Me Amadou Tiéoulé Diarra lors de la conférence-débat du MDT-DM : “La concertation nationale devrait mobiliser les Maliens pour faire de la République un camp militaire “

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Dans le cadre des débats sur la tenue des concertations nationales qui doivent s’ouvrir ce mardi, le Mouvement Dioncounda Traoré pour le développement du Mali (MDT – DM) à travers sa Cellule  de Médina-Coura a organisé, le dimanche 9 décembre, une conférence-débat. Les thèmes étaient “But et avantage d’une concertation nationale en temps de crise” et “Mobilisation sociale au Mali “. Pour le conférencier, les concertations n’étaient pas opportunes actuellement, sauf si c’est pour mobiliser les Maliens derrière leur armée en faisant de la République un camp militaire. Ce qui est loin d’être le cas.    

 

Me Amadou T Diarra

C’est en présence du président national du Mouvement Dioncounda Traoré pour le développement du Mali (MDT – DM) Moussa Koné que s’est tenue cette conférence qui a mobilisé les militants et sympathisants du mouvement, notamment ceux de la Cellule de Médina-Coura dirigée par Modibo Dagnoko.

Cette conférence a été ainsi l’occasion pour Me Amadou Tiéoulé Diarra de développer l’intérêt de la mobilisation sociale dans le contexte actuel. Selon lui, la mobilisation sociale peut permettre le règlement des crises sans évacuer les divergences entre les acteurs politiques et sociaux. Cette démarche, poursuit-il, passe nécessairement par l’identification des valeurs communes qui sont des valeurs de compromis : valeurs républicaines, religieuses et traditionnelles.

Aujourd’hui si nous nous mobilisons, ce c’est certes pas pour passer de la République à l’empire du Ghana, du Mali ou Songhoï, mais plutôt pour ré questionner les valeurs républicaines qui nous ont jusqu’ici régis ” a-t-il souligné.

S’agissant des concertations nationales dont l’idée avait germé après la démission du président ATT, le conférencier s’interroge sur ses objectifs. Qui au début étaient  de fixer le délai et le chronogramme de la transition, d’élaborer la feuille de route du premier ministre. Ces aspects étant désormais géré, si les concertations devaient avoir lieu, c’est pour la recherche de valeurs communes (intégrité territoriale, unité et indivisibilité de la République).

C’est la politique qui a profondément divisé les Maliens, et si la guerre n’arrivait pas à nous unir, nous le regretterons pendant longtemps ” a-t-il lancé.

En somme pour M. Diarra, se fondant sur une citation du Pr Bernard Gainot de l’université de Paris, ” tout citoyen doit être armé pour la cause commune.  

En tout cas, il estime que si les concertations devraient avoir lieu, «l’avantage majeur est que les Maliens se mobilisent autour des autorités actuelles (président intérimaire, premier ministre et le président du comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité)  pour faire de la République un camp militaire».

Au cas contraire, il pense que les concertations devaient attendre la fin des 12 mois de la transition pour dresser le bilan  et   confier les destinées du Mali à d’autres fils du pays.

Ce serait un gâchis si nous devons sortir des concertations nationales dans un désordre qui ne profite à personne ” a-t-il conclu.

Le président du MDT – DM, Moussa Koné a remercié le conférencier pour les éclairages  et les témoignages à l’endroit de la jeunesse et des acteurs de la crise.   Il a assuré que le mouvement qu’il dirige sera à l’avant-garde du combat pour faire du Mali un pays émergent.

Youssouf CAMARA

Concertations nationales :

…La jeunesse malienne va parler d’une même voix

Alioune Gueye-CNJ

Pour parler d’une même voix au cours des  concertations nationales, le Conseil national de la jeunesse du Mali   a organisé dimanche 9 décembre à la Maison des jeunes de Bamako  un  forum préparatoire desdites assises. Cette rencontre  a été sanctionnée par plusieurs recommandations dont  l’implication des jeunes  dans le processus de la  résolution de la crise à travers l’attribution d’un quota de 50 % dans les organes de la transition aux jeunes.

C’est le vice-président du CNJ-Mali, Alioune Guèye qui a présidé la cérémonie de clôture des travaux de ce forum. Il avait à ses côtés l’ancien ministre de l’emploi et de la formation professionnelle Modibo Kadjoké.

Les travaux de ce forum ont enregistré la participation  de plusieurs responsables et représentants des grandes associations de la place.

Pour le vice-président du CNJ-Mali, Alioune Guèye, la  tenue de ce forum s’explique par le fait que la jeunesse malienne en décidant de participer aux concertations nationales des forces vives du pays doit parler d’une même voix.

Dans la déclaration finale qui a sanctionné les travaux, les jeunes réaffirment leur attachement à la forme républicaine et à la laïcité de l’Etat ” apprécient à sa juste valeur la mobilisation de la communauté internationale autour des crises politiques, sécuritaires et humanitaires que traverse notre pays “.

Ce n’est pas tout, ils ont   recommandé de consolider les institutions de la République  afin que le président de la République puisse jouer la plénitude de ses fonctions de chef de l’Etat

Les participants à ce forum exigent leur implication dans le processus de résolution en leur donnant un quota de 50% dans les organes  de la transition.

S’agissant de la libération du nord, les participants ont demandé à la communauté internationale particulièrement l’ONU de voter urgemment le chapitre O7 de la résolution 2071 pour l’intervention militaire au Mali. Aussi, le forum a recommandé  à l’armée malienne à se réconcilier avec elle-même et à prendre toutes ses responsabilités dans le processus de récupération des régions occupées. Il a invité les autorités de la transition à organiser les élections transparentes, crédibles et ouvertes dans un bref délai.                   

 Kassoum THERA

 

…Les concertations nationales encore reportées ?

Ces concertations nationales ont fait couler beaucoup d’encre et de salive. Leur tenue vient d’être reportée. Une fois encore.

l faut signaler que compte tenu de l’évolution de la donne dans les rapports de force politiques, le camp des “anti-participationnistes” aux concertations nationales ne fait que s’élargir. Plusieurs sources  estiment que les assises nationales risquent finalement d’être renvoyées aux oubliettes.

En effet, avec l’opposition généralisée contre une éventuelle candidature du Premier ministre à la prochaine élection présidentielle  au motif qu’il est un dirigeant de la transition, le chef du Gouvernement a vu se développer contre lui, une fronde déstabilisatrice. Une méfiance vis-à-vis de  l’astrophysicien malien en est ressortie. Ce qui a conduit même les responsables de la Convergence pour sauver le Mali (CSM) à refroidir leurs ardeurs de soutien au locataire de la primature. Ainsi, au moment où le Directeur de Cabinet du PM et président de la commission d’organisation de ces concertations proclamait que ces assises allaient se tenir avec ou sans certains regroupements politiques, la CSM plaidait clairement pour le report.

En outre, quand le Premier ministre s’est rendu compte qu’un froid s’est installé entre lui et ses alliés politiques, il ne semble plus très engagé pour la tenue des concertations. Pire, lorsque le chef du Gouvernement a vu que l’hostilité à son encontre va crescendo et que certains potentiels participants à ces assises se préparaient à plaider pour son débarquement, il n’a plus voulu entendre parler de ces assises. Mais, comment lui qui tenait hier à ce forum peut-il manifester son revirement sans intriguer plus d’un ? Le PM choisira de faire croire qu’il veut aller aux concertations tout en posant des actes qui ne vont pas dans ce sens. Tel est l’exemple de sa déclaration selon laquelle il va soumettre la feuille de route à l’Assemblée nationale pour adoption. Alors qu’initialement c’est la concertation nationale qui devrait examiner cette feuille de route.

Il faut ajouter qu’une déclaration commune de plusieurs regroupements politiques et d’associations devrait être signée hier pour demander le report de la tenue des assises.

Kassoum THERA

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