Présidentielle de 2012 :IBK face à son destin

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Dans moins de quatre mois, les Maliennes et les Maliens éliront un nouveau président de la République. Déjà, plusieurs candidats, et pas des moindres, sont dans le starting bloc. Parmi eux, figure en bonne place Ibrahim Boubacar Kéïta alias IBK, porte-étendard du Rassemblement pour le Mali (RPM). Il vient en effet de sortir de son mutisme pour répondre favorablement aux différentes sollicitations des militants et sympathisants du RPM, de ses fans, des clubs et associations qui réclamaient à cors et à cris son acceptation de briguer la Magistrature Suprême de notre pays.

C’est désormais un ouf de soulagement dans la grande famille des Tisserands. En effet, leur mentor IBK vient d’accepter leur demande de défendre les couleurs du parti à l’élection présidentielle du 29 avril 2012. «Oui, je suis candidat, car je veux redonner confiance à notre peuple, qui doute, qui s’interroge. Oui, je suis candidat, car je veux aider, protéger, soutenir les plus fragiles d’entre nous et sortir de la misère et de la pauvreté nos villes et nos campagnes, sur l’ensemble du territoire. Oui, je suis candidat, car je veux faire en sorte que chaque Malienne et chaque Malien puisse manger à sa fin tous les jours de l’année, où qu’ils soient dans notre pays, et quelles que soient les conditions climatiques. Oui, je suis candidat, car je veux assurer la sécurité des biens et des personnes, des Maliens comme des étrangers, sur l’ensemble de notre espace national, et lutter contre le terrorisme et toutes les formes de criminalité. Oui, je suis candidat, car je veux redonner un sens à l’Ecole du Mali, et préparer les générations futures, notre jeunesse, à porter haut nos couleurs dans le concert des Nations (…).
Oui, je suis candidat, car je veux relever le défi d’un Mali créateur d’emplois, grâce à une politique économique efficace et réaliste… Oui, je suis candidat, pour restaurer l’autorité de l’Etat, la justice et la confiance en la politique. Enfin, oui, je suis le candidat du rassemblement, pour porter et incarner la nouvelle ambition du Mali
», a-t-il déclaré à la grande satisfaction des uns et des autres.
Précisons que cette cérémonie de déclaration de l’ancien président de l’Assemblée Nationale, s’est déroulée le samedi 7 janvier 2012 au Palais de
la Culture Amadou Hampathé Bah de Bamako.

Un parcours exceptionnel !

Cet ancien Premier Ministre de l’ex-président Alpha Oumar Konaré est donc désormais l’un des prétendants à la Magistrature Suprême de notre  pays. Les moyens à la hauteur de ses ambitions de hisser le Mali dans le concert des grandes Nations, il en a. Il l’a déjà démontré quand il était Premier Ministre sous Alpha Oumar Konaré. La question qui taraude maintenant les esprits, est de savoir si les Maliens sont fin prêts, pour le vrai changement avec IBK?

L’on serait tenté de répondre par l’affirmative, étant donné que le parcours de cet homme est impressionnant. C’est un militant engagé pour le développement et la justice depuis qu’il était élève, à  Dakar, dans l’Association des Scolaires Maliens de Dakar (ASMD). Puis en 1966, à Paris, avec les Ali Nouhoum Diallo et Boubacar Bah dans l’Association des Etudiants Stagiaires Maliens en France (AESMF) qui se battait pour les compatriotes travaillant en France. Après l’AESMF, c’était le tour du Comité de Liaison Etudiants-Travailleurs (CLET) de bénéficier des services de l’homme. Avant de donner un regain de dynamisme à la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) qui a lutté pour la libération totale de notre continent.

Après le renversement du président Modibo Kéïta en 1968 et l’arrestation des anciens dignitaires, un Comité de Défense des Libertés Démocratiques au Mali (CDJDM) a été mis sur les fonts baptismaux par les Ibrahim Boubacar Kéïta, Ali Nouhoum Diallo, Boubacar Bah et autres. Ce comité luttait pour les anciens compagnons de Modibo Kéïta arrêtés. IBK a présidé ce Comité, dont le siège était à son domicile de Paris.

Il va donc sans dire que le président du RPM reste un défenseur des principes démocratiques. D’autant qu’il a continué sa lutte jusqu’à la chute du Général Moussa Traoré et la naissance du parti Adéma-PASJ. A l’issue du Congrès constitutif de l’Adéma, tenu en mai 1991 au Palais de la culture, un bureau de 23 membres a été formé, dirigé par Alpha Oumar Konaré. Dans ce bureau, IBK a hérité du poste de Secrétaire aux relations africaines et internationales. C’est à partir de là que les autres qualités de l’homme se révélèrent.

Après l’arrivée de Alpha au pouvoir, IBK fut nommé Conseiller diplomatique du président de la République.  En septembre 1994, il prend les rênes du parti lors de son premier Congrès. A l’époque, le pays était plongé dans l’anarchie totale à cause des agissements au sein même de la famille des Abeilles. Entre temps, il fut nommé Ambassadeur en Côte d’Ivoire.

Nommé pour la première fois Premier Ministre, le 4 février 1994, alors que le régime du président Konaré est confronté à une crise scolaire, à des grèves syndicales et à une recrudescence de l’insécurité dans tout le pays et plus particulièrement dans le Nord, IBK réussit à juguler ces crises qui avaient ébranlé le pouvoir. Il sera reconduit au poste de Premier Ministre en février 1997 et traversera la grave crise qui a secoué le pays lors des élections -présidentielle et législatives.

Après il va démissionner de son poste de Premier Ministre et de la présidence du parti.

En 2001, il va créer son propre parti, le Rassemblement pour le Mali (RPM). Pour l’élection présidentielle en avril 2002, IBK se porte tout naturellement candidat et il termine3ème dans la surprise générale.  Aux élections législatives de la même année, il a démontre que le rang du RPM n’était pas celui que son parti a eu lors de la présidentielle. Il est sorti gagnant des législatives, à la clé la présidence de l’Assemblée nationale

En 2007, il ambitionne une nouvelle fois d’être élu président. Il était face à un président qui briguait aussi la présidence. Il est malheureusement battu par ATT. Les yeux sont rivés maintenant sur la présidentielle de 2012.

En attendant qu’il soit officiellement investi, à l’issue d’une Convention du RPM, le 14 janvier 2012 au Stade Omnisports Modibo Keïta de Bamako. IBK croit fermement que son heure a sonné pour gravir les marches de Koulouba. Il est le seul candidat à diriger le Gouvernement et l’Assemblée nationale.

Ahmadou MAÏGA

 

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