Les acteurs du processus électoral en conclave hier au Gouvernorat : La CENI préoccupé par les radiations massives d’électeurs

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Les membres de  la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ont rencontré, hier jeudi 12 janvier, dans la salle de conférence du Gouvernorat du district, les représentants des partis politiques et des organisations de la société civile pour échanger autour de l’évolution du processus électoral. Ce n’était pas  la grande affluence, mais la rencontre, dirigée par le président de la CENI, Mamadou Diamoutani en présence de ses principaux collaborateurs,  a permis aux uns et aux autres de s’édifier sur les satisfactions du processus et de s’inquiéter des insuffisances liées  notamment aux opérations de révisions des listes électorales, dont les radiations massives d’électeurs n’ayant pas retiré leurs cartes lors des précédents scrutins.

Avant de rencontrer la presse aujourd’hui, les membres de la CENI ont tenu à échanger hier avec les principaux acteurs du processus électoral que sont les partis politiques et les organisations de la société civile.  Ce cadre de concertations a enregistré la présence de plusieurs membres de CENI dont Mme Traoré Oumou Touré, Ousmane Theéra, Ibrahima Sissoko, Moussa Kennèye Kodio, Abdoulaye Koïta, Dioncounda Samanbaly et d’autres.

Dans son intervention, le président de la CENI, Mamadou Diamoutani, a rappelé que la dernière réunion entre la CENI et les représentants de la classe politique et de la société civile, tenue le 11 octobre 2011, avait permis  de discuter de la mise en place des démembrements de l’institution chargée de la supervision et du suivi du processus électoral. Il a alors rappelé les missions de la CENI définies dans la loi électorale. Aux termes de l’article 14 de cette loi, la CENI est chargée de la supervision et du suivi des opérations électorales. Elle doit suivre de près les opérations d’établissement ou de révision des listes électorales, la campagne, les opérations de vote, de dépouillement, la transmission des procès-verbaux, la  proclamation des résultats, la gestion des observateurs internationaux. Et Mamadou Diamoutani d’insister sur le fait que la CENI doit veiller en tout point à ce que la loi électorale soit respectée dans ses moindres détails.

Parlant des démembrements, qui ont  été mis en place, le président de la CENI a indiqué qu’au jour d’aujourd’hui, 795 démembrements de l’institution ont été mis en place : dans les 703 communes, 49 cercles et 42 juridictions de l’extérieur. Soit au total 4 644 membres  à la charge de l’institution. Il a fait remarquer que la mise en place quelque peu tardive de la CENI n’a pas permis de bien suivre les opérations de révision des listes électorales. Ce qui n’a pas empêché d’impliquer ses démembrements à prendre possession des dernières phases de ces opérations dans différentes circonscriptions. Toute chose qui a permis à la CENI d’observer que cette mise en place un peu tardive n’a pas réellement été un handicap dans le processus. Le président de la CENI a souligné le fait que certains membres des commissions  chargées des révisions n’ont pas un niveau suffisant pour bien faire le travail. Idem pour certains membres de l’administration qui ne maîtrisent pas le dispositif législatif dans ce domaine. Concernant  les nouvelles inscriptions, les radiations, les réclamations, la phase du contentieux, le président de la CENI a relevé quelques appréhensions relatives à des dispositions contestables contenues dans la loi électorale. « Nous ne voulons pas que le jour du scrutin, de nombreux Maliens se présentent devant les bureaux de vote pour voter et qu’ils ne retrouvent pas leurs cartes du fait des radiations massives des électeurs qui n’avaient pas retiré leurs cartes lors des élections de 2009 et de 2007. Nous avons pu constater que sur plus d’un million de cartes non retirées, malgré la sensibilisation, seulement environ 70 000 personnes ont pu se présenter pour dire qu’ils sont là et prêts à voter…», a expliqué le président de la CENI. Il a également indiqué qu’autant la CENI tient à ce que le fichier électoral soit purgé autant elle ne voudrait pas que des Maliens soient frustrés pour avoir été privés de leur droit de voter.

Et  Mamadou Diamoutani de rappeler aux uns et aux autres la nécessité de respecter la loi électorale en ce qui concerne la campagne électorale qui n’est pas encore ouverte. Les partis et les potentiels candidats doivent respecter les règles du jeu en la matière pour ne frustrer aucun Malien.

A noter que la CENI a, en outre, rencontré les partenaires techniques et financiers et a eu plusieurs discussions et correspondances avec le Gouvernement.

 

Bruno D SEGBEDJI

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.