Les trois maux de la présidentielle malienne

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Une patrouille de l'armée malienne à Gao, le 8 février 2013. © AFP
Une patrouille de l’armĂ©e malienne Ă  Gao, le 8 fĂ©vrier 2013. © AFP

Tensions Ă  Kidal, risques d’attaques terroristes, retards dans la distribution des cartes d’Ă©lecteurs : Ă  moins d’une semaine du premier tour de l’Ă©lection prĂ©sidentielle malienne, le dimanche 28 juillet, plusieurs points noirs pourraient sĂ©rieusement entraver le bon dĂ©roulement du scrutin.

 

 

Dioncounda TraorĂ© et Ban Ki Moon le rĂ©pètent rĂ©gulièrement : l’Ă©lection prĂ©sidentielle malienne, dont le premier tour se tiendra dimanche prochain, ne sera pas parfaite. Mais pour le prĂ©sident malien de transition et le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies, il faudra aussi que, malgrĂ© d’Ă©ventuels dĂ©fauts ou fraudes, les candidats acceptent les rĂ©sultats.

 

 

Ă€ moins d’une semaine de cette Ă©lection censĂ©e remettre le Mali sur la voie de la paix et de la stabilitĂ©, les problèmes non rĂ©solus sont encore nombreux. Outre plusieurs difficultĂ©s très « concrètes » qui pourraient accroĂ®tre l’absention, comme le fait que le scrutin se dĂ©roule en pleine pĂ©riode de ramadan et de saison des pluies, trois grandes interrogations entourent cette prĂ©sidentielle.

 

 

  • La situation explosive Ă  Kidal

MalgrĂ© l’optimisme affichĂ© par diffĂ©rents responsables maliens, la situation est encore loin d’ĂŞtre pacifiĂ©e Ă  Kidal. Ă€ tel point que certains doutent dĂ©sormais ouvertement que le scrutin puisse y avoir lieu dimanche prochain. La semaine dernière, des violences communautaires entre Noirs et Touaregs ont fait quatre morts, de nombreux blessĂ©s, et d’importants dĂ©gâts matĂ©riels dans la ville. Ce week-end, le bref enlèvement de cinq agents Ă©lectoraux et d’un Ă©lu Ă  Tessalit, au nord de Kidal, a fait un peu plus monter la tension dans la rĂ©gion.

 

 

Après plusieurs semaines de nĂ©gociations difficiles, le gouvernement malien de transition et les rebelles touaregs du Mouvement national de libĂ©ration de l’Azawad (MNLA) Ă©taient parvenus Ă  un accord prĂ©liminaire de paix, signĂ© le 18 juin Ă  Ouagadougou. Le texte instaurait notamment le cantonnement des combattants du MNLA et le retour Ă  Kidal de l’armĂ©e et de l’administration malienne. LĂ  aussi, tout ne s’est passĂ© comme prĂ©vu. Le gouverneur de la ville, le colonel Adama Kamissoko, a Ă©tĂ© contraint de faire demi-tour une première fois avant de revenir dĂ©finitivement Ă  son poste. Quant aux soldats de l’armĂ©e malienne, c’est peu dire qu’ils ont Ă©tĂ© bien accueillis par certains habitants…

 

 

Seul signe positif : des reprĂ©sentants du MNLA et d’un autre groupe touareg, le Haut conseil pour l’unitĂ© de l’Azawad (HCUA), ont Ă©tĂ© reçus dimanche Ă  Bamako par le prĂ©sident de transition Dioncounda TraorĂ©. D’après un participant Ă  la rĂ©union, le dialogue a tournĂ© autour des concepts de « paix » et de « rĂ©conciliation ».

 

 

  • La menace jihadiste

L’intervention militaire franco-africaine dĂ©clenchĂ©e en janvier a permis de mettre en dĂ©route les groupes jihadistes alliĂ©s Ă  Al-QaĂŻda au Maghreb islamique (Aqmi) qui occupaient le Nord du Mali. Les grandes villes de la rĂ©gion, comme Gao ou Tombouctou, ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©es. La plupart des bases arrières de ces groupes ont Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©es. Ce fut notamment le cas du sanctuaire d’Aqmi dans le massif des Ifoghas, oĂą les forces françaises et tchadiennes ont dĂ©couvert un vĂ©ritable arsenal de guerre.

 

 

Ă€ première vue durement touchĂ©s, les anciens maĂ®tres du Nord-Mali n’en restent pas moins menaçants. Les plus fanatisĂ©s d’entre eux, qui ont dĂ©cidĂ© de poursuivre le jihad, se sont repliĂ©s dans l’immensitĂ© du Sahara. Une partie d’entre eux aurait notamment trouvĂ© refuge dans le sud de la Libye, bĂ©nĂ©ficiant du chaos sĂ©curitaire de l’après Kaddafi et d’alliances avec les tribus locales. Ce serait le cas du chef jihadiste algĂ©rien Mokhtar Belmokhtar, responsable de la sanglante prise d’otages sur le site gazier de Tiguentourine, dans le sud de l’AlgĂ©rie, en janvier dernier. Un temps donnĂ© pour mort par les Tchadiens, le terroriste algĂ©rien a montrĂ© qu’il Ă©tait encore bien prĂ©sent sur le front du jihad au mois de mai dernier, revendiquant l’organisation de deux attaques simultanĂ©es – et meurtrières – Ă  Arlit et Agadez, dans le nord du Niger.

 

 

Au Nord-Mali, la menace d’attentats-suicides est aussi bien prĂ©sente. Ces derniers mois, plusieurs kamikazes se sont fait exploser Ă  Gao et Tombouctou, mais aussi Ă  Kidal, visant gĂ©nĂ©ralement des postes de l’armĂ©e malienne. Pratiquement impossible Ă  identifier, certains terroristes ont Ă©chappĂ© aux services de sĂ©curitĂ© en se fondant dans la population locale. Pour eux, comme pour d’Ă©ventuels commandos venus de plus loin, l’Ă©lection prĂ©sidentielle est une occasion symbolique pour montrer qu’ils n’ont pas rendu les armes. Attentats, attaques kamikazes, assauts de bureaux de vote : de nombreux scĂ©narios sont possibles et pris très au sĂ©rieux par les autoritĂ©s maliennes et leurs alliĂ©s. Le jour J, un dispositif sĂ©curitaire renforcĂ© sera assurĂ© autour des locaux Ă©lectoraux par les forces maliennes et les casques bleus de la Mission intĂ©grĂ©e des Nations unies pour le Mali (Minusma).

 

 

  • La distribution des cartes Ă©lectorales

Autre interrogation non rĂ©solue de la prĂ©sidentielle malienne : la distribution des cartes Ă©lectorales Nina, sĂ©same obligatoire pour tout citoyen souhaitant se rendre aux urnes. Il existe un risque important qu’une partie des 6 830 000 cartes ne soient pas distribuĂ©es Ă  temps dans diffĂ©rentes rĂ©gions du pays. Le 18 juillet, un document officiel des organisateurs de l’Ă©lection soulignait que « le taux de remise des cartes » Ă©tait « d’environ 60% ».

 

 

La principale difficultĂ© est le cas complexe des dĂ©placĂ©s et rĂ©fugiĂ©s originaires du Nord-Mali. Depuis le dĂ©but de la crise malienne, en janvier 2012, environ 350 000 personnes ont fui vers la partie sud du pays et 175 000 autres se sont rĂ©fugiĂ©es dans les pays voisins (Mauritanie, Burkina, Niger). Parmi elles figurent des milliers d’Ă©lecteurs qui ont fait leur demande de carte Nina. VĂ©ritable dĂ©fi logistique, l’acheminement des documents officiels vers ces citoyens au statut particulier a pris du retard. Pour le moment, aucun des responsables administratifs interrogĂ©s par Jeune Afrique n’Ă©tait en mesure d’indiquer combien de cartes Ă©lectorales avaient Ă©tĂ© distribuĂ©es aux dĂ©placĂ©s et rĂ©fugiĂ©s. Signe de ce capharnaĂĽm Ă©lectoral, les fameuses cartes continueront Ă  ĂŞtre distribuĂ©es jusqu’au samedi 27 juillet, veille du premier tour de la prĂ©sidentielle.

 

 

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Benjamin Roger

 

 
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2 COMMENTAIRES

  1. il y a un maux additionnels a la tempete de criquets qui s’abat deja sur cette Ă©lection, c’est la corruption pandemique qui detruit les ressources ou les budgets et l’avenir des enfants du mali.
    je connais bien les europeens ils se moquent de nous car ils savent que tout ce que la MINUSMA va donner ne va pas profiter au mali.
    je prie que cette election nous redonne la fiertĂ© et l’honneur et que la transparence habite dĂ©sormais le coeur et l’esprit des puissants de notre pays.

  2. il y a un maux additionnels a la tempete de criquets qui s’abat deja sur cette Ă©lection, c’est la corruption pandemique qui detruit les ressources les budgets et l’avenir des enfants du mali.
    je connais bien les europeens ils se moquent de nous car ils savent que tout ce que la MINUSMA va donner ne va pas profiter au mali.
    je prie que cette election nous redonne la fiertĂ© et l’honneur et que la transparence habite dĂ©sormpais le coeur et l’esprit des puissants de notre pays.

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