L’honorable DR Oumar Mariko du parti SADI hier face à la presse : ” Les élections de 2012 ne seront ni régulières, ni crédibles…”

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Avec  le  franc parler qu’on lui connaît, le bouillant Secrétaire général du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), non moins député élu à Kolondiéba, Dr Oumar Mariko était face  à la presse hier, jeudi 29 décembre au siège de la Radio Kayira à Djélibougou. Entouré des responsables du parti comme Pr Rokia Sanogo, Nouhoum Kéita et Sidi Ongoïba, le Secrétaire général de SADI a répondu aux questions des journalistes autour du thème " Bilan de la situation politique, économique, sociale et sécuritaire du Mali en 2011 ". Après avoir dénoncé la gouvernance malienne dans plusieurs domaines tels que l’agriculture, l’école, les réformes institutionnelles, l’honorable Oumar Mariko a révélé que, pour plusieurs raisons, les prochaines élections ne seront ni régulières, ni transparentes, ni crédibles.

Cette rencontre va nous permettre d’analyser les événements qui ont marqué le monde et le Mali en particulier durant cette année 2011 ". C’est par ces mots que le Secrétaire général du principal parti de l’opposition malienne a planté le décor de cette conférence de presse.

Pour le conférencier, " le parti SADI est farouchement opposé à la méthode de gouvernance qui a conduit à la paupérisation et à une sorted’infantilisation du peuple malien. Aujourd’hui, il faut  reconnaître que la politique agricole des gouvernements successifs d’Alpha Oumar Konaré, relayée par Amadou Toumani Touré est un fiasco total. La famine est à nos portes ; les prix des denrées de première nécessité ont pris l’ascenseur… ".

Il a dénoncé avec vigueur la chasse des paysans de leurs terres sous le prétexte de promouvoir les cultures d’exportation telle le pourghère et autres, qui n’ont rien à voir avec la marmite de la pauvre ménagère. "L’agrobusiness ne développera pas le Mali. Il va plutôt entraîner la faim, le mal-vivre. Comment peut-on comprendre que les gouvernants s’acharnent sur les zones cultivables, raflant les terres des pauvres paysans pour les donner à leurs amis incapables et corrompus. C’est l’affairisme sur le dos de pauvres citoyens, qui ne cessent de gémir ", a protesté l’honorable Mariko. Parlant d’autres domaines où la gouvernance ne se fait pas dans l’intérêt du peuple, le Secrétaire général du parti SADI a pointé un doigt de mise en garde à la privatisation des Aéroports du Mali (ADM). " SADI est contre la vente ou plutôt la liquidation de l’aéroport, une escroquerie à nulle autre pareille, qui semble s’inscrire dans la même dynamique que le bradage de la Régie des chemins de fer, la CMDT, HUICOMA avec Tomota… ", a-t-il fulminé.

Pour M. Mariko, les ADM  sont quasiment offerts gracieusement aux Canadiens puisque le Gouvernement y a investi près de 17 milliards F CFA   et a fini par les céder  à vil prix avec une exonération d’impôts pour le repreneur.

Parlant des prochaines élections, le député élu à Kolondiéba, se fondant sur un certain nombre d’approximations, a déclaré qu’elles ne seront ni régulières, ni transparentes, ni sincères, encore moins crédibles. Il a expliqué que la CENI, qui doit superviser le processus électoral, " est purgée de l’opposition, elle n’a pas participé à l’étape de révision des listes électorales. Elle n’est pas indépendante mais manipulée à loisir par les pouvoirs publics ". A cela s’ajoutent les hésitations matérialisées dans la nouvelle loi électorale par  le maintien du vote  par témoignage et du vote par procuration malgré le fait que tout le monde reconnaît qu’ils sont sources de fraudes. Il a également indexé l’abandon du RAVEC au profit du RACE pour, selon lui, mieux faciliter la fraude.

Et Oumar Mariko d’assurer que le boycott n’est pas à l’ordre du jour au parti SADI. "Nous allons dénoncer ces tripatouillages, ces mascarades qui se préparent au su et au vu de tout le monde jusqu’à ce que d’autres partis se joignent à nous pour arrêter la dérive. Nous ne voulons pas laisser notre peuple aller à des semblants d’élections qui pourraient aboutir à des affrontements aux conséquences incalculables. Ce qui est sûr, nous n’accepterons plus d’élections truquées au Mali. Nous les avons supportées pendant longtemps. C’est assez maintenant ", a-t-il  lâché très remonté. Il faut noter en passant que le parti SADI et d’autres organisations battent le pavé ce matin pour dire non au projet du référendum et attirer l’attention des autorités sur " les priorités du peuple malien, qui sont alimentaire, la justice, la lutte contre la corruption, etc ".

Le conférencier a également parlé de l’insécurité, notamment celle générée par l’impérialisme à travers son intervention assassine (massacres diligentés par l’OTAN) en Côte d’Ivoire, en Libye. Ce qui a poussé des milliers de Maliens, abondonnés par les autorités, à rentrer chez eux dans le dénuement le plus total. Sans oublier la crise du capital international et ses conséquences sur le continent et ailleurs dans le monde.

D’autres intervenants dont Pr Rokia Sanogo a dénoncé le choix politique des autorités de sacrifier l’école malienne sur l’autel de leurs intérêts personnels et de l’affairisme. Pour elle, lorsque les plus hautes autorités affirment publiquement que "si l’école publique ne marche pas cela n’affecte en rien l’école privée  qui, elle, fonctionne parfaitement ", cela doit sonner la révolte du peuple. L’école privée, a-t-elle relevé, n’est pas à la portée de la majorité des Maliens. Elle est subventionnée à coup de milliards par l’Etat qui ne  se préoccupe pas de son sort. " La fermeture de l’école supérieure est une cause d’insécurité qui menace ce pays… ", a-t-elle déclaré.

Elle a fustigé la fermeture sans raison valable de l’Université de Bamako et sa scission en quatre entités sans aucune consultation des principaux acteurs.

 

Bruno D SEGBEDJI

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