Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat à Ségou : Le foncier en débat

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Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat à Ségou : Le foncier en débat
Mahamadou Diarra, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat

Avec les cadres et responsables des différentes structures impliquées dans la mise en œuvre des missions du département, il a été question de la délicatesse du problème foncier au plan social et de la nécessité d’une synergie d’actions pour satisfaire les usagers

 Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamadou Diarra, était en quatrième région ce week-end. Il était accompagné de ses conseillers, du directeur national de l’urbanisme, du conseiller aux affaires financières du gouverneur de la région de Ségou, Pakuy Kamaté, et du directeur régional de l’urbanisme, Biassoun Tiénou.

Le ministre s’est intéressé aux conditions de travail des services relevant de son département dans la région, et a discuté avec les acteurs à la base de leurs préoccupations mais aussi des exigences du service rendu aux populations voire à l’Etat, car les premières accusent et le second interpelle. C’est en ces termes que le ministre s’est adressé aux travailleurs de la direction régionale de l’urbanisme après une visite des locaux.

Dans son message de bienvenue, le directeur régional a présenté son service composé des divisions habitat, urbanisme et de subdivisions dans les 7 cercles animés par 37 agents. Ce service dispose de onze schémas directeurs d’urbanisme (Ségou, Niono, Dioro, Macina, Markala, Barouéli, Bla, Yangasso, San et Kimparana). Celui de Dougabougou, élaboré depuis 2012, n’a pas encore été approuvé tout comme la cité de Ségou avec deux  P U S (plan d’urbanisation de Ségou) dont l’un n’est pas encore approuvé.

Ce service décentralisé a mission de fournir un appui conseil aux collectivités territoriales en matière d’aménagement urbain, d’architecture, d’ingénierie, de promotion immobilière. Il doit veiller au respect des normes par domaine de spécialité. La bonne exécution de ces missions est confrontée à des difficultés comme la non implication des services de l’urbanisme dans le contrôle ou à la supervision des chantiers dont les collectivités ou l’Etat sont maitres d’ouvrage ; le non respect des schémas se traduisant par des lotissements non approuvés et des morcellements d’espaces publics ou verts, sans changement de vocation au préalable. Cette situation d’ensemble fait que beaucoup de dossiers de construction ne reçoivent pas d’autorisation avec pour conséquence un faible  taux d’occupation de ces lotissements.

La direction de Ségou souhaite l’élaboration de schémas directeurs d’urbanisme pour les villes situées sur les axes internationaux (Séribala, Konobougou, Markala, Cinzana gare, Sansanding) qui prennent déjà le corps d’une ville ; l’immatriculation et l’affectation des sites des futurs programmes des logements sociaux tant à Ségou que dans les subdivisions ; l’approbation des plans des logements sociaux ; la construction des bureaux locaux des subdivisons de l’urbanisme et de l’habitat. Elle sollicite la formation continue de son personnel, le renforcement de ce personnel en agents ; sa dotation en matériel informatique et moyens logistiques, sans oublier l’accès au crédit de fonctionnement pour les subdivisions de Macina et Markala opérant depuis trois ans sans dotation. Elle plaide pour l’installation d’un architecte agréé à Ségou.

LE RESPECT DES TEXTES EN VIGUEUR. C’est fort de ces informations que le ministre a rencontré les cadres et responsables des différentes structures impliquées dans la mise en œuvre des missions du département, notamment l’administration générale, les domaines et cadastre, l’institut géographique, la direction régionale du plan et de la statistique, les maires, les présidents des conseils de cercle et de région, l’ordre des experts géomètres, l’assainissement et la lutte contre les pollutions et nuisances, la protection civile, l’armée, les services de sécurité, la Sotelma-Malitel, EDM, SOMAGEP.

A son auditoire, le ministre a rappelé la délicatesse du problème foncier au plan social et la nécessité d’une synergie d’actions pour une entière satisfaction des usagers donc de l’Etat. Les débats ont fait état du grand nombre de rejets des permis de construire délivrés par les maires ; des coûts élevés pour les populations de la régularisation des lotissements anarchiques ; des chefs de village ou des propriétaires terriens ou coutumiers qui procèdent à des morcellements d’espaces en violation de la procédure ; de l’installation de la fibre optique sans information des services techniques locaux et sans prise en compte dans le schéma d’aménagement des villes et villages de la région. Ont également été débattus l’étude d’impact environnemental d’usine en perspective d’extension dans une zone d’habitation désapprouvée par certains services techniques ; l’empressement des paysans à vendre leurs champs à des opérateurs économiques immobiliers ; la conversion de ces champs en titre foncier et leur morcellement et revente. Un  processus qui fait fi des règles en vigueur. L’ordre des experts géomètres a demandé que cesse la délivrance des permis d’habiter par les maires, sans l’avis d’un expert géomètre ; la protection civile souhaite que tout aménagement prenne en compte ses interventions éventuelles. Les communes de Ségou, Pélengana, Sakoiba et Sébougou constituent chacune en ce qui la concerne une entité mais elles ont le même tissu social que Ségou, alors pourquoi ne pas les fusionner en un district ?

Mme Diabaté Mariam Bamba, maire de la commune rurale de Pélengana, a plaidé pour les émoluments, les droits coutumiers de ses populations qui ont cédé à l’Etat 240 ha pour la zone industrielle, 500 ha au bénéfice de l’université de Ségou et 90 ha au profit de l’Energie solaire.

A l’issue des échanges, le ministre Diarra a recommandé une communication interne dynamique entre les différents intervenants, la concertation et le dialogue, autant d’éléments qui permettront de mieux servir les populations et de vite doter les villages d’outil de planification afin de prévenir les drames fonciers mais aussi d’exiger le respect des textes en vigueur et les schémas directeurs d’aménagement.

La délégation ministérielle a visité les sites réservés aux futurs programmes de construction des logements sociaux à Koukoun non loin du fleuve et sur la route Ségou-Markala et des zones en partie réalisées sans autorisation de construire ou dans le non respect de la vocation des espaces en violation du schéma directeur ou du plan d’urbanisation. La délégation s’est aussi rendue à San et Niono.

A. O. DOLO

AMAP-Ségou

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