Nouveau découpage administratif :Le quitus d’ATT pour Gossi

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Dans notre précédente édition, nous titrions: «Nouveau découpage administratif, Koufougouna propose Gossi comme cercle, ATT refuse». Eh bien! A en croire les élus locaux de cette Commune, relevant du cercle de Rharous, Région de Tombouctou, ils ont rencontré ATT deux jours avant son départ pour l’Inde, à propos du nouveau découpage administratif. Ils lui ont exprimé leur étonnement de voir le Conseil des ministres adopter le texte concerné sans ériger Gossi en Cercle, alors même que les techniciens du département de l’Administration Territoriale avaient retenu cette option.


Le Chef de l’Etat leur a expliqué que le principe que Gossi soit érigé en Cercle était accepté mais qu’il y avait un problème pour son rattachement. En effet, il se demandait s’il faut mettre Gossi avec Gao, Tombouctou ou la nouvelle Région de Douentza.


Le Projet de loi étant déjà sur la table de l’Assemblée nationale, il fallait donc rectifier le tir rapidement, avant son adoption, annoncée pour le 19 janvier prochain. C’est dans cette logique que la Commission Décentralisation de l’Hémicycle, saisie au fond, a entendu, dans l’après-midi du mardi 10 janvier, le Président du Conseil de Cercle de Rharous, Mohamad Youssouf Ag Alghallas, le Maire de Gossi, Mossa Ag Almouner, le Maire de la commune d’Inadiatafane, Abdel Jalid Ould Baye et des membres du Bureau des ressortissants de Rharous à Bamako, avec à leur tête Doudou Haïdara, Almouzar Maïga et Younouss Hamèye Dicko. Ils ont tous plaidé afin que Rharous devienne une Région et Gossi un Cercle de cette entité administrative. Cependant, les points de vue ont divergé au cas où l’idée de l’érection en Région serait rejetée par la redoutable Commission, présidée par Logona Traoré du RPM.


Dans cette hypothèse, les ressortissants du Cercle de Rharous ne sont pas favorables à la création du Cercle de Gossi. Parce qu’ils estiment que cette «localité va mourir» et prendra davantage de retard dans son développement, handicapé par l’absence d’infrastructures routières et d’hydraulique. Tandis que leurs élus souhaitent que Gossi soit bien érigé en Cercle, quelle que soit l’issue réservée à création éventuelle de la Région, en raison de ses atouts innombrables: la multiplication des infrastructures, le potentiel humain et l’accroissement de l’habitat, accompagné de l’essor démographique. S’y ajoutent l’existence de 33 établissements scolaires, dont un Second cycle et huit medersas, de sept CSCOM, d’un hôpital, de huit postes avancés de santé, de 40 parcs de vaccination, de 33 puits pastoraux, de 6 adductions d’eau et l’électrification rurale de la ville de Gossi, six mares pérennes et 15 mares temporaires, ensemencées en poissons, 100 cadres militaires et paramilitaires, des cadres civils et, bien sûr, plusieurs jeunes diplômés sans emploi.


Les élus de Gossi pensent qu’ils ont plus d’affinités d’avec Gao qu’avec Rharous. En effet, le transport entre Gossi et Rharous, pour l’établissement des actes administratifs et judiciaires (jugements supplétifs, casiers judiciaires, convocations de la justice, invitations aux réunions ou ateliers…) coûtent cher par rapport à un déplacement sur Gao, situé seulement à 153 km environ. Ce n’est pas tout. L’évacuation de toutes les urgences sanitaires est faite sur Gao. En matière de santé animale, le PADENEM couvre deux communes, sur les trois qui devraient constituer le probable Cercle de Gossi et les calamités naturelles sont couvertes par la compagnie de Sapeurs-pompiers et la Croix Rouge de Gao.


Voilà pourquoi le Président du Conseil de cercle et ses camarades soutiennent mordicus que Gossi mérite d’être un Cercle et, surtout, d’être rattaché à Gao dans le nouveau découpage administratif. La Cité des Askias, ayant perdu le Cercle de Ménaka, qui deviendra bientôt une Région, pourrait donc se voir rattacher Gossi comme Cercle. C’est du moins ce qui se dessine à l’Assemblée nationale, avec un amendement au projet de loi en examen au niveau de la Commission décentralisation. A suivre.
Chahana Takiou

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