Élection Présidentielle de 2012 : L’héritage politique d’ATT tiré à hue et à dia par ses amis

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A quelques encablures de la fin de son second mandat à la tête du Mali, la sauvegarde de l’héritage du président Amadou Toumani Touré ne semble pas être assurée d’avance. Et pour cause, ses amis, ses fidèles lieutenants dont Djibril Tangara de la FCD (Force citoyenne pour la Démocratie), Hamed Diané Seméga, Jeamille Bittar et Ahmed Sow, tous les trois pour le compte du PDES (Parti pour le développement économique et la solidarité) Ousmane Ben Fana Traoré du PCR (Parti citoyen pour le renouveau) Madani Tall de l’ADM (Avenir pour le développement du Mali) voire Aliou Sankaré dit Bidi avec son association  politique, l’UDC (l’Union pour la démocratie et la citoyenneté pour ne citer que ceux-là, sont  en ordre dispersé sur le champ politique. A ceux-ci, d’autres ajoutent, volontiers, l’ancien Premier ministre, Modibo Sidibé qui, après une très longue carrière dans l’administration  sous la protection d’ATT, s’apprête à se lancer dans la course pour succéder à son mentor. Ils ne semblent pas bien assimiler la leçon de leur guide, le général Amadou Toumani Touré dont le souci a toujours été : «ensemble pour trouver des solutions aux problèmes de nos concitoyens». C’est pourquoi  le héros de la Révolution de mars 1991 s’est lancé dans la politique et son bilan est bien positif. Mais son grand héritage risque de voler en éclats s’il ne prend pas, dès maintenant, position à travers la présentation d’un testament politique.

 Du 26 mars 1991,, date à laquelle ATT a mis fin au régime dictatorial et sanguinaire du général Moussa Traoré, à avril 1992, date à laquelle, il a remis le pouvoir au premier président démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré, après avoir réussi la transition démocratique, menée à bien la Conférence nationale, avant d’organiser des élections libres, transparentes et crédible, de 1992 à 2002.  Il a, pendant cette période, sillonné le Mali, l’Afrique pour des causes humanitaires et sociales. ATT a laissé des souvenirs inoubliables dans la mémoire des Maliens et des Africains grâce aux actes qu’il a posés dans le cadre du développement tout court. 

Une fois aux affaires en 2002, ATT a souhaité que le pouvoir soit plus un facteur de cohésion que de division et cela dans le respect des libertés fondamentales.   C’est pourquoi, il est resté fidèle à la même démarche que pendant la Transition démocratique (entre mars 1991 et Juin 1992). Période dont l’exemplarité tenait à la diversité de la composition du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) avec la présence des représentants du Mouvement Démocratique et des Forces Armées et de Sécurité.

Aussi, ATT a -t-il tiré  des enseignements des différentes missions de médiation qu’il a effectuées en Afrique, précisément en République Centrafricaine, en République Démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi où l’enjeu du pouvoir a été toujours un élément déterminant des contradictions politiques dans ces pays. Bref, "il a trop fait pour le Mali et ce peuple lui sera éternellement reconnaissant" pour ainsi reprendre les termes du leader du PARENA ,Tiéblé Dramé, lors de la dernière Conférence nationale de son parti courant février 2007. "ATT est un homme qui a été deux fois sapeur-pompier pour son peuple (rébellion et crise politico-sociale)  mérite de compter parmi les dignes fils du pays", selon un certain Yiriba à travers un article paru dans Les Echos du 27 mars 2007.

L e consensus qu’ATT a toujours prôné (le sujet a été le thème d’une conférence-débat que votre serviteur a animée, le 4 juin 2011, au Centre Aoua Kéïta, organisée par le parti FAMA à la faveur du neuvième anniversaire de l’accession du président au pouvoir)  à  cause certainement de l’éducation familiale qu’il a reçue de son "Soudoubaba", c’est-à-dire la maison paternelle en peulh, a permis une stabilité sociale.

Toute chose qui a eu le mérite d’apaiser la tension sociale dans le pays, de l’éloigner des querelles, des marches de protestation et autres actions inutiles ou de gaspillage de nos maigres ressources et énergies.  Ce qui a permis de consacrer  toutes nos forces à la réalisation des objectifs de développement de notre pays à travers la réalisation des grands travaux dans les domaines des équipements collectifs en matière de santé, d’éducation, d’infrastructures routières, sécuritaires et industrielles.

Bref, rien n’a été oublié dans le cadre du développement harmonieux du Mali. C’est cet héritage combien   important qui est aujourd’hui à hue et à dia par ses lieutenants qui ne ratent aucune occasion pour se réclamer, à tort et à travers, de lui. Ils ont pour nom Djibril Tangara du FCD (Force citoyenne pour le changement) Hamed Diané Séméga, Jeamille Bittar et Ahmed Sow tous les trois pour le compte du PDES (Parti pour le développement économique et la solidarité), Ousmane Ben Fana Traoré du PCR (Parti citoyen pour le renouveau) Madani Tall de l’ADM (Avenir pour le développement du Mali) voire Aliou Sankaré dit Bidi avec son association l’UDC (l’Union pour la démocratie et la citoyenneté) qui vient d’intégrer la fameuse UM-RDA Faso jigi, une tentative malheureuse des héritiers de Modibo Kéïta afin de réconcilier la grande famille RDA )… Tous sont  en ordre dispersé sur le champ politique.

 Vivement un testament politique d’ATT

 Non content du fait que le Mouvement citoyen, l’association politique qui a été d’un apport précieux à l’élection d’ATT en 2002, tardait à se transformer en parti politique afin d’assurer l’héritage du locataire du Palais de Koulouba, Djibril Tangara et Ousmane Ben Fana Traoré ont pris leur liberté en allant créer, chacun, sa formation politique : la FCD pour le premier et le PCR pour le second. Quant à Hamed Diané Séméga, Jeamille Bittar et Ahmed Sow, ils se livrent à une bataille de chiffonniers pour le contrôle du PDES, un parti issu également du Mouvement Citoyen.

S’agissant de Madani Tall et d’Aliou Sankaré, malgré qu’ils soient des proches collaborateurs du président ATT, ils ont préféré avoir leurs petites armes à la main en créant, eux aussi, des mouvements politiques. A ceux-ci d’autres ajoutent, volontiers, l’ancien Premier ministre, Modibo Sidibé qui, après une très longue carrière dans l’administration  sous la protection d’ATT, s’apprête à se lancer dans la course pour la succession de son mentor

Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers l’icône ATT, cet homme exceptionnel, au sujet de son héritage politique. Ne serait-il pas sage pour lui, surtout à seulement 10 mois de la fin de son second mandat à la tête du pays, de prendre position, présenter un testament politique  afin de ramener ses lieutenants, qui se comportent aujourd’hui en brebis galleuses, en ordre de bataille dans l’unité et la cohésion pour assurer le grand et lourd héritage qu’il va laisser derrière lui après le 8 juin 2012?

Alassane DIARRA

 

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