Mali: Bamako et la Cédéao peaufinent un plan de déploiement d’une force

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Le président de la Cédéao Désiré Kadré Ouedraogo (d) serre la main du ministre malien des Affaires étrangères Tieman Coulibaly, le 17 septembre 2012 à Abidjan

BAMAKO — Bamako et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), ayant fait taire leurs divergences, peaufinaient lundi un projet de déploiement d’une force africaine au Mali à présenter à l’ONU, en vue de la reconquête du nord du pays occupé par des islamistes armés.

“Un accord a été trouvé avec la Cédéao et n’y a plus de divergences. Cela va permettre d’amorcer une véritable démarche pour faire en sorte que le Nord-Mali soit +libéré+”, se félicitait lundi une source à la présidence malienne.

“Tout s’est accéléré ces derniers jours parce que nous voulons tout faire pour qu’un plan clair soit présenté le 26 septembre (mercredi) à New York. Les Nations unies avaient exigé que la requête présentée par le Mali à travers la Cédéao et l’Union africaine soit plus détaillée et réaliste. C’est ce que nous employons à faire”, a ajouté cette source jointe par l’AFP.

Dimanche, les ministres ivoirien et malien de la Défense avait annoncé à Bamako que le Mali et la Cédéao étaient désormais “en phase” pour “des opérations de troupes africaines sur le territoire malien”.

La France, qui promet depuis des mois son “appui logistique” à une telle intervention, a salué cet “accord” comme une “étape importante pour répondre aux précisions demandées par le Conseil de sécurité”.

La réunion “de haut niveau” mercredi à New York “devrait être l’occasion de renforcer la mobilisation de la communauté internationale” et d’apporter une réponse à la crise au Sahel dans “toutes ses dimensions, humanitaire, politique, sécuritaire, de développement”, prévoit le ministère français des Affaires étrangères.

Dans “l’arrangement” conclu durant le week-end, au moins un point essentiel a été clarifié: si des soldats de la Cédéao intervenaient au Mali, leur quartier général serait “bien entendu, à Bamako”, a précisé le ministre malien de la Défense, Yamoussa Camara.

Selon une source à la présidence malienne, “la Cédéao aurait son QG dans la banlieue de Bamako et ses troupes combattantes sur le théâtre des opérations, près de Mopti (centre) où l’armée malienne a son poste de commandement. Mais nous disons que c’est l’armée malienne qui ouvrirait les hostilités et serait accompagnée par les forces de la Cédéao, avec l’appui logistique de pays étrangers, la France surtout, avec ses avions et beaucoup d’autres choses”.

Cette intervention, à laquelle s’oppose l’Algérie, semble cependant encore lointaine, d’autant plus que les pays africains prêts à y contribuer ne sont pas nombreux. Sénégal, Mauritanie et Ghana ont déclaré forfait. La Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Burkina Faso pourraient y participer.

Des armes à débloquer

Dans la foulée du coup d’Etat du 22 mars qui a renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT), tout le nord du Mali est passé sous le contrôle des islamistes armés qui imposent aux populations leur interprétation de la loi islamique. Début septembre, le président malien par intérim Dioncounda Traoré avait officiellement demandé son aide à l’Afrique de l’Ouest. Mais la Cédéao s’était irritée de certaines conditions posées par Bamako.

“On va vers la fin d’un bras de fer entre la Cédéao et le Mali. Il y a eu des compromis de part et d’autre. Mais la Cédéao reste en position de force”, a déclaré lundi à l’AFP un responsable du ministère malien de la Défense.

“Le Mali a accepté qu’un QG des forces africaines soit installé à Bamako. La monnaie d’échange, c’est le matériel de l’armée malienne bloqué un peu partout à l’étranger depuis le coup d’Etat. La Cédéao pourrait débloquer notamment une vingtaine de chars bloqués sur un navire en haute mer, au large de Conakry”, a-t-il avancé.

Ces armes, commandées par le régime du président “ATT”, avaient été bloquées dans des ports africains à la suite du putsch. “L’embargo avait ensuite été levé mais la Cédéao avait estimé plus prudent de ne pas les laisser aux mains des militaires maliens. Des discussions avancées sont cours pour que tout rentre dans l’ordre”, a commenté un diplomate africain en poste à Bamako.

De Serge DANIEL (AFP) / 24/09/2012

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4 COMMENTAIRES

  1. Six mois de Tergiversation pour rien! “i ti gnè bô mi tièli-ko” ” ô tiè chignè kélé”!

  2. PETITES ANNONCES DU MALI :

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    Paiement en liquide exigé, mais livraison possible pourvu que ça ne soit pas trop loin de Bamako, et surtout pas au nord.

  3. Dommage que les gesticulations inutiles du soulard et son PM aux ordres aient stupidement fait perdre 6 mois au pays, pour finalement se dégonfler et rejoindre le troupeau (se dégonfler semble d’ailleurs une vieille habitude chez eux, voire une seconde nature!).

    Pendant ces 6 mois perdus inutilement a cause de ces crétins, combien de gens torturés, amputés, lapidés, violés… J’espère qu’ils auraont à en répondre soit devant le peuple, soit devant une cour de justice!

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