Allocution de son excellence monsieur Abdoulaye Diop ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la coopération internationale

6

 

C’est la quintessence de l’allocution de son Excellence monsieur Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale à l’ouverture de la deuxième phase des pourparlers intermaliens inclusifs pour la paix. C’était hier dans la capitale algérienne.

 

Dialogue inter-malien: un face-à-face tendu à Alger
Négociations à Alger mercredi 16 juillet 2014 entre les groupes armés du Nord du Mali et le pouvoir malien conduit par Abdoulaye Diop (C), le ministre des Affaires étrangères.  AFP/FAROUK BATICHE

 

Alger, 1er septembre 2014

Monsieur le Ministre, Chef de file de la Médiation,

Distingués membres du Collège de la Médiation,

Monsieur le Haut Représentant du Président de la République pour le dialogue inclusif intermalien,

Honorables Invités,

Chers Compatriotes représentant les Mouvements du Nord du Mali,

Chers Compatriotes représentant les Communautés des régions du Nord du Mali,

Mesdames et Messieurs,

C’est un plaisir renouvelé de nous retrouver encore une fois à Alger, sur le chemin de la paix, de la sécurité, de la stabilité, de l’épanouissement de la diversité et du développement harmonieux de notre pays.

En cette circonstance solennelle, je voudrais réitérer l’expression de notre profonde gratitude au Peuple algérien, à son Gouvernement et à son Président, Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, pour l’accueil chaleureux qui nous a toujours été réservé, l’hospitalité particulière nous avons toujours joui et l’engagement sans faille dont notre pays a toujours bénéficié de la part de ce pays frère et voisin avec lequel nous partageons l’histoire, la géographie, la culture et le sang des martyrs.

Je salue particulièrement le Chef de file de la Médiation, Son Excellence Monsieur Ramtane Lamamra, et ses collaborateurs pour la dextérité avec laquelle ils ont conduit la phase initiale de ces pourparlers inclusifs intermaliens et pour tous les efforts qu’ils ont fourni depuis cette mémorable visite de Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta à son aîné Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, le 18 janvier 2014, visite au cours de laquelle les deux Chefs d’État ont décidé de conjuguer leurs sagesses pour sortir le Mali de la crise dans laquelle il a sombré  le 17 janvier 2012.

J’associe à cet hommage l’ensemble du Collège des Médiateurs, en l’occurrence les Représentants de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine, de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest, de l’Union Européenne, de l’Organisation de la Coopération Islamique, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad ainsi que tous les autres acteurs et partenaires qui ont consacré leurs efforts à la restauration de la paix au Mali.

Pour ma part, je ne doute pas une seconde que la phase actuelle sera encore mieux conduite et que nous performerons tous ensemble pour aller vers des consensus tangibles, réalistes et réalisables, vers des horizons heureux pour le Mali, le Sahel et toute l’Afrique.

Cela dit, je me réjouis de la nouvelle dynamique imprimée à l’élan unitaire des Mouvements du Nord du Mali à Ouagadougou. Je vois là, devant moi, certains leaders qui n’étaient pas avec nous à la phase initiale et qui ont courageusement décidé de nous rejoindre, ici à Alger, pour sortir notre pays de l’ornière. Je les en félicite chaleureusement.

C’est le lieu de rendre un vibrant hommage au peuple burkinabè et au Chef du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Médiateur de la CEDEAO, pour tous les investissements consentis en vue de ramener la paix, la sécurité et la stabilité au Mali et dans notre sous-région.

Je n’oublierai pas, pour les hommages, les Représentants des Communautés, une majorité certes silencieuse mais dont la voix compte énormément.

Les membres du Gouvernement du Mali, présents dans la salle, donnent l’assurance que toute décision collégialement prise au cours de ces pourparlers sera appliquée au pays dans les meilleurs délais possibles, avec le concours de tout un chacun et de tous à la fois.

Permettez-moi également, mesdames et messieurs,  d’exprimer le soulagement et la joie du Gouvernement malien après la libération des diplomates algériens pris en otage au nord de notre pays. Nous n’oublions pas les deux autres diplomates qui n’ont pas survécus à cette prise d’otage. Nos pensées vont au gouvernement algérien ainsi qu’aux familles des victimes. Qu’elles trouvent ici l’expression de nos profondes condoléances.

Chers frères et sœurs,

Mes chers Compatriotes,

Nous devrions nous souvenir que l’Histoire du Mali est marquée par de hauts faits de gloire mais aussi par d’épisodes dramatiques.

La situation que nous avons connue en 2012 et dont nous sortirons bientôt par la grâce de Dieu et notre volonté commune, est l’un de ces épisodes historiques traumatisants que connaissent toutes les grandes nations. Et comme toute crise, ce qui est important c’est de savoir la gérer. Puissions-nous réussir cet exercice !

Pour notre part, conscients des souffrances endurées par de toutes les Communautés maliennes, de quelques bords et de quelques régions qu’elles soient, nous sommes désireux de tourner définitivement ces pages tragiques de notre histoire et, pour ce faire, nous ne ménagerons aucun effort.

Aussi, le Gouvernement de la République du Mali aborde-t-il cette deuxième phase des pourparlers avec les meilleures intentions, le cœur léger et l’esprit ouvert, les oreilles tendues vers les aspirations profondes de toutes les Communautés maliennes, vers tout ce qui pourrait faire le bonheur du peuple malien.

Mes frères et sœurs,

Mes chers Compatriotes,

Il est impératif de se souvenir que notre pays a une Histoire, une grande et glorieuse Histoire, trempée dans l’acier de la diversité. Les grands résistants, les combattants de la liberté, ont appartenu au Nord comme Sud, à l’Est, à l’Ouest comme au Centre de notre pays.

Il est important de réaliser que notre sécurité et notre développement dépendent de nous et s’imposent d’abord à nous Maliens. Certes des efforts ont été fournis par les divers Gouvernements pour satisfaire les besoins du peuple, des Communautés, mais ils se sont souvent révélés insuffisants, en deçà des attentes. Mais à cela, il n’y a pas que la volonté des autorités qui soit en cause, il y a une responsabilité partagée dans la gouvernance passée qui nous oblige aujourd’hui à nous nourrir de l’expérience du passé pour construire un avenir radieux.

Dans cet esprit, il nous revient de réfléchir ensemble à la meilleure formule institutionnelle qui favorise au maximum l’épanouissement des Communautés dans la cadre d’une gouvernance locale ensemble assumée et ensemble partagée. En l’occurrence, il nous faut approfondir la réflexion sur les politiques institutionnelles actuelles en vue d’en tirer le meilleur dénominateur commun qui préserve l’intérêt suprême de notre Nation.

Il nous faut aussi, ensemble, trouver le schéma idéal pour assurer la défense de notre pays contre les menaces extérieures et la sécurité de nos populations pour leur permettre de s’épanouir dans un nouvel espace de gouvernance sécuritaire locale partagée que nous bâtirons d’un commun accord, dans un esprit de résilience et d’engagement communautaire.

Il nous faut consolider ces nouveaux schémas institutionnels et sécuritaires par des projets et programmes structurants qui créent de la richesse et de l’emploi dans les terroirs, stimulent la croissance nationale et permettent un développement économique, social et culturel harmonieux de nos régions et de notre pays.

Enfin, nous devrions par une vision commune partagée nous révéler dignes de la solidarité de la Communauté internationale.

Pour ce faire, nous devrions faire en sorte :

–          Que l’homme soit au centre de nos préoccupations et que la finalité du développement soit l’accomplissement de l’être humain ;

–          Que les bénéfices de tout acte de développement s’étende à tous les citoyens maliens, sans exclusive aucune ;

–          Que la justice s’instaure dans notre pays et que l’impunité soit bannie ;

Chers frères et sœurs,                                                                  

Chers Compatriotes,

J’aimerais vous redire avec force que nous avons une diversité de Communautés, de langues, de cultures, de religions mais nous n’avons qu’un pays, le Mali, qui nous a été léguée par nos ancêtres. Nous avons l’impérieux devoir d’en faire un pays paix et de sécurité, de lait et de miel, d’or et d’argent… et de le perpétuer.

Cela ne peut se faire que par une réflexion commune sur tous les problèmes qui se posent à notre Nation. Efforçons-nous donc d’écrire ensemble, après tant de passions, de frustrations, de violences et de souffrances, une nouvelle page de l’Histoire de notre pays.

Et qu’il me soit permis de rappeler ces enseignements d’un grand Maître :

« L’important n’est pas d’être grand par la force du bras, par la force des armes ; l’important c’est d’être grand par la pertinence des valeurs du cœur et de l’esprit ».     

C’est dire que nous devrions tirer la force de ce dialogue des valeurs du terreau national et redonner à la culture nationale ses Lettres de Noblesse. Nous devrions aussi nous efforcer de sauvegarder dans chaque homme la part de l’humain et la part divine.

Nous devrions donner à la paix une nouvelle chance en mettant l’intérêt de la Nation malienne au-dessus de toute autre considération.

Pour notre part, au nom du Gouvernement, nous nous engageons solennellement à apporter une contribution de qualité aux débats qui vont s’engager dans les heures à venir et, par la suite, à prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’application des décisions consensuelles qui sortiront de ces débats.

Puisse Dieu guider nos pas et nous inspirer continuellement au cours de ces pourparlers ! Amen.

 

Je vous remercie. 

 

Commentaires via Facebook :

PARTAGER

6 COMMENTAIRES

  1. bon discours du ministre ,et bon négociateur espérons que sa aboutira .Vive le mali UN et Indivisible ;vive son gouvernement ………………

  2. Espérons juste que les groupes de bandits puissent en tirer une bonne leçon pour le bien du Mali

  3. Il faut obliger par tous les moyens de droit les incapables d’IBK et de son régime de se préoccuper des problèmes du Mali et des maliens.

    Si jamais ils le font pas, il faut bloquer le pays pour leur faire raisonner.

    Être élu ne veut pas dire faire ce qu’on veut dans un pays régi par la loi et le droit.

    IL FAUT RESPECTER LA LOI CAR NUL N’EST AU DESSUS DE LA LOI ET NUL N’EST SENSÉ IGNORER LA LOI ET AUSSI DURE SOIT-ELLE ELLE RESTE LA LOI Y COMPRIS POUR LES DIRIGEANTS DU PAYS.

    Mais IBK et son régime violent la loi concernant les passations de marchés publics pour voler ce pays.

    Ils violent la loi pour faire la promotion de leurs familles et leurs copains aux détriment des autres maliens.

    Ils violent la loi en gaspillant inutilement les maigres ressources du pays.

    Ils violent la loi en voulant augmenter subitement les charges des consommateurs et des commerçants pour financer leurs bêtises de dépenses inutiles car le FMI, la banque mondiale et l’union européenne leurs ont coupé le pognon.

    IBK doit respecter IMPÉRATIVEMENT LA CONSTITUTION DU PAYS qui prône l’égalité entre les maliens.

    Il doit cesser de VOLER CE PAYS pauvres.

    Il doit cesser de PRENDRE CE PAYS EN OTAGE AVEC SA FAMILLE D’AMALDEM en plaçant fils et neveux dans tous les rouages du pays.

    Il doit se consacrer SUR LA RECHERCHE DE SOLUTIONS AUX PROBLÈMES DU MALI ET DES MALIENS qui restent le développement et la recherche de la paix au nord. Et qui cherche la paix prépare la guerre. Alors qu’IBK n’a rien fait pour doter l’armée de moyens aériens.

    Pour arriver à bout des voyous lourdement armés au nord il faut les carboniser avec des avions de combat avant tout combat terrestre. C’est la seule solution efficace. Et c’est ce que l’armée française a fait en janvier 2013. Et c’est ce que l’armée américaine a fait en 1990 contre Saddam Hussein au Koweït.

    Si jamais IBK persiste dans la bêtise de gaspiller nos sous inutilement dans des conneries de motos et avions pour voyager inutilement et faire la promotion de sa famille Amaldème et ne fait rien pour notre armée et nos travailleurs de l’UNTM, alors il faut le faire partir avant terme comme les égyptiens l’ont fait avec Mohamed Morsi car il ne servira à rien d’attendre 2018 et le voir conduire le pays à la faillite.

    Wa salam!

    • “Être élu ne veut pas dire faire ce qu’on veut dans un pays régi par la loi et le droit.”

      C’est en cela que tu te gourrrrrrres completement!

      Le mali n’est pas un etat de droit: le president ne rend de comptes a personne!!!!!!!!!!!!!
      Et le peuple est amorphe par: inculturalisme, la pauvrete et la religion (il suffit de dire allah, les pbs disparaissent, penssent ces imbecile).

    • Il est vraiment débile ce Kassin!! Où sont les avions avec lesqueles tu va carboniser les rebelles? C’est la réalité tu n’es pas devant ta playStation. T’as une armée qui a été défaite sur le terrain et qui prend la poudre d’ecampette dès le premier tir et tu es là entrain de tracer des plans sur la comète.
      Quand on ne sait pas faire la guerre on doit au moins savoir faire la paix. Se refugier derrière des lois pompeuse que personne ne respecte du sommet à la base. Il faut des concession de part et d’autre pour que les choses avancent. Les rebelles ont fait bcp de concessions et le Mali doit en faire autant. Tu dois au moins tirer la conclusion que sans ces nordistes là le Mali ne peut rien au nord absolument rien. Ne te trompes pas par ce tu appeleras des mouvement loyalistes car il y en a pas. Chaque mouvement oeuvre pour sa propre chappelle. Le Mali paye une armée (de trouillards) mais ne paye pas les mouvements donc il ne peut logiquement rien leur imposer.

  4. Mr Diop, le discours est beau mais vous avez the WRONG AUDIENCE!!! Si vous pouvez convaincre les missions diplomatiques etrangeres et les organisations internationales, le reste suivra!!!!

Comments are closed.