Mali : Autruche du désert

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Tiébilé Dramé (en photo ci-dessous) est un ex-ministre des Affaires étrangères du Mali et président du Parti pour la renaissance nationale (Parena).

Tiébilé Dramé

« N’an laara, an saara » (« Si nous restons passifs, nous serons anéantis »), selon Joseph Ki-Zerbo. De loin, j’aurais préféré que la mission qu’accomplissent les soldats français au Mali soit assurée par une armée africaine. Mais la mise en place d’une telle opération aurait pris un temps que la coalition jihadiste allait mettre à profit pour s’emparer de la base militaire de Sévaré, dotée d’un aéroport, et de la ville de Mopti. Les conséquences psychologiques et politiques d’une telle déroute auraient été désastreuses.

La prompte intervention de l’armée française a empêché le Mali de plonger dans le chaos qu’aurait entraîné le renversement programmé du président de transition, Dioncounda Traoré, par une coalition hétéroclite de partis populistes et d’organisations extrémistes. La simultanéité de l’agression terroriste et des activités séditieuses et déstabilisatrices à Bamako laisse perplexe.

Disons-le haut et fort, l’intervention française au Mali n’est pas une guerre coloniale. Elle n’est pas non plus une guerre néocoloniale dans la pure tradition de la Françafrique. C’est une guerre juste visant à affranchir tout un peuple opprimé et humilié, et à libérer les trois quarts du territoire d’un État souverain tombés sous le contrôle de groupes armés étrangers qui y instaurent une dictature obscurantiste de type moyenâgeux : viols, mariages forcés, femmes « épousées » par plusieurs miliciens, amputations, lapidations jusqu’à la mort, privation des libertés, destruction du patrimoine culturel, plusieurs centaines de milliers de déplacés et de réfugiés…

Aider les Maliens, dont l’armée et l’État se sont effondrés, à rompre les chaînes de l’oppression et de la barbarie est un acte de liberté et de démocratie.

Tel est le sombre tableau du Mali sous occupation. Aider les Maliens, dont l’armée et l’État se sont effondrés, à rompre les chaînes de l’oppression et de la barbarie est un acte de liberté et de démocratie. Et bientôt, l’armée française sera rejointe par les armées africaines décidées à verser leur sang pour la libération du Mali. Le Mali sera alors réunifié. L’autorité et la souveraineté de l’État seront à nouveau exercées sur toute l’étendue du territoire grâce à une mobilisation sans précédent de l’Afrique et de la communauté internationale.

Alors viendra l’heure de vérité pour les Maliens qui n’auront plus droit à aucune erreur, la disponibilité et la patience du monde n’étant pas sans limites. Ils devront immanquablement, sous la forme d’un dialogue national, apporter des réponses aux questions suivantes : comment s’est brisée la « vitrine » de la démocratie africaine ? Pourquoi l’armée et l’État se sont-ils effondrés ? Où étions-nous quand la gangrène de la corruption métastasait ? Qu’avons-nous fait et dit quand le narcotrafic prenait l’État en otage ? Qu’avons-nous fait pour empêcher l’installation de groupuscules jihadistes dans les montagnes de l’Adrar ? Où étions-nous quand les colonnes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) descendaient du Timétrine et se promenaient sur les rives du lac Faguibine et dans la forêt du Wagadu ?

Si nous ne jouons pas à l’autruche du désert, un nouveau pacte national définissant les relations entre toutes les communautés, égales en droits et en devoirs, et un nouveau pacte de refondation de la République régiront les contours d’un nouveau Mali, qui émergera de l’annus horribilis qu’a été 2012.

J.A.

 

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4 COMMENTAIRES

  1. je souhaite pour mon PAYS un président digne de ce nom qui sait dire non à l’usurpateur aux faussaires et aux démagogues; que le bon DIEU sauve mon pays des griffes des djihadistes malsains en ce jour bénis je prie le bon DIEU de venir en aide à mon pays

  2. en tout cas ,les maliens doivent s’entendre, la france n va pas continuer à sacrifier ses fils pour le Mali.Nous sommes arrivés là simplemnt parcq le peuple malien n’etait pas en phase avec ses dirigeants.Au mali, il faut comprendre que les dirigeants m^me s’ils beneficient d’une certaine legalité par rapport aux elections ,ils n beneficient pas d legitimité.Les maliens votent peu,et ceux qui votent sont des voix dejà achétées au profit d’un candidat comment peut on dire qu’un candidat elu dans ses conditions puissent satisfaire tout l peuple malien.non parcequ’il peut satisfaire q ceux qui l’ont aidé à se hisser au sommet de l’Etat.On voit des députés qui s’adonnent au trafic d visa au lieu d’expliquer correctement au peuple les lois qu’ils votent.Moins d 2% des députés peuvent expliquer la tenneur des lois qu’ils votent et moins d 10% s’interessent m^me aux problemes d la nation
    !!on pense qu’on vient à l’Assemblée nationale pour s’enrichir.trop d probleme au Mali.

  3. Les maliens doivent bien ouvrir les yeux pour le choix du future président et des futures députés
    Le mali à la chance : même la CENI était acheté en complicité avec certains chefs de partis politiques à des centaines de millions, au profit de Diamouténé,l’ami du prince du Quatar. Que les maliens ouvrent bien les yeux pour ne plus somnoler sinon les français ne vont pas toujours venir mourir pour nous,dans nos bêtises créés par nous même.

    • Pour les 5 prochaines années, c’est Modibo SIDIBE qui redressera le Mali, croyez moi 🙄 🙄 🙄

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