années. Sans le coup d’état qu’allait devenir le Mali? Pendant ces 20 dernières années qu’est ce que les anti-coup d’état ont fait? Le seul patriote a été IBK en disant non à l’accord d’Alger. Il faut rappeler que dans la prise des villes du Nord, ces différents accords ont participé a plus de 70%. N’était-il pas visionnaire? Mieux quand ATT a rencontré les Touaregues venus de la Libye il n’était pas d’accord et voulait la methode forte. par contre le FDR était là pour l’applaudir.
    Je vous prie pour vos campagne laissé le peuple decidé

  4. laissons le temps au temps,ce sont les irresponsables politiciens qui ont détruis ce pays,vive un mali uni et solidaire

  5. kabako12

    Plus de discernement chers compatriotes!
    Certaines réactions laissent penser que beaucoup n’ont pas compris jusque là, comment le pays s’est trouvé à terre malgré les acclamations de la Communauté International dans le passé.
    Pour un observateur averti et soucieux du devenir de la nation Malienne, il est insensé de palabrer au tour des personnalités qui ont participé à la décadence du Mali sans rien faire. Pour moi que se soit IBK, groupe FDR, MP22, COPAM, etc… Tous ces gens ne sont que des fardeaux pour l’économie Malienne ils ne sont pas productifs au contraire ils constituent un frein au développement du pays.
    Il est urgent que nous commençons déjà à l’après reconquête du nord pour jeter les fondements d’une véritable nation démocratique juste et équitable où tous les fils seront traités les même pied d’égalité
    Je ne suis contre personne.