Présidentielle 2012 : Les \”Abeilles\” se brûlent les ailes

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Au terme de leur réunion de vendredi dernier, la majorité des cadres présents dans la «Ruche» se sont dit fermement attachés au maintien des dates retenues dans le processus de désignation du candidat de l’Adema-PASJ à la présidentielle de 2012. Cela a toutes les chances de n’être qu’un vœu pieux car, selon toute vraisemblance, les «Abeilles» n’ont que deux éventualités : l’annulation du processus ou la désignation d’un candidat par seulement une toute petite partie du parti.

Déjà, dans le scénario imposé, les militants sont exclus du processus de désignation. Les barons ont, en effet, décidé que seuls comptent les avis des chefs de section, les membres du Comité directeur, les représentants des Mouvements des femmes et des jeunes, les Députés, les élus nationaux. Et ceux-ci, malgré «le besoin de préserver l’unité et la cohésion du parti» sont plus que jamais divisés sur le choix d’un candidat consensuel ou même démocratiquement désigné. A la clôture des dépôts de candidature, le Secrétariat général de l’Adema a enregistré près d’une dizaine de prétendants. Parmi, eux il y a, bien entendu, ceux qui ont pour mission de fausser le jeu. Autrement dit, se présenter pour se désister ensuite pour un candidat donné. A ce jeu, c’est le président du parti, Dioncounda Traoré, qu’on accuse d’avoir placé le maximum de candidats fantaisistes acquis à sa cause. Est-ce de bonne guerre ?

En tout cas, selon plusieurs observateurs et proches de la «Ruche», Dioncounda Traoré serait le grand favori de ce processus singulier. Il aurait toutes les chances de gagner l’investiture de son parti. Si et seulement si le processus se déroule normalement et dans les délais requis. Cela est loin d’être acquis. De plus, quelque soit l’issue ou le sort du processus, les «Abeilles» sont condamnés à la dispersion.

En effet, le choix de l’actuel président du parti dérange beaucoup de ses camarades, notamment ses adversaires à l’investiture, qui sont présentement en train de prendre les dispositions nécessaires pour lui barrer la route. Des émissaires seraient envoyés au niveau toutes les sections du parti pour préparer les militants à l’idée d’un Congrès extraordinaire dont le but essentiel est de déposer Dioncounda Traoré de son poste de président du Comité exécutif, et compromettre ses chances d’être désigné. Il n’est pas pour autant le seul pouvant compter notamment sur l’appui du couple Sy, d’Ali Nouhoum Diallo et de Moustapha Dicko. Un soutien non négligeable qui pourrait conforter les chances du président du parti. Et consacrer la division de l’Adema-PASJ. En effet, si Dioncounda Traoré perd l’investiture, ses principaux soutiens se tourneront vers d’autres candidats. Selon certaines indiscrétions, le couple Sy, Ali Nouhoum Diallo et Moustapha Dicko, principaux animateurs du COMODE, pourraient alors jouer la carte Ibrahim Boubacar Kéïta du RPM. En revanche, si Dioncounda Traoré gagne, ses principaux adversaires iront voir ailleurs.

Dans la course à l’investiture, le président du parti a deux opposants de taille, tous deux Vice-présidents du CE : Sékou Diakité et Ibrahima N’Diaye. Le premier a donné le ton de sa campagne, samedi dernier, et bénéficie d’un solide soutien en Commune II. Il compte sur sa jeunesse et le jeune électorat, et n’est pas prêt à céder un pouce de terrain à son président.

Il aurait d’ailleurs déclaré qu’il ne suivrait jamais un Dioncounda Traoré qui, pour avoir été le professeur de son propre père, serait désuet et devrait être remisé pour laisser la place à plus jeune. C’est pourquoi il est soupçonné par beaucoup de rouler pour l’ancien Premier Ministre, qu’il serait prêt à rallier une fois perdue la course à l’investiture.

Le deuxième s’est prononcé depuis longtemps et compte sur l’électorat de la première région. Habitué des voltefaces –en 2001, il s’était présenté aux primaires avant de désister pour Mandé Sidibé- et faire faux bond au candidat de son parti en ralliant l’indépendant-, Ibrahima N’Diaye, malgré sa véhémente réaction au militantisme Adema de Modibo Sidibé, serait prêt à faire cause commune avec l’ancien Premier Ministre, avant même de connaître les résultats du processus.

En définitive, les «Abeilles» sont encore une fois dans la tourmente et se dirigent tout droit vers une déchirure qui risque d’être plus douloureuse que les précédentes, parce que cette année, leurs militants sont impatients de reconquérir Koulouba. Mais apparemment, cette fois n’est pas encore la bonne.
Cheick TANDINA

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