Mali d’hier: Le président Modibo Keita à Kidal

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L’Essor du mercredi 5 octobre 1966 a relaté les circonstances de la visite du président de la République, Modibo Keita, à Kidal le 29 septembre de la même année. Le chef de l’Etat avait visité la capitale de l’Adrar des Ifoghas après avoir clôturé la conférence économique de la région de Gao dont relevait le cercle de Kidal.

Il était accompagné notamment de son épouse, du président de l’Assemblée nationale et du gouverneur de la Région de Gao. C’est dans la matinée que le président Modibo Keita et sa délégation ont été accueillis aux portes de la ville par les populations sous la conduite du secrétaire général de la section US-RDA, Zacka Racka Dicko, et le commandant de cercle, le capitaine Diby Silas Diarra. Le visiteur de marque fut conduit immédiatement à la nouvelle maternité qu’il a inaugurée.

En souhaitant la bienvenue au président Modibo Keita, le secrétaire général de la section US-RDA, Zacka Racka Dicko a dit toute la joie des habitants de Kidal de pouvoir bénéficier désormais d’une maternité. Il rappellera que cette réalisation résulte d’une promesse du chef de l’Etat lors de sa visite en novembre 1963. « Estimés à 8 millions de francs maliens, les travaux n’ont pu bénéficier que d’un crédit de 3 millions. Le reste des travaux fut réalisé par les soldats et les militants du parti », a précisé Zacka Racka Dicko qui fera savoir ensuite que la maternité comprenait une salle de garde, une salle d’attente, une salle de consultation, une salle de soins, trois salles d’hospitalisation, une lingerie et deux pans de véranda.

Après la coupure du ruban symbolique, ce furent la revue des troupes et des organisations populaires, le salut aux couleurs, le dépôt de gerbes au monument aux morts et la remise des décorations.

Le président Modibo Keita a pris la parole pour exprimer sa joie de retrouver les populations de Kidal et rappeler que sa visite de 1963 s’était déroulée dans des « circonstances difficiles » du fait des « incompréhensions de certains apatrides ». Le chef de l’Etat faisait allusion au mouvement de rébellion de 1963, vite circonscrit. « L’intégrité territoriale a été assurée, l’ordre et la sécurité ont été rétablis », soulignera Modibo Keita.

Le chef de l’Etat ajoutera que sa visite de 1965 s’inscrivait dans le cadre de « la volonté irréductible et inébranlable de la République du Mali de maintenir l’intégrité territoriale et d’assurer à tous les niveaux et dans tous les secteurs l’ordre et la discipline ». La détermination des Maliens à conserver Kidal dans le giron de la République ne date donc pas d’aujourd’hui. Le président Keita le soulignait avec force : « Kidal est une des villes les plus chères aux responsables maliens ».

Le président de la République évoquera ensuite les réalisations qui ont permis de transformer la ville de Kidal, jadis considérée comme un « poste pénitencier où ne devaient servir que les fonctionnaires indésirables ». Il a rendu hommage aux artisans de cette transformation, des fonctionnaires et des militaires. Modibo Keita saluera l’engagement des soldats qui ont montré qu’ils savaient « manier le fusil quand il faut, la daba ou la pioche quand c’est nécessaire ».
Dans l’après-midi, la délégation présidentielle a visité le centre d’accueil, la maison des jeunes, l’école fondamentale, la permanence du parti, le camp militaire, la compagnie sahélienne motorisée, la palmeraie, les champs d’expérimentation de pommes de terre, d’arachide, de mil, de maïs, de canne à sucre et même d’asperge.

Le président de la République a rencontré aussi les chefs de tribus et de fractions nomades du cercle de Kidal. Ces responsables ont exprimé leur attachement au pays et salué les changements qualitatifs en cours dans le cercle.

Ensuite, le chef de l’Etat a présidé à la permanence du parti une séance de travail qui a réuni les membres de la délégation présidentielle et les responsables politiques, administratifs et militaires de Kidal. Occasion pour le secrétaire général de la section US-RDA de faire le bilan des réalisations politiques, économiques et sociales des deux dernières années. Le président Modibo Keita a insisté sur le maintien et le renforcement de l’esprit d’équipe des cadres et militants de Kidal.

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6 COMMENTAIRES

  1. Quand un enfant perd le repère patriotique, il se résout à ne connaître et défendre ses égoïstes et égocentriques intérêts au détriments de ceux de sa patrie.
    Hélas! Le manque de patriotisme peut aboutir à beaucoup de choses, malheureusement.

  2. Je n’arrive pas encore à comprendre pourquoi nos dirigeants d’aujourd’hui sont tombés si bas . Ils devaient au moins prendre l’exemple sur leurs ainés . Le Mali du temps de Modibo Keita et le Mali d’aujourd’hui c’est comme le jour et la nuit .

    Du temps de Modibo , les maliens avaient le sens de la discipline , le sens du patriotisme , le sens du sacrifice suprême mais aussi l’amour pour la patrie . Tous les maliens contribuaient d’une façon ou d’une autre au rayonnement et au bien être du pays .

    Avec peu de frais des établissements et édifices publics étaient érigés avec la participation active et volontaire de la population .

    C’est de cette façon que “la permanence du parti” un grand et imposant bâtiment fut construit avec la participation des jeunes qui habitaient aux alentours

    Des corvées publiques hebdomadaires étaient organisées quartier par quartier pour nettoyer tous les caniveaux et des fossés .

    Des sensibilisations radiophoniques pour respecter les règles d’hygiène les plus élémentaires comme par exemple celle ci : ” méfies toi des gens qui crachent par terre , ils ont parfois comme un serpent dans la bouche” . A cause de cette sensibilisation beaucoup moins de gens crachaient par terre . Par la même occasion beaucoup moins de maladie à transmettre par le vent et la poussière . C’est seulement un exemple que j’ai voulu souligner .

    Au temps de Modibo , le Mali était sur des bons rails et dans une bonne direction .
    Maintenant le Mali est devenu méconnaissable , déboussolé et en passe d’être la risée du monde . Tout cela à cause du coup d’Etat du 19 Novembre 1968 .

    • Très belle analyse WASSAMBA . LE PEUPLE MALIEN DOIT SORTIR MASSIVEMENT ET EXIGER A CE QUE LES AVANTAGES LIES AU TITRE D’ANCIEN PRESIDENT SOIT REFUSE A GMT, ALPHA ET ATT. ILS ONT CONDUIT LE PAYS DANS LE CHAO TOTAL.

  3. On a beau fait de ressasser ce qu’on veut des Différents Responsables qui ont géré ce PAYS (avec leurs défauts et leurs qualités); personne n’ignore qu’au Mali le sectarisme ou encore l’ethnicisme ne sont pas de nos comportements! Tout le monde se sens à l’aise partout où il est dans ce Pays. Chaque Responsable a, peu ou prou, pu réaliser quelque chose pour l’émergence de ce Mali. Ceux qui ont “d’autres ambitions” sont enclins à professer des arguments tellement ahurissants que par finir, on y perd son identité.

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