ME ABDOULAYE G. TAPO, A PROPOS DU LIVRE SUR ‘’ATT – CRATIE : LA PROMOTION D’UN HOMME ET DE SON CLAN’’

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– ‘’ATT n’est pas régionaliste…’’
– ‘’Certains points méritent un silence méprisant… d’autres des démentis outrés de la part de ceux mis en cause…’’
– ‘’Les Maliens…ne se laissent pas divertir par les contrevérités, les mensonges…’’
’Ce n’est pas le président en tant qu’homme qui est mis principalement en cause, mais le système’’
‘Pourquoi ce livre pêche mais pourquoi il vient à son heure
 
Le bouquin, il est vrai, fait de croustillantes révélations sur l’exercice du pouvoir ATT. Sur la moralité des hommes et des femmes sur lesquels le président ATT s’appuie pour régner. Des opportunistes, zélateurs et laudateurs encouragés plus ou moins dans ces gymnastiques par le chef de l’Etat. On raconte d’ailleurs qu’il aime ça, alors que, curieusement, il n’hésite pas à écarter tous ceux qui sont connus pour leur sérieux et leur rigueur. ATT, mérite-t-il cependant tous les griefs contenus dans le désormais célèbre pamphlet politique ? Est-il régionaliste par exemple?
Ce que personne ne peut contester, c’est qu’ATT est aux antipodes d’un Houphouët ou d’un Eyadema. A telle enseigne qu’ils sont nombreux à s’interroger si l’enfant de ‘’Soud’baba’’, devenu président de la république, aime réellement son bled. Mais, pour en avoir le coeur, nous sommes allés au devant d’un homme dont le choix s’impose de lui-même au regard des circonstances. Avocat, ancien ministre, il est natif du même village que le président ; écrivain, il a été aussi édité à ‘’L’Harmattan’’, la même maison d’édition que  ‘’ Le Sphinx’’. Mieux, notre ancien ministre est nommément cité dans le livre comme pour illustrer le régionalisme du locataire de Koulouba.
Pourtant, cet homme a été limogé de son poste sans que, à ce jour, les Maliens ne comprennent réellement le pourquoi. Car jamais la sortie d’un ministre d’un gouvernement n’avait suscité autant de réprobations au sein de la population. Alors de quel régionalisme s’agit-il ? Abdoulaye Garba Tapo, puisqu’il s’agit de lui, a accepté de nous rencontrer et de nous livrer ses impressions avec la rigueur et l’honnêteté intellectuelle qu’on lui connaît. A lire, absolument.
 
Maître Abdoulaye Garba Tapo, la parution de votre prochain roman est semble-t-il imminente. On sait que votre premier roman, ‘’L’héritage empoisonné’’ a été publié à ‘’L’Harmattan’’ en France. Qu’est ce qui a motivé le choix de publier localement cette fois, c’est-à-dire aux Editions Jamana de Bamako ? Et, de quoi traite cet ouvrage ?
 
Mon premier roman a été effectivement publié à ‘’L’Harmattan’’, et je pense que c’était une bonne opération. Outre le prestige qu’il y a à être publié dans ces conditions, il y ‘a aussi une certaine forme d’ouverture qu’une publication locale ne vous permet pas d’entrevoir.
Mais il y’a aussi l’envers du décor : le livre devient inaccessible, par son prix, à la majeure partie du public malien auquel il est aussi destiné. Ce qui fait que, malgré un accueil favorable de tous ceux qui l’ont lu et un réel succès d’estime, ce roman demeure encore inaccessible à la plupart des Maliens qui voudraient bien le lire, mais n’ont guère les moyens de se le procurer.
La publication de mon second roman au Mali viendra combler quelque peu cette lacune. Je n’en suis pas d’ailleurs à ma première collaboration avec ‘’Les Editions Jamana’’. Il y a eu, en 1996, la parution d’un livre de droit à compte d’auteur. J’ai voulu, cette fois, laisser le soin à Jamana de trouver les moyens d’autofinancement de ce livre. C’est dans ce cadre qu’est intervenue l’offre à soumission de l’AFLA un projet, financé par la Coopération culturelle française, destiné à encourager la littérature malienne, et qui voulait, en vue du prochain festival «Etonnants voyageurs» prévu pour novembre prochain, assurer la promotion de deux livres maliens : un pour adultes et un pour les jeunes. Il semble que parmi plus d’une douzaine de livres destinés au public adulte, le mien ait fait l’unanimité des lecteurs chargés d’opérer la sélection. Pour cette raison, le projet prendra entièrement en charge la publication du livre à concurrence de 2000 exemplaires, ce qui en fera assurément un gros tirage, et également sa promotion au Mali, et aussi à l’étranger, ce qui constitue une chance d’ouverture extraordinaire.
Pour cette raison, je me contenterai simplement de communiquer le titre «Faantankin», la cité des pauvres. Je pense que le public en saura bientôt davantage, car le livre est déjà prêt.
 
Il est difficile de parler livres aujourd’hui, sans évoquer celui qui occupe tous les esprits, «l’ATT-Cratie», paru aux mêmes éditions que votre ouvrage ‘’L’Harmattan’’. Face au tollé soulevé par ce livre, on s’étonne du silence tout aussi assourdissant de ceux mis si cruellement en cause, notamment Koulouba, à part quelques allusions maladroites visant à incriminer, sans preuves véritables, certaines personnes d’être à l’origine de ce livre paru sous une plume anonyme. 
 
Pourquoi une réponse de la part de Koulouba ? Ce n’est pas le président en tant qu’homme qui est mis principalement en cause, mais le système qu’il est sensé incarner, et qui est composé de nombre de personnes à qui le livre semble reprocher beaucoup de choses. On parle d’ATT-Cratie, synonyme d’un système dont le Président est censé être au centre et non pas de l’homme ATT lui-même.
Dans les conditions normales, c’est à des réactions groupées qu’il faudrait s’attendre, soit comme au Sénégal sous la forme d’un livre blanc rédigé par des proches du Président qui se sentiraient en position de répliquer et qui auraient le courage de le faire, ou même sous forme isolée de la part de tous ceux mis en cause pour démolir ces accusations.
Cette seconde forme me parait même souhaitable quand on regarde l’improvisation qui semble caractériser la conception du livre, dont certains points ne méritent d’ailleurs qu’un silence méprisant, en raison d’attaques en dessous de la ceinture, inspirées par l’unique désir de nuire et la malveillance, qui n’honorent pas l’auteur, fut-il anonyme, et dont la connaissance n’apporte pas grand-chose au lecteur. Par contre, certains faits méritent évidemment réponse, et même des démentis outrés de la part de ceux mis en cause. Ces démentis, et les explications qui les accompagneraient, mettraient tout le monde à l’aise, y compris le Président de la République qu’ils dédouaneraient en même temps.
Par exemple, on taxe le Président ATT de régionaliste, et on cite deux ou trois noms, tel que le mien par exemple. C’est maigre, comme butin, quand on sait que les Mopticiens se plaignent beaucoup du Président à qui ils reprochent de ne pas faire suffisamment pour les siens. Cruel dilemme. Je suis d’autant plus bien placé pour répondre que ma nomination n’était mue par aucune motivation régionaliste, et qu’elle n’a pas été accueillie apparemment comme telle par l’opinion, ni même par les milieux judiciaires où je pense être suffisamment connu avant ma nomination. Et si le régionalisme avait eu une quelconque part dans ma position, je n’aurai pas quitté mon poste, et la population malienne, et non pas seulement mopticienne, n’aurait pas aussi défavorablement accueilli mon départ. Ce qui veut dire que, même à Mopti, il peut y’ avoir des cadres acceptables par la communauté nationale.
Je ne pense pas qu’il existe encore au Mali un principe qui interdirait que le Président et un de ses ministres puissent venir de la même région. Il y’a quand même eu déjà assez de précédents dans ce sens. Je rappelle que j’aurais même pu devenir ministre sous Alpha, et même député en commune VI sous une liste commune où une place de choix m’était gracieusement offerte dans une liste a priori gagnante. Alpha pourtant n’était pas mopticien, et si à l’époque j’avais accepté, personne n’aurait trouvé un quelconque relent régionaliste à cette situation.
Ce genre de débats devrait être banni pour se cadrer sur des traits tels que la compétence et toutes ces qualités qui permettent à celui qui occupe une responsabilité de mener efficacement sa mission. Le Mali est un pays qui a jusque-là échappé à ces vieux démons de l’ethnicisme et du régionalisme, et il ne serait pas de bon ton de réveiller de tels monstres qui ont fait tant de mal ailleurs. Donc, c’est un mauvais procès fait au Président ATT, tout comme d’autres attaques sournoises allant jusqu’à s’en prendre à ses enfants, alors qu’il ne lui est nullement reproché à lui-même d’avoir jamais trempé directement dans aucune sale affaire, ni d’avoir jusque-là fait montre d’aucune avidité particulière pour les intérêts matériels. Bien au contraire, tout le monde reconnaît jusque-là son détachement vis-à-vis de ces choses.
On semble lui reprocher essentiellement un choix d’hommes, dont beaucoup ne répondraient pas aux attentes placées en eux, ou auraient même un parcours sinueux. Je pense que toutes ces personnes sont là, et c’est à elles, et non au Président, de répondre. Quitte pour lui d’en tirer les conséquences s’il s’avérait que certaines de ces choses étaient fondées. Je pense que beaucoup de ces personnes ont déjà eu par le passé l’occasion de prouver à coups stridents leur dévouement au Président, et c’est une nouvelle opportunité, et même un défi pour eux, de démontrer que par leur comportement, et non pas seulement par la voix, ils ont réellement contribué à aider le Président qui, aujourd’hui, doit se sentir bien seul, et a besoin d’avoir la confirmation que sa confiance et sa bonne foi n’ont pas été trompées par ceux en qui il les a placées si généreusement.
 
Votre appréciation, en qualité d’écrivain, d’homme politique, de ce livre ?
 
C’est une lapalissade de dire qu’un livre peut toujours faire mal, et que son impact n’est jamais à sous-estimer. Ce livre traite de sujets graves et fait des révélations très graves qui ne peuvent laisser personne, surtout pas le public malien, indifférent. A ce point de vue, il porte sans doute un sévère coup, ce qui est d’ailleurs l’objet recherché, au régime qui n’avait certainement pas besoin d’une telle publicité.
Mais il pêche aussi par certaines incohérences qui n’enlèvent rien à son côté spectaculaire en raison des sujets sensibles et à sensation qu’il aborde. On aurait souhaité plus de mansuétude chez le ou les auteurs et les voir mettre en exergue certains traits positifs de l’action d’un Président qui s’échine comme un forcené, notamment, toutes ces réalisations en termes d’infrastructures ou à portée sociale. On ne peut mettre en doute la compassion du Président pour les couches défavorisées, ses efforts pour atténuer le sort des Maliens et, surtout, sa bonne foi, même si son action ressemble de plus en plus à l’œuvre d’un solitaire là où il aurait fallu un plus grand déploiement d’énergie et d’engagement de tous les principaux acteurs de la vie publique.
Le livre pêche aussi par sa trop grande sévérité et sa conclusion brutale quand il demande à un Président élu de partir, ou du moins de ne pas se représenter. Quid des 10 derniers mois du mandat que le livre autorise généreusement le Président à exercer ? Le livre aurait pu être bien plus constructif en dégageant des préceptes qui aideraient le Président et épargneraient au pays d’autres malheurs du genre de ceux décrits si abondamment. Il aurait pu être bien plus crédible aussi, en dégageant les côtés positifs du régime, ce qui aurait permis au Président de concentrer son énergie sur ce qui ne va pas, et aurait pour effet de donner plus d’efficacité à son action, même si le livre ne lui laisse que quelques mois de répit pour terminer le mandat en cours. 
Il serait cependant difficile, et maladroit aussi, de chercher à balayer d’un revers méprisant tout ce qui a été dit par ce livre qui fait de nombreuses révélations dont beaucoup gagneraient à se voir apporter un démenti cinglant par les mis en cause eux-mêmes, et non pas par le Président dont ce n’est pas le rôle. Une critique, si dure soit-elle, peut toujours constituer un plus pour celui qui en est l’objet, car lui permettant de se faire une idée de ce que d’autres pensent de lui.
On ne gagnerait rien aussi à opposer à ce livre un étalage des réussites de ce régime, comme on a tendance à le faire à tout bout de champ, et qui portent d’ailleurs toutes l’empreinte du Président, à tel point qu’on a aujourd’hui l’impression qu’il est vraiment le seul à se débattre face à tous ces énormes défis qui se posent à notre pays.
Le débat étant porté à un niveau élevé, c’est-à-dire sur le plan intellectuel, il ne serait pas de bon ton aussi d’assister- comme de coutume- à ces mouvements folkloriques de soutien qui ne seraient pas une réponse appropriée aux brûlantes questions soulevées par ‘’Le sphinx’’, et qui appellent une réponse plus feutrée.
‘’Le sphinx’’ s’en est pris directement au Président de la République même si, dans la plupart des cas, à travers des faits dont on ne lui reproche pas d’être directement mêlé à la commission, façon de le rendre responsable, à défaut d’être coupable, d’agissements qu’il aurait rendu possibles en confiant des responsabilités à des mains inappropriées, et c’est là toute la question. Il s’agit seulement de savoir jusqu’à quel point certains de ces faits peuvent s’avérer réels, et pour le Président le tort qu’ils peuvent causer au pays, et à lui-même, à son action et à son image. Et, dans le cas échéant, de prendre les mesures courageuses qui s’imposent et qui sont celles qu’on attend de lui. Ce n’est pas une question d’orgueil ou de susceptibilité qui se pose, mais surtout d’un réalisme froid qui conduirait à placer l’intérêt général avant tout.
Le bon sens, et un certain courage politique, l’abnégation même, commandent d’examiner froidement tout ce que dénonce le livre, et d’en tirer même un profit judicieux en en dégageant les conclusions qui peuvent améliorer l’action du pouvoir actuel. Le Président ATT qui, jusque-là, a très peu bénéficié des lumières qu’aurait pu apporter l’existence d’une opposition objective et constructive, peut bien tirer des leçons de ce livre qui se penche sur sa gouvernance, en fait un diagnostic très sévère et sans concessions, et donne une perception qui n’est pas à prendre à la légère des failles de sa gouvernance, son choix des hommes, et même sur des chantiers, tels que notamment l’école, la lutte contre la corruption, etc. qui gagneraient à être pris en charge par des mains plus fermes et plus déterminées, et dont le mauvais traitement figurera assurément parmi les ratés du régime et pourront même en occulter les aspects positifs .
Ce livre n’est, hélas au fond, que le condensé de tout ce qui se dit depuis un bon moment dans la presse, même parmi celle favorable au régime actuel, et largement propagé par la rumeur publique, sur l’intrusion dans tous les rouages de l’Etat de nombreuses personnes plus préoccupées de gains faciles et rapides que réellement de l’intérêt public. Et même de celui du Président de la République lui-même, dont ils se présentent pourtant tous comme les plus loyaux et dévoués serviteurs. Beaucoup ont plus brillé par la verve et la faconde, les dithyrambes, que – hélas – par un comportement exemplaire et un engagement réel aux idéaux de celui qui leur a si grandement, et peut-être si facilement, sans une grande prudence, accordé sa confiance et ouvert largement les allées du pouvoir.
De nombreux scandales, ou supposés tels, alimentent de nos jours les rumeurs de tous ordres et continueront hélas de servir de terreau à la presse, et, il faut bien le craindre, à d’autres ouvrages du type de celui qui est à la une aujourd’hui, et c’est fortement préjudiciable à l’image du pays et aussi à celle du Président lui-même qui, jusque-là, bénéficie d’une aura exemplaire à travers le pays et même en dehors de nos frontières qu’il gagnerait à conserver et à renforcer.
Les journalistes qui ont eu le courage, aux yeux de certains l’outrecuidance, de dénoncer au Président le tort que pouvait causer au pays et à son image cet entourage encombrant de ce que tous qualifient de courtisans, plus connus pour le caractère bruyant de leur soutien à leur mentor que par son efficacité ou son engagement réel, sincère et déterminé, se sont attirés la foudre de ceux qui n’étaient pas loin de les considérer comme des empêcheurs de tourner en rond ou même de vils délateurs.
On se serait attendu à une colère et une indignation bien plus grande face à cette nouvelle parution, qui manque de bien plus de retenue et est allée bien plus loin que la plupart des articles de journaux qui, jusque-là, se sont gardés de toucher à tout ce qui peut porter atteinte à la dignité du Président et n’ont fait que dénoncer des faits et des comportements répréhensibles de son entourage et se sont privés d’attaques trop personnelles à son égard. Et, là, c’est un silence surprenant et inhabituel de ceux qui n’ont jamais raté la plus petite occasion de monter au créneau pour crier haut et fort leur attachement à ATT et à ses nobles idéaux.
Beaucoup de ceux qui auraient dû aujourd’hui monter en première ligne, et qui avaient si souvent l’habitude de le faire, se terrent curieusement, comme pétrifiés, comme s’ils ne se sentaient pas directement concernés, et comme pour dire au Président de la République «Débrouillez-vous, comme d’habitude. Nous, on est là seulement pour vous applaudir durant les moments de vache grasse !» C’était comme si certains aussi, notamment ceux qui auraient miraculeusement échappé au livre, se terraient aussi pour ne pas attirer dangereusement l’attention vers leurs personnes, ou que les mis en cause se taisaient prudemment pour éviter d’entendre des sons de cloche plus douloureux encore.
C’est peut être le moment d’entendre tous ceux que le livre a mis en cause, et tous ceux qui auraient quelque chose à dire, et au grand soulagement du Président de la République et de tout le peuple malien, les voir prétendre et démontrer que tout ce qui se dit dans le livre, la presse et la rumeur publique, n’est que de la pure calomnie, et qu’ils sont bien à la hauteur, moralement s’entend, de la haute confiance placée en eux. Voilà une belle occasion qui se présente, pour tous ceux qui ont l’habitude de clamer haut et fort leur dévouement à sa personne et à sa cause, d’aider le Président de la République et de démontrer qu’il est entouré par des cadres compétents et dévoués à la nation, et qu’il ne s’est pas trompé dans ses choix.
 
Votre conclusion, maître ?
Je termine par une note d’espoir plutôt : voir ce livre provoquer un électrochoc chez le Président de la République lui-même, et générer un mouvement que tout le monde attend depuis plus de quatre ans, c’est-à-dire le respect d’une promesse électorale à laquelle tiennent beaucoup ses électeurs, ouvrir une nouvelle ère de gouvernance d’où serait banni le népotisme et qui verrait les rouages de l’Etat, des plus hautes aux plus basses structures, confiées à des mains capables, désintéressées et déterminées, animées principalement par le sens de l’intérêt général, seule façon de ramener la confiance des Maliens envers le pouvoir. Ce type de mains capables, honnêtes et intègres ne manque pas encore dans notre pays, des personnes qui ne brûlent que de servir leur pays et le sortir du sous-développement et de la pauvreté.
Beaucoup de Maliens, surtout parmi ceux qui se sont, depuis toujours, et dès la première heure, dévoués avec abnégation à la cause du Président ATT et l’ont attendu comme le Messie, se frustrent aujourd’hui de voir sa victoire dévoyée par tous ces intervenants de dernière minute, dont on sait que certains ne sont pas à un reniement près, et ne l’ont d’ailleurs rejoint qu’à la dernière minute, alors que l’issue des élections était acquise, ou ne l’ont même fait qu’après la victoire. Ce type de gens peuvent difficilement cerner le sens d’un combat auquel ils ont pris part sans la moindre espèce de conviction, seulement par opportunisme, et ceux-là ont montré depuis lors de quoi ils sont capables.
Ce livre n’est qu’un incident de parcours, et il est même heureux qu’il soit intervenu maintenant, à un moment où tout est rattrapable encore. Les Maliens ont toujours montré qu’ils sont un peuple qui sait reconnaître aux uns et aux autres leurs mérites, et qu’ils ne se laissent pas divertir par les contrevérités, les mensonges. Il est sûr qu’ils seront les premiers à apprécier tout vent qui annoncerait un changement véritable dans l’exercice du pouvoir tel qu’ils l’ont espéré et attendu de tous leurs vœux en portant leur suffrage sur le candidat ATT, subjugués pour la plupart par ce coup d’éclat qui l’a vu respecter sa parole et rendre à l’époque le pouvoir pris par les armes, et toutes ces actions sociales déployées durant ces dix années avant son retour annoncé.
Ils ont apprécié beaucoup son engagement véritable sur le terrain et toutes ces réalisations qui ont, dans plusieurs zones, amélioré la vie des Maliens et leur ont redonné de l’espoir, mais nos compatriotes applaudiraient bien plus largement encore s’ils voyaient l’ordre revenir partout, et s’ils sentaient l’irruption sur la scène, à tous les niveaux de responsabilité publique, d’un type nouveau d’hommes, sensibles aux souffrances de leurs compatriotes et décidés, déterminés surtout, à accompagner le Président de la République dans ses actions pour sortir notre pays de la misère. A partir de là, d’autres livres viendront sans doute qui renverront aux oubliettes ce livre dont on parle tant aujourd’hui.      

   Interview réalisée par Sory HAIDARA

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