Qui a dit que le bateau Mali peut tanguer mais ne pourrait chavirer ? Face au démon, aucun navire n’est jamais trop grand pour chavirer !

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Les démons  du nouveau Premier ministre ne sont pas la seule reconquête du Nord et l’organisation d’élections crédibles. Il en existe de plus infernaux au même titre que les barbus, tous susceptibles de faire couler le navire.

L’armée malienne est-elle résolument décidée à se battre ? Les chefs militaires n’en doutent point au contraire, désormais  du peuple. Le «repli tactique» avait été justifié à raison, par l’absence de logistiques et par devers, de moral de la troupe, et suite à la rupture de la chaîne de commandement. Mais l’on constate avec  amertume aujourd’hui,  que le premier acte majeur  posé par la junte après réception   du matériel militaire a été, non la reconquête du nord, mais l’éviction d’un Premier ministre, peut-être un peu trop encombrant, mais un Premier ministre de missions  quand même et accepté comme tel par la communauté internationale.   Alors, un autre acte de défiance ?

Et puisque cette démission forcée du PM survint au moment  où l’Afrique toute entière était presque parvenue à convaincre le reste  du monde (l’Union Européenne, l’ONU) de la nécessité de l’option militaire, l’on trouve quelque part que c’est désormais  la junte qui, à ce niveau, constitue le facteur de blocage. Une lecture désormais réconfortée par l’arrivée des armes auparavant bloquées. La défiance se justifierait donc à ce niveau.  Toute chose qui fait dire à certains analystes que  la junte a plutôt fait le jeu des jihadistes en retardant un  éventuel débarquement. En s’érigeant  en gendarme, la junte  a, en clair, suscité beaucoup d’interrogations.

L’impressionnant arsenal militaire accueilli avec triomphalisme à Bamako serait-il un jour utilisé contre l’envahisseur au nord ou  contre une hypothétique menace contre Kati?  Les risques qu’il tombe un jour dans les mains des combattants jihadistes sont-ils réels, s’interroge-t-on désormais dans les chancelleries ?

On le sait, les marges de manœuvre du nouveau Premier  ministre, à ce niveau, sont très étroites. On voit mal comment il pourra mettre Kati au pas.  Ce n’est, en effet,  pas demain la veille que l’armée malienne serait véritablement assujettie à un pouvoir civil.

On peut, en tout état de cause, blâmer les putschistes, mais les comprendre également. Ils sont véritablement entre deux, voire trois feux : les jihadistes au Nord, leurs détracteurs au Sud et la communauté internationale à travers le monde. Avouons qu’on les a laissés que peu de choix quand bien même ils aient cédé sur bien de points.  L’instinct de survie leur recommande donc de se prémunir de certaines garanties. Mais du coup, ils rendent périlleuse la mission du nouveau PM.

Loin de jouer le catastrophiste, le scénario d’un déplacement de la ligne de front un peu plus vers le sud n’est pas à écarter. Si l’armée conserve encore longtemps sa position pour le moins statique, les jihadistes seront tentés de l’y rejoindre en vue de s’accaparer des arsenaux militaires acquis. Le navire risque bien de couler ce jour.

Impossible ? Ecarter cette éventualité d’un revers de main serait  preuve d’absence de réalisme. Et pour cause.  Ce ne sont pas les seuls jihadistes  combattants sur le terrain dans les trois régions du pays qui caressent l’idée d’un Etat islamiste au Mali. En clair, la menace est bien présente au Sud et se présentent  sous diverses formes. Le démon a ceci de particulier qu’il a le pouvoir de prendre différentes formes et de présenter, au besoin, une face d’ange. Des témoignages dignes d’intérêt évoquent d’ailleurs la présence de «sudistes ne comprenant un seul mot des langues du terroir» parmi les islamistes combattants.

Le démon, c’est aussi la fracture sociale, la scission au sein de l’armée,  les élections générales, la cherté de la vie, l’école, l’incivisme, l’injustice sociale, la corruption… Des démons coriaces !

En tout état de cause, il est peut-être temps de revoir cet auto-satisfecit consistant à se faire admettre à satiété que le Mali tanguera mais ne saurait chavirer et surtout, à ne rien faire pour éviter le naufrage. Aucun navire, dit-on, n’est trop grand pour chavirer. L’histoire du TITANIC est là pour nous le rappeler.  Il importe au commandant  de bord  de procéder, à temps,  à des manœuvres en vue d’éviter l’iceberg.

B.S. Diarra

 
SOURCE:  du   19 déc 2012.    

11 Réactions à Qui a dit que le bateau Mali peut tanguer mais ne pourrait chavirer ? Face au démon, aucun navire n’est jamais trop grand pour chavirer !

  1. pengyou

    Tout ce pessimisme parce que la tete de Sanogo ne vous plait pas? Ou va-t-on dans ce pays. Meme si les immitions de Sanogo ne sont pas toujours souhaitables, tout le monde a reconnu que Cheick Modibo etait le probleme et non la solution. Si le Premier Ministre ne reconnait pas son President sous pretexte qu’il est « de plein pouvoir » ou va-t-on? C’est dans quelle democratie ca aussi?

  2. Niyefôkoyesegou

    Avec ce Django le Mali tombera encore plus bas.Il vient juste de mettre à la disposition de Kati quelques milliards

  3. blanche neige

    le deuxième nom du mali c’est TITANIC

  4. justinloo

    Qui a dit que « le bateau Mali peut tanguer mais ne pourrait chavirer ? Face au démon, aucun navire n’est jamais trop grand pour chavirer ! EH BIEN LE BATEAU MALI RESISTERA ET NE Chavirera PAS. LES SOIT DISANT DEMONS N’ONT QU’ALLER SE FAIRE voir AILLEURS

  5. Gnousso

    Le Mali va Payé pour la non reconnaissance de ses vrais héros qui ont tous donné pour defendre cettte patrie.

    • le scientifique

      c’est ce que nous refusons d’admettre . au MALI , les heros sont traité de vauriens par les griottes et le travailleur est l’esclave des voleurs .
      quelle honte .

  6. Toufan

    Il n’ y a rien d’extraordinaire au nord du Mali comme arsenal militaire. Il n’ ya point de ressources humaines en nombre en terme de combattants. C’est surtout le Mali qui ne veut pas faire la guerre et quand je dis le Mali il s’ agit de ceux qui doivent la faire en premier lieu (les militaires). Si la communauté internationale a la ferme conviction que Kati est motivé à faire la guerre, elle l’accompagnera mais helas DIEU nous a donné des gens qui se soucient d’abord de leur propre agenda avnat de PENSER MALI. Le commandement de Kati ne veut pas faire la guerre. Il pense que la négociation va faire partir les jihadistes ça jamais au grand jamais. Le salaud de Prodi qui pense qu’il faut attendre une éternité pour faire la guerre est un imbécile qui joue le jeu du mlna et de l’Algérie. Le mal d’attendre septembre 2013 n’est pas la souffrance des hommes et femmes du nord mais l’enracinement du jihadisme au nord et dans le sahel tout entier pour toujours.

  7. Kaya Magan

    Soyez moins pessimistes et ayez confiance a vous memes. Les jihadistes sont des humains, donc des mortels. Si notre armee a commis la grave erreur d’un coup d’etat en pleine guerre, elle s’assumera j’en suis sur. Elle n’a pas le choix au risque de perir et le pays avec.

  8. Kassin

    Au moment où la communauté internationale, la Cedeao et la majorité de la classe politique insistaient sur la nécessité de mettre à l’écart les membres de la junte militaire dans l’exercice du pouvoir transitoire c’est CMD lui même qui a tout fait pour maintenir leur emprise sur le pouvoir!

    Personne n’est contre l’armée malienne, personne n’est contre la garnison de Kati, mais le rôle d’un militaire c’est défendre un pays et non s’immiscer dans l’exercice d’un pouvoir constitutionnel.

    En s’associer avec les aventuriers de Kati contre vents et marées CMD a signé sa propre mort clinique et politique.

    Il n’a rien fait pour permettre un retour rapide à l’ordre constitutionnel normal.
    D’ailleurs il méprisait la constitution du Mali, à la quelle il préférait l’accord-cadre.

    Une association d’hors la loi finit toujours par la trahison et l’histoire est suffisamment remplie d’exemples que CMD ne pouvait ignorer l’issue de son alliance avec les putschistes de Kati et contre la volonté et les efforts de la communauté internationale.

    Quelques exemples (Moussa-Tiekoro-Kissima; Blaise-Sankara-Lingani-Kaboré; Guëi-Gbagbo; Dadis-Toumba-Konaté, etc.)

    Le jour où l’association Sanogo-Konaré-Seyba-Youssouf va voler en éclat, que personne ne soit surpris et surtout n’allez pas nous parler de morale du genre « on tire pas sur un homme à terre » puisque quand on décide d’être hors la loi on décide que tout est permis et on vend son âme au Diable, on rentre dans un jeu, et on se doit de le gagner loin de la morale et de la retenue.

    C’est pour éviter ces dérives qu’on insiste et on ne lassera jamais de le dire aux maliens, de respecter et de faire respecter les règles que nous avons nous mêmes établies dans notre société.
    Respectons notre constitution, puisque les autres nous ne respecterons jamais si jamais nous ne respectons pas nos propres règles.

    Comprenons les autres s’ils exigent de nous le respect de notre constitution.

    Écoutons les américains s’ils nous exigent un président légitime issu des urnes pour conduire notre pays dans le respect de nos textes.

    Puisque les islamistes au nord ne veulent ni partition ni indépendance, pourquoi ne pas les proposer comme préalable au dialogue qu’ils laissent les populations du nord voter pour leur président?

    Iyad Aghali s’est toujours réclamé du Mali, donc cessons les spéculations stériles et organisons une élection sur toute l’étendue du territoire au nord comme au sud puisque les islamistes qui contrôlent le nord n’ont jamais parlé d’indépendance ni autodétermination.

    Leur problème c’est la Charia et ils peuvent le discuter avec le nouveau président élu car Dioncounda n’a ni la légitimité (mais il est légal car la constitution qui lui confère la place de président par intérim) ni le courage de régler définitivement cette crise.

    Le régime d’exception qu’est la transition n’est pas bien indiqué pour régler la crise malienne car il faut beaucoup d’argent pour remettre le pays sur le droit chemin et avec la transition le Mali n’a pas la plénitude de la coopération internationale sans laquelle on ne peut rien faire.

    Ce n’est pas un budget annuel de 1000 milliards de FCFA qui va faire une guerre et organiser ds élections tout en continuant de payer les fonctionnaires et d’assurer une année scolaire et universitaire normale, d’assurer des services publics de santé, de fourniture d’eau et d’électricité, d’entretien routier, et de fonctionnement régulier des services publics même si on annule tous les programmes d’investissement public.

    Ce n’est pas possible.

    Si le très expérimenté Diango Cissoko, n’est pas d’accord avec ce que je dis alors qu’il le dénonce publiquement.

    Trop de temps perdu à tourner en rond et pour zéro.

    Trop de souffrances inutiles de nos populations du nord et même du sud.

    Trop d’images négatives du Mali qui marqueront à jamais des générations entières de maliens.

    Et souvenons nous, ce pays ne sera grand que si les maliens sont grands.

    Et pour que les maliens soient grands il faut qu’ils libèrent leurs esprits des futilités et des tares inutiles, il faut que nous éduquons nos enfants pour que nous tous prendrons le droit chemin, enfin, il faut que nous acquérions le savoir, où qu’il se trouve.

    Mais à regarder de près, nous avons très peu d’hommes capables de vision et d’actions d’envergure pour sortir le pays de l’ornière.

    CMD était dans ce registre d’hommes incapables mais il n’est pas le seul.
    Et ça sautait à l’œil avec ses agitations inutiles et ses émotions d’enfant.

    Sanogo et Dioncounda sont aussi incapables, car leur vision pour le Mali et les actes qu’ils posent ne sont pas les médicaments qu’il faut pour le malade Mali.

    On n’emploie pas un dentiste dans un bloc opératoire pour cardiaque sans aucune formation de chirurgie cardiaque.

    Bonne journée aux CHU de Gabriel Touré et du Point G!

  9. Maru

    Je pense qu’il faudra revoir le plan de cette operation de reconquette qui prevoit: » l’envoi des elements de l’armee malienne d’abord sur le terrain, et demander l’appui de la communaute internationale en cas de besoin ».
    Je ne fais pas du confiance en ce plan. Car il n est pas a exclure que la communaute internationale peut reculer en cas d’erreure tactique de l’armee malienne. Ces gens peuvent justifier tout argument pour leur incapacite ou manque de volonte.
    Le plan le plus rationel c’est l’envoi de toutes les troupes de la CEDEAO y comprise celle du Mali au meme moment. Dans ce cas aucune troupe particuliere n’aura d’escuse.
    Le Cpt sanogo lui meme a eu peur de ces criminels pour venir s’attaquer au president et avoir la paix. Maintenant qu’il sait qu’il n ira pas au front, il est la a poser des strategies irrationnelles.
    On dirait que nos leaders militaires ne savent meme pas de ce qui se passe au sein de l’armee. Ils sont la entrain de berner le peuple sur la competence des troupes. Demander au mopticiens quelle a ete la reaction des troupes stationnees a Mopti, le jour ou Douentza est tombe dans les mains des islamistes. Ils vous ferront le compte rendu.
    Et nous avons a faire avec le MNLA apres les islamistes et la CEDEAO ne nous aidera pas contre ces bandits.Donc conservons nos energie en acceptant de se battre ensemble avec nos allies pour aneantir les criminels jihadistes.

    • andre samake

      Tout les Etats ont peur de l’empire invible de ces « triades » jihadistes du nord.Il est très douteux si l’armée malienne à elle seule sera apte à résister devant les coups de feu de ces ennemis puissants très aguerris. En plus de l’arsenal (militaire), pour remporter la guerre, il faudra une bonne organisation (hierarchique) du commandement, la bonne formation, la détermination et de la conviction pour la mission (bon moral) , la collecte de bons renseignements sur l’ennemi pour eviter des surprises sur le terrain, le support du peuple (acceptabilité par la société civile).