Le point : La Ruche déterminée à reconquérir le pouvoir

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Pr. Tiémoko Sangaré, président de l'Adéma-Pasj
Pr. Tiémoko Sangaré, président de l'Adéma-Pasj

Tenue le 25 mars 2017 au Pavillon des sports du stade Omnisports Modibo Kéita de Bamako, la 15e Conférence nationale de l’Adéma/PASJ est allée dans le sens souhaité par la majorité des militants et des cadres du parti : aligner un candidat en 2018 pour reconquérir le pouvoir qui lui échappe depuis 2002.

Organiser dans les meilleurs délais le processus de choix de son candidat à la présidentielle 2018 ! C’est l’instruction donnée au comité exécutif de l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) par sa 15e conférence nationale. Une rencontre qui a eu lieu le samedi 25 mars 2017 au Pavillon des sports du stade Modibo Kéita.

Instance suprême du parti entre deux congrès, la Conférence nationale a le pouvoir de délibérer sur les textes d’orientation générale et les programmes électoraux du parti. La Conférence nationale peut également se prononcer sur les accords politiques avec d’autres formations avant soumission au congrès, la décision de dissoudre un organe du parti, l’exclusion du parti, les rapports du CE et des commissions nationales spécialisées, l’élection du candidat du parti aux fonctions de président de la République.

Parmi les recommandations, celle qui a suscité le plus de débats vifs et la plus attendue aura été la recommandation relative à la candidature du parti à la présidentielle de 2018″, a témoigne honorable Yaya Sangaré, secrétaire à la communication du CE, dans un port sur les réseaux sociaux.

Finalement, les conférenciers se sont accordés à inviter le comité exécutif à engager dans les meilleurs délais le processus de choix du candidat du parti pour la présidentielle de 2018″, a-t-il ajouté. Lors des débats, les conférenciers n’ont pas manqué également de signaler toutes les frustrations, les humiliations que les militants du parti subissent de la part du RPM.

Malgré l’apport inestimable du parti à la stabilité du pays, malgré son poids politique et électoral, les militants estiment être écartés des grandes instances de décisions qui engagent la vie du pays”, a précisé M. Sangaré. Les débats ont révélé que la majorité des conférenciers n’est pas satisfaite de la gouvernance actuelle et souhaite que des efforts remarquables soient faits pour l’améliorer.

L’Adéma est incontournable dans la conquête et l’exercice du pouvoir au Mali, alors pourquoi ses dirigeants ne s’assument pas et ne sont jamais à l’écoute des militants à la base pour conquérir et exècre le pouvoir d’Etat par eux-mêmes ?”, se sont interrogés beaucoup d’intervenants.

Les “Abeilles” ont invité la direction nationale du parti à “être plus audible sur les questions essentielles du parti” tout en réaffirmant leur “appartenance à la majorité présidentielle”.

Ce qui n’est pas évident ! En effet, si l’on se réfère à la démarche du RPM ces derniers temps, un allié ne peut pas décider d’aligner un candidat contre IBK et rester dans la majorité.

En optant pour une candidature interne au 1er tour de la présidentielle de 2018, la Ruche a visiblement fait un choix qui ne lui facilitera pas la vie au sein de la CMP. Pis, elle doit même se préparer à perdre sa place au gouvernement à cause de ce choix.

A moins que le président Ibrahim Boubacar Kéita ne prenne conscience qu’il n’a aucun intérêt, en cette période de turbulence sociale et politique, à pousser dans l’opposition un allié aussi puissant et bien implanté que l’Adéma/PASJ.

Dans la Ruche, le plus difficile est à venir : le choix d’un candidat ! Le message des Abeilles, pendant la Conférence nationale, a été très claire : pas de faire-valoir ou une candidature fantaisiste comme nous l’avons vu en 2013. Mais, les militants souhaitent une vraie reconquête du pouvoir en 2018.

Les Abeilles sont là, et elles ne cessent de prouver qu’elles sont incontournables dans le paysage politique malien. Tous ceux qui veulent gagner les élections et conquérir le pouvoir sont obligés de compter avec l’Adéma. Mais, nos militants pensent qu’il est temps de sortir de cette position de faiseurs de rois, et se battre pour que le parti reprenne sa vraie place sur l’échiquier politique national”, a déclaré Mme Sy Kadiatou Sow, présidente de l’Adéma/PASJ, lors d’une interview (à lire la seconde et dernière partie dans ce numéro) le 14 mars 2017.

Et pour cela, il faut un candidat consensuel capable de rassembler La Ruche en lui évitant les césariennes subies en 2002, 2007 et 2013 marquées par le départ de nombreux ténors (Ibrahim Boubacar Kéita, Soumaïla Cissé, Soumeylou Boubèye Maïga, Ibrahima Ndiaye dit Iba…) suite à aux frustrations liées à la gestion des candidatures internes.

Une candidature consensuelle est donc indispensable pour éviter les divisions internes et maintenir la dynamique de reconquête du pouvoir. Comme le soulignent souvent des chroniqueurs politiques, réellement unie, l’Adéma/PASJ est une redoutable machine électorale.

Moussa Bolly

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3 COMMENTAIRES

  1. Oumar Tatam Ly est le meilleur candidat pour un grand parti comme l’ADEMA et cette candidature permettra de rompre avec les politiciens professionnels issus de Mars 1991

  2. Mme SY Kadiatou SOW , est la mieux indiquée . Elle a fait ses preuves, femme de poigne, militante de première heure de l’ère démocratique au Mali. Cette dame a de la valeur intellectuelle. Morale et technique . Mais il faut le soutien réel de l’ensemble des militants et cadres de l’ADEMA-PASJ. Surtout éviter les coups bas de 2002, 2007 et 2013.

  3. Félicitations aux délégués de la 15ème Conférence Nationale du PASJ/Adema, pour cette option d’aligner un candidat, issu de ses rangs en 2018 à la présidentielle. Bonne chance, car la mission du PASJ/Adema doit se poursuivre. Merci !

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