Présidentielle 2018 : Ces jeunes qui préparent la prise du pouvoir…

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Présidentielle 2018 : Ces jeunes qui préparent la prise du pouvoir…
photo à titre illustratif

La précampagne pour l’élection présidentielle de 2018 bat déjà son plein. Les ténors de la scène politique malienne sont à pied d’œuvre pour mettre de leur côté les chances d’arpenter les marches de Koulouba. Mais, ils ne sont pas les seuls à avoir ces ambitions légitimes. Une horde de jeunes, compétents et dynamiques, avec souvent un charisme naturel, se préparent activement à la prise du pouvoir, au cas où, mais à la suite d’élections libres et démocratiques. Qui sont ces jeunes ? Leurs parcours ? Que font-ils ? Leurs atouts et faiblesses ?

Avec la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation, beaucoup de Maliens espéraient voir la fin de la crise sécuritaire dans notre pays, afin de permettre l’organisation des élections communales, régionales et présidentielles sur l’étendue du territoire national. Les efforts en cours, notamment le processus de mise en place des autorités intérimaires, en disent long sur la détermination du gouvernement d’en finir avec cette crise multidimensionnelle. S’ils (les efforts) sont couronnés de succès, il y a de fortes chances que la présidentielle de 2018 soit âprement disputée par des jeunes. Qui veulent bousculer la vieille garde de la politique malienne. Dans le pire des cas, le prochain président de la République va devoir compter avec eux pour la présidentielle de 2018 et pendant la période dite transitoire (2018-2023).

Parmi ces jeunes pétris de talents et dont la liste n’est pas exhaustive, nous avons choisi (l’ordre n’étant pas important) huit potentiels candidats en 2018.

 

Racine Thiam

En juillet 2013, Racine Seydou Thiam était, à 38 ans, parmi les plus jeunes candidats à la présidentielle. C’était tout naturellement le début d’une carrière politique pour ce consultant international en marketing et communication.

Né à Bamako le 24 septembre 1975, Racine Thiam est aujourd’hui le Directeur de la Cellule de communication de la Présidence de la République. Un poste stratégique pour un jeune, qui a beaucoup d’ambitions.

Depuis sa nomination à Koulouba, il ne cesse de prouver ses talents, de bon communicateur et de stratège. En quelques mois, nul ne peut nier, que la communication présidentielle a pris des ailes avec la touche et le management de l’enfant de Badalabougou.

En 2018, il pourra valablement se représenter à la présidentielle pour avoir accumulé de l’expérience dans la gestion des affaires au sommet de l’Etat et bénéficié du soutien d’associations de jeunes. Mais son parti, la Convergence d’actions patriotiques (Cap) peine à décoller sur l’échiquier politique national.

 

Amadou Koïta

Ancien leader estudiantin, le Président du parti socialiste (PS Yelen Coura), Amadou Koïta, attend tout simplement son heure pour saisir sa chance de briguer la magistrature suprême de notre pays. À l’élection présidentielle de 2013, il a soutenu le candidat de l’Urd, Soumaïla Cissé. Koïta est aujourd’hui l’un des piliers de l’opposition politique.

Né en 1970 à Markala, Amadou Koïta est un pur produit du Mali, sorti de l’Ecole Nationale d’Administration de Bamako (ENA), promotion 1992-1997. Inspecteur des finances de son Etat, Koïta dirige la Cellule d’Appui à la Déconcentration et à la Décentralisation (CADD).

En créant le 25 mai 2013 le Parti socialiste, Amadou Koïta donne un aperçu de ses intentions. Cinq ans après, ces intentions pourraient se matérialiser par une candidature à la présidence de la République.

Il n’est pas exclu qu’il fédère toute l’opposition politique derrière son projet. Certains ténors voient même en lui l’exemple de jeune qu’il faut à notre pays. Handicap ? Son parti est jeune et ne dispose pas d’assise politique nécessaire pour le propulser au sommet de la pyramide.

 

Karim Keïta

Contrairement à ses camarades ou du moins à ses éventuels adversaires, Karim Keïta n’est ni président d’un parti politique et encore moins haut fonctionnaire dans l’administration d’Etat.

Mais, il partage avec eux la légitime ambition de s’installer un jour sur le trône.

Naturellement qu’il ne briguera pas la présidence en 2018, sauf cas de force majeure. Jusqu’à preuve du contraire, l’unique option pour le parti présidentiel reste son père, Ibrahim Boubacar Keïta. Néanmoins, s’il arrive que pour une raison ou une autre, le Président ne se représente pas pour sa succession, Karim Keïta pourrait être mis sur orbite.

Député et président de la Commission de défense de l’Assemblée Nationale du Mali, Karim Keïta ne ménage pas ses efforts pour se présenter comme une alternative. Avec un carnet d’adresses qui ne cesse de se rallonger et un réseau de clubs et d’associations de soutien, le député de la deuxième commune de Bamako fait désormais parti du cercle restreint des jeunes présidentiables. Mais auparavant, Karim doit d’abord faire face à l’opposition politique, mais également aux ténors du parti présidentiel, qui voient tout naturellement en lui une cible potentielle.

 

Moussa Mara

Intrépide et calculateur, Moussa Mara était le jeune le plus en vue pour la présidentielle de 2018. Mais son échec à la primature et le chaos provoqué à Kidal ont du faire réfléchir plusieurs de nos compatriotes. Mais, qui sait ? Au Mali, rien ne semble impossible.

Moussa en sait quelque chose pour avoir, en quelques mois de combat politique, passé de Maire de Bamako à Ministre puis Premier ministre. C’était une ascension fulgurante et exceptionnelle d’un jeune à 40 ans.

Né le 2 Mars 1975 à Bamako, cet Expert-comptable garde encore ses chances dans la guerre de génération, très disputée. Moussa Mara a repris ses activités traditionnelles et passe son temps à chercher des soutiens sur le net et dans des mosquées pour mieux se positionner pour les futures échéances. Il espère être, en 2018, dans le peloton de tête de la présidentielle, à cause notamment de son passage à la primature où il a pu faire une précampagne avec des moyens plus conséquents…

Pour atteindre son objectif, Mara va devoir certainement faire face à la colère d’une frange importante de la population qui l’en voudrait à jamais d’avoir provoqué la chute de Kidal et de s’allier à la vieille génération d’hommes politiques.

 

Oumar Tatam Ly

Le fils de l’écrivain, Feu Ibrahima Ly et de la diplomate Madina Tall Ly, était un inconnu du paysage politique malien. Nos compatriotes furent surpris quand le choix du Président IBK porta sur Oumar Tatam Ly, pour diriger son premier gouvernement en qualité de Premier ministre. Il ne tarda pas à prouver sa maitrise des dossiers, mais n’aurait pas pu convaincre le chef de l’Etat de la nécessité de « changer de cap ». Il finit par quitter son poste, le 5 avril  2014.

Mais son nom revient sans cesse dans les débats quand il s’agit d’évoquer les hommes capables de sortir notre pays de la crise, surtout économique. Cet économiste, qui dispose d’un bon réseau et de carnets d’adresses, en a les moyens. Mais avant, il doit sortir d’abord de sa « coquille ».

Né le 28 novembre 1963 à Paris (Seine), Tatam Ly ne s’est pas encore affiché sur le plan politique, même s’il peut toujours compter sur le réseau d’amis politiques de sa maman. Ne disposant encore ni de parti politique et d’associations de soutien, la conquête de Koulouba pourrait être une utopie pour cet agrégé d’histoire.

 

Tièman Coulibaly

Tièman Hubert Coulibaly est le fils de Moussa Balla Coulibaly. Stratège et méthodique, il tisse lentement et sûrement sa toile. Depuis son entrée au gouvernement sous la transition, il reste l’un des rares ministres à avoir bénéficié de la confiance de deux présidents successifs (Dioncounda et IBK). Est-ce le fait du hasard ? Nul ne saurait le prédire. Seul certitude, comme son père, il va probablement briguer un jour le fauteuil présidentiel. Est-ce en 2018 ? Ce n’est pas évident si le Président IBK devrait se présenter pour un second mandat.

Natif de Bamako et diplômé de l’université de Saint-Étienne en France, Tièman Hubert Coulibaly est un passionné de communication. Qui a su faire les bons choix dans les moments critiques de notre pays.

A 49 ans, il se présente désormais comme l’un des jeunes le plus mur pour briguer la magistrature suprême de notre pays. Mais, pour accéder à la magistrature suprême, il ne pourra pas beaucoup compter sur son parti (l’UDD) qui cherche toujours sa voie au niveau national, et probablement sur une partie de la jeunesse. Qui lui reproche ses rapports avec les politiciens accusés, à tort ou à raison, de corrompus.

 

HOUSSEINI AMION GUINDO

En 2013, Housséini Amion Guindo est arrivé 5e sur 27 candidats après Ibrahim Boubacar Kéita (RPM), Soumaïla Cissé (URD), Dramane Dembélé (ADEMA-PASJ) et Modibo Sidibé (FARE). Un résultat qui confirme l’irrésistible ascension de ce jeune (né le 21 avril 1970) leader politique. Cette ascension présage sans doute un bel avenir pour l’ancien député de Sikasso.

Le professeur d’histoire et de géographie, qui est aussi promoteur de deux établissements scolaires à Sikasso, a lancé, en 2008, la Convergence pour le Développement du Mali (CODEM). Qui compte déjà parmi les partis politiques les plus représentatifs de l’échiquier national, avec plus de 400 conseillers aux élections communales de 2009. Après avoir cumulé une expérience parlementaire, « Poulô » est en train d’asseoir celle de l’exécutif. Il gère de façon méthodique le ministère des Sports. Et se positionne comme un incontournable à Sikasso, sa région adoptive.

Seulement, il est reproché à Housséini Guindo, comme à Mara et Tièman, d’avoir des accointances avec la vieille garde. Les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets.

 

Dramane Dembélé

A la présidentielle de 2013, l’Adema Pasj l’avait désigné pour incarner le changement générationnel tant espéré par les Maliens, afin d’être leur candidat. Et cela contre de vieux briscards. Dès lors, Dramane Dembélé symbolisait une jeunesse qui gagne (3è après IBK et Soumaïla Cissé) et une jeunesse responsable. Parce qu’au second tour de la présidentielle, Dra a appelé à voter IBK contre la volonté du comité exécutif de son parti. Qui soutenait Soumaïla Cissé. Ce n’est pas un hasard, Dramane Dembélé s’est tout simplement projeté dans l’avenir. Aujourd’hui il est ministre de l’habitat et de l’urbanisme. Il n’est pas exclu de le voir, demain, parmi les candidats de la présidentielle de 2018, avec ou sans la bannière de l’Adema. Mais avec l’Adema, il faut toujours s’attendre à des surprises. En 2007, elle n’a pas présenté de candidat contre ATT. Elle pourrait, en 2018 aussi, remettre çà.

Né à Ségou, le 8 avril 1967, Dramane Dembélé est un ingénieur géologue. Qui ne cache plus ses intentions de briguer la magistrature suprême.

Idrissa Maïga

 

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3 COMMENTAIRES

  1. Aucun candidat de la majorité présidentielle n’aura droit à se présenter aux élections de 2018 à moins de démissionner et de perdre ses privilèges. IBK et ses hommes voudront du tako kelen et pour cela, ils sont prêts à mouiller tous ces jeunes blaireaux sans grande expérience.

  2. Un bon contenu, mais avec une mise en forme chevauchée. L’ordre des images n’est pas respecté dans la description. Mais c’est au Mali…..;il faut toujours compter avec les 70% de désordre.

  3. De toutes les façons, il faut dire à ces jeunes qu’ils leur faut encore plus rigueur pour accepter à Koulouba sans mettre ce pays en péril. Qu’Allah les protège et les aide dans leur aventure difficile.
    “Sois le meilleur quoique tu sois.” Selon le grand King qui stipule que « Si tu ne peux être pin au sommet du coteau sois broussaille dans la vallée, mais sois la meilleure petite broussaille au bord du ruisseau. Sois buisson si tu ne peux être arbre, si tu ne peux être route sois sentier, si tu ne peux être soleil, sois étoile ; Ce n’est point par la taille que tu vaincras ; sois le meilleur quoi que tu sois. Examinez-vous sérieusement afin de découvrir ce pour quoi vous êtes faits et alors donnez-vous avec passion à son exécution.». Fin de citation. Martin Luther King.

    NB: Courage et à très bientôt

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