Moussa Mara a présenté hier son prix Harubuntu à la presse : “Quand le peuple aspire au changement, rien ne pourra l’empêcher”

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Moussa Mara

Pour ses efforts en matière de gouvernance fondée sur la participation des administrés avec des innovations importantes dans le domaine de la transparence, la lutte contre la corruption et la délinquance financière, le jeune maire de la Commune IV du district de Bamako et  non moins candidat à la présidentielle de l’année prochaine, Moussa Mara, a reçu le prix Harubuntu, le 1er décembre dernier à Bruxelles. Ce prix a été présenté au cours d’une cérémonie à laquelle la presse était conviée, hier jeudi 22 décembre à l’Hôtel Radisson Blu, lors d’un déjeuner de presse. Rencontre au cours de laquelle M. Mara a expliqué que rien ne peut bloquer  la volonté de changement d’un peuple.

Notre confrère Chérif Séye de Les Afriques, qui a été membre du jury d’attribution de ce prix organisé par l’association belge sans but lucratif Eco communication, et son épouse étaient au présidium aux côtés de du maire de la commune IV. Dans son intervention, Chérif Séye a expliqué les motivations de ce prix, qui est à sa quatrième édition. Il est attribué chaque année pour récompenser les efforts innovants dans quatre catégories : collectivités locales, entrepreneuriat, société civile et communication. L’année passé, un Malien, le sieur Doumbia de l’école N’Domo et promoteur de projets  de teinture bogolan et divers à Ségou, avait été primé dans la catégorie entrepreneuriat.

Pour M. Séye, les efforts du maire Moussa Mara dans le domaine de la lutte contre la corruption, la politique de gestion participative de sa municipalité ont été des éléments déterminants dans le choix du jury. Un millier de candidatures ont été enregistrées avant la présélection et la sélection finale. Le Maire de la Commune IV a été primé ainsi qu’un maire de Madagascar et un autre du Maroc dans la catégorie collectivités locales.

Pour l’édile de la commune IV du district de Bamako, qui est en course pour l’élection présidentielle du 29 avril 2012, la lutte contre la corruption est un combat de longue haleine. Les facteurs qui freinent cette lutte sont essentiellement l’omerta, c’est-à-dire la loi du silence et l’impunité. Il faut, a-t-il souligné, dénoncer avec la dernière rigueur la corruption et toutes les formes de mauvaise gestion. «Mais aussi  que le chef donne le bon exemple en respectant tout ce qui est bien public». Il a donné l’exemple de la gestion municipale dans la commune IV où le maire ne s’implique pas dans la passation des marchés, des appels d’offres mais veille au grain pour contrôler la régularité des procédures. 

Pour Moussa Mara, la meilleure gestion administrative doit impliquer prioritairement les administrés. L’autorité doit montrer qu’elle est au service de la collectivité et non le contraire. “Nous nous battons pour prouver aux citoyens que nous avons été commis pour les servir. C’est pourquoi nous avons pris des mesures pour faciliter toutes les prestations de services aux différents usagers à travers l’élaboration d’une charte de l’usager et  d’autres mesures de transparence… “. L’Afrique a aujourd’hui besoin, a-t-il souligné, de leaders “normaux” soucieux du bien-être exclusif des populations. Et non des nostalgiques des périodes de l’indépendance, des militaires ou des démocrates et autres politiciens de carrière.

Pour M. Mara, ce sont ces changements avec un devoir de rendre régulièrement compte de la gestion du pays ou des municipalités qu’il faut proposer aux populations. Quelques aspects de ces changements sont marqués à  la mairie de la commune IV par des mesures nouvelles : ponctualité au lieu de travail, contrôle de présence physique des agents dans les services, interventions régulières des pouvoirs publics dans l’intérêt des populations  en matière de soins de santé, de prise en charge des indigents, assainissement, etc.

Il faut qu’on arrive dans nos systèmes de gouvernance à emporter la conviction des populations, des électeurs. Dans ce sens je tiens à rassurer que lorsque le peuple veut le changement, aucun pouvoir, aucune autorité, aucune fraude, rien ne peut l’en empêcher “, a-t-il martelé.

Moussa Mara a indiqué, par ailleurs, avoir de très bons projets de développement pour sa commune  mais il éprouve quelques difficultés en matière de financement. Les banques maliennes se montrant souvent réticentes à consentir des prêts importants aux municipalités, sous prétexte que les équipes communales ont un mandat limité de 5 ans. Alors que l’Etat arrive à bénéficier d’importants financements sous forme de prêts quand bien même le président de la République (le Chef de l’Etat) a aussi un mandat limité de 5 ans.

Rappelons qu’une projection vidéo a été faite pour montrer aux journalistes les grands moments de la cérémonie d’attribution du prix Harubuntu (qui n’a pas une enveloppe financière mais une valeur symbolique) à Bruxelles.

                                     Bruno D SEGBEDJI

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