Pr Makan Moussa Sissoko à propos du calendrier électoral : “Il faut aller aux urnes le 29 avril, mettre en place un pouvoir à la légitimité renforcée et relever les défis du Nord”

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Dans une brève contribution de haute facture qu’il nous a fait parvenir, le constitutionnaliste de renom, Pr Makan Moussa Sissoko, se prononce sur le débat de la tenue ou du report de l’élection présidentielle du 29 avril. Pour l’actuel Directeur général de l’Agence nationale pour l’Emploi (ANPE), ancien ministre de la Fonction publique, Secrétaire politique de l’Adéma-PASJ et non moins président de l’Association malienne du Droit constitutionnel, le Mali et son peuple sont seuls face à leur destin. ” Il nous faut un nouveau pouvoir, car ni un pouvoir finissant, ni un pouvoir de transition ne saurait efficacement mener cette lutte finale “, souligne-t-il.

Le peuple du Mali doit se rendre à l’évidence que dans la crise du Nord, il n’y a aucune alternative à la guerre. Aujourd’hui, nous n’avons pas en face de nous des rebelles, mais une véritable armée étrangère d’occupation exfiltrée de Tripoli par une puissance étrangère pour pouvoir tirer une gloriole de la chute de Mouammar l’Africain.

Alors, puisqu’il faut se préparer à une longue guerre, les élections générales sont à organiser quelles que soient les conditions en Avril 2012.

En effet, quand un certain Paul Kagamé a entrepris sa marche sur Kigali, personne ne le prenait au sérieux au Rwanda, de même que Kabila faisait rigoler Mobutu. C’est seulement après que le monde entier découvre, éberlué, la nouvelle carte de l’Afrique des Grands Lacs redessinée par l’Amérique et ses alliés. On nous prépare une situation analogue si nous ne prenions garde.

Il est évident que la main de la France est derrière la guerre imposée à notre peuple dans un dessein précis : la création d’un Etat touareg dans le septentrion malien.

En effet, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, le Guide n’était pas aussi fou que cela. S’il est resté à Tripoli malgré les menaces, c’est qu’il savait, qu’avec la Légion Islamique composée de mercenaires très bien formés et équipés, Tripoli était inexpugnable pour les croisés. Il était à mille lieues de se douter de la trahison de sa garde rapprochée. Quand il a compris, il a été liquidé pour le faire taire définitivement alors que Milosevic est mort en prison.

En effet, devant l’humiliation qui se profilait, Nicolas Sarkozy a été obligé de négocier ” Promettre l’impensable ” à cette horde sanguinaire pour qu’elle abandonne son “mentor “ à savoir un ” Bantoustan “. Les faits sont têtus, le véhicule emprunté par Mme Kaddafi a été suivi par France 24 jusqu’à Alger ; le petit convoi du Guide lui-même a été intercepté par l’aviation des alliés, qui contrôlait la Libye.

Je voudrais que l’on m’explique alors comment des milliers d’hommes, des centaines de véhicules avec tout ce que cela comporte comme logistique, ont pu cheminer tranquillement jusqu’au Mali qui n’a aucune frontière avec la Libye ?

La vérité, c’est que cette armée a été conduite, accompagnée au Mali à la suite d’un véritable accord politique visant à créer un Etat pour tous les touaregs irrédentistes de la région, du Tchad à la Mauritanie. La complicité, du moins la passivité, de tous les pays traversés est évidente.

Nous sommes seuls face à notre destin !

– Accepter l’impensable, la création d’un nouvel Israël au cœur du Mali historique et faire de nos frères du Nord ” les Palestiniens “ du 21ème siècle.

– Préparer la riposte la plus cinglante possible à cette agression, en organisant les Elections Générales aux dates constitutionnelles pour mettre en place un pouvoir à la légitimité renforcée et reconnue, qui fera face au nouveau pouvoir qui sortira des urnes françaises avec un message clair : “ NON ” à la partition du pays.

Oui, il nous faut un nouveau pouvoir car ni un pouvoir finissant, ni un pouvoir de transition ne saurait efficacement mener cette lutte finale.

L’idéal aurait été que l’Armée nationale réussisse à rétablir la situation, mais quoi qu’il advienne, il faudra aller aux élections.

Nous n’avons aucune alternative à la tenue des élections présidentielles le 29 avril 2012 pour l’émergence de notre Churchill, de notre Abraham Lincoln pour dire clairement au monde entier ” Jamais nous n’accepterons la partition du pays ” car la devise du Mali est ” Un peuple – Un but – Une Foi “. Donc, que nous sommes prêts à nous défendre, à défendre notre pays, notre honneur car pour tout Malien ” Mieux vaut la Mort que la Honte “.

Bruno D SEGBEDJI


Mamadou DIARRA
Tél.66 73 39 11

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