Présidence du Front pour la Démocratie et la République : Qui prendra les rênes de la coquille vide ? .

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C’est en principe le mercredi prochain, que l’actuel président du Front pour la Démocratie et la République (FDR), El Hadji Ibrahim Boubacar Keita, est appelé à passer le témoin de la présidence de son regroupement à un camarade de chemin, conformément aux textes du regroupement, qui limitent le mandat à six mois d’exercice. En attendant le jour « j », les commentaires vont bon train par rapport à la personne appelée à prendre les rênes d’un héritage aussi embarrassant, dans un contexte difficile.

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Le Front pour la Démocratie et la République (FDR), ce regroupement politique circonstanciel, à but électoral, créé à l’approche de l’électin présidentielle du 29 avril dernier, est un antre dans lequel se sont logés des politiciens, qui se sont sentis les dindons de la farce du premier quinquennat du président Amadou Toumani Touré. Les têtes de proue du regroupement que sont par exemple : le RPM d’Ibrahim Boubacar Keita, le PARENA de Tiébilé Dramé, la CDS Mogotiguiya de Mamadou Sangaré dit Blaise, la Convergence 2007 de Soumeylou Boubèye Maiga, après s’être estimées frustrées de la gestion du président de la République, s’étaient retrouvés à la salle Blomba pour mettre en place ledit regroupement. Chacun d’eux était venu avec des raisons différentes. Pour IBK, il ne cessait de chanter sur tous les toits que son parti était victime d’ostracisme politique de la part du chef de l’Etat, lequel était accusé de ne pas faire la promotion de ses cadres. Mais au-delà de ce prétexte, on sait que l’homme, qui aime jouer à la victime, n’allait jamais renoncer à ses ambitions princières qui l’obnubilent depuis 2002, et pour la réalisation desquelles il est prêt à pactiser avec le diable.

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En ce qui concerne Tiébilé Dramé, il a passé son temps à flatter le régime pendant tout le premier quinquennat d’Amadou Toumani Touré, avant de se voir rattraper par son passé, suite à la gestion calamiteuse que lui et sa troupe ont faite du 23ème sommet Afrique-France, tenu chez nous en 2005. Depuis que la justice s’est lancée aux trousses de Toto, il n’a cessé de fouetter tous les chats et de remuer ciel et terre, pour échapper à la prison. C’est pour quoi, après s’être fait humilier à la présidentielle du 29 avril, l’homme voulait coûte que coûte sauver la face en tentant d’escalader le mur de Bagadadji, lors des législatives dernières. Mais mal lui en en prit, autrement dit ; il a été lâché par la baraka, quand il n’a trouvé d’autre colistier que Cheickna Hamalla Bathily, un député sortant accidentellement parachuté à Bagadadji, dit député « aliment bétail . La tentative de fuite en avant de l’homme a été stoppée par la Cour Constitutionnelle, qui a purement et simplement invalidé leur liste. Depuis, l’étau se resserve au tour de Tiébilé, car selon les indiscrétions qui nous parviennent, le dossier serait fin prêt pour engager la poursuite judiciaire contre le chef des Béliers.

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Son inculpation ne serait qu’une question de jours.

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S’agissant de Soumeylou Boubèye Maiga, ce dernier n’a pas pu digérer la couleuvre du chômage technique dans lequel ATT l’a abandonné tout au long son premier mandat, cela après qu’il eut soutenu ATT contre le candidat de son parti en 2002. C’est pour quoi, l’ex-patron de la Sécurité d’Etat, en cherchant à se venger du chef de l’Etat, avait préféré rejoindre le FDR pour ne pas cautionner la transformation du soutien politique en soutien électoral de son parti.

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Parlant de Mamadou Blaise Sangaré, les observateurs pensent que c’est la frustration qui est aussi à l’origine de sa rébellion contre ATT, car malgré ses quatre députés sortants, qu’il avait eus dans son Banimounitié natal, et qu’il vient d’ailleurs de perdre à l’issue des législatives de cette année, son parti a estimé qu’il a été laissé sur la touche par rapport à la gestion du pouvoir. De ce fait, le FDR était l’occasion de se venger de celui qu’il avait soutenu depuis 2002.

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Mais après les différentes échéances électorales, le regroupement a du mal à souffler dans la même trompette, car les intérêts sont devenus divergents. IBK lui-même a beaucoup tergiversé après les élections, de sorte que certains l’avaient donné démissionnaire du FDR, lorsque contre toute attente, son parti s’était retrouvé dans le bureau de l’Assemblée Nationale, en laissant l’opposition, incarnée par le tandem PARENA-SADI, orpheline, avant qu’il ne fasse une autre pirouette, qui l’a amené à claquer la porte, en solidarité avec les victimes du fait majoritaire. Mais bien avant cela, Ladji Bourama, qui ne supportait plus les agissements va-t-en-guerre de certains de ses camarades, avait eu à interdire la tenue des réunions à son domicile.

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Des signes qui ne trompent pas, quand on sait qu’il reste le noyau dur dudit regroupement. Des sources proches de lui pensent qu’après son mandat à la tête du FDR, il compte opérér un repli tactique de la vie politique, pour se faire oublier en vue de mieux sauter en 2012. Or, une retraite d’IBK de la vie du FDR sera synonyme de sa mort définitive, car, il manquera d’animateur de carrure. Mais, IBK n’est pas le seul à être désappointé, car Mamadou Blaise Sangaré de la CDS Mogotiguiya vient, lui aussi, de cesser sa rébellion contre le régime. Depuis l’investiture d’ATT, il n’a jamais cessé de dire qu’il n’exclut pas l’éventualité de travailler avec le président de la République, Amadou Toumani Touré, si ce dernier venait à lui faire appel pour une responsabilité.

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Car, à l’en croire, c’est le Mali qui doit compter d’abord avant les intérêts politiciens. Toute chose qui laisse croire que ce dernier pourra tôt ou tard quitter le regroupement, quand les va-t-en guerre, enfouis dans le PARENA, chercheront à mettre les intérêts politiciens au-dessus des intérêts de la nation, et Dieu seul sait combien ceux-ci sont déterminés à le faire, puisque aveuglés par la vengeance contre ATT. C’est pourquoi d’ailleurs beaucoup d’observateurs pensent que c’est le PARENA qui pourra se porter candidat à la présidence d’un héritage embarrassant, qui ne semble d’ailleurs pas avoir d’autre preneur que lui.

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Soumeylou, sur qui certains comptaient, selon les indiscrétions, semble tourner casaque depuis des lustres, cela après la belle claque électorale qu’il a reçue lors de la présidentielle et son lâchage par la plupart de ses amis de Convergence 2007, comme les Tiéma Coulibaly et autres. D’autres vont jusqu’à avancer qu’il serait en train de négocier son retour au sein de la Ruche, car n’ayant pas eu gain de cause dans son aventure sécessionniste.

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Or, à part ces quelques dinosaures, ci-dessus cités, les autres composantes du regroupement ne sont que du menu fretin, des compagnons de circonstance, en quête d’aliments.

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C’est donc dans ce contexte délétère que IBK s’apprête à passer le témoin mercredi prochain à un successeur, après ses six mois de présidence. Reste à savoir si celui qui va le relayer sera l’homme qu’il faut.

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Abdoulaye Diakité

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