Révision Constitutionnelle: la restitution des députés élus à Dioila

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Des députés élus de la circonscription de Dioïla ont effectué, le dimanche dernier, une mission de restitution pour faire le compte rendu de l’adoption du projet de loi constitutionnelle de notre pays. A la faveur de cet exercice démocratique, ils ont expliqué à leur base les grandes innovations de ce texte et de détailler les points de discorde entre la Majorité et l’Opposition parlementaire.

La cérémonie de restitution de ce vote, qui a eu lieu au Foyers des jeunes de Dioïla, a été présidée par le Préfet, Dédéou MAIGA, en présence des sous-préfets des communes dudit cercle. Ces derniers avaient à leurs côtés des députés élus de la circonscription, à savoir les honorables Mamadou DIARRASSOUBA, Sékou Fantamadi TRAORE et Daouda COULIBALY qui étaient les conférenciers. La mission était conduite par l’honorable Mamadou DIARRASSOUBA.
Malgré la saison pluvieuse et le mois de carême, les populations du Baniko sont sorties nombreuses pour prendre d’assaut la salle de rencontre. Parmi lesquelles, l’on a noté une forte présence des notabilités ainsi que des autorités administratives et politiques de la commune de Dioïla qui ont toutes salué la démarche et appelé à sa pérennisation.

À l’entame de la rencontre, le maire de Kaladougou, Yacouba MARIKO, a souhaité la bienvenue aux participants. Il a ensuite salué la régularité de cette mission de restitution qui est la preuve, à ses yeux, que les députés de Dioïla accordent du respect à leur mandant.

De son côté Mamadou DIARRASSOUBA, avant de rentrer dans le vif du sujet, a rappelé que l’objectif principal de cette mission était de rendre compte à leur mandant et de les informer officiellement de l’adoption du projet de loi constitutionnelle. Aussi, s’agissait-il d’expliquer le contenu de cette loi aux populations pour sa compréhension et son appropriation contre toute désinformation.

Ensuite, il a cadré la rencontre en demandant à ce que les échanges et les débats portent sur cette révision qui fait l’actualité brûlante du pays. Il a précisé que leur exposé va porter sur les innovations de cette loi et les points de discorde entre la Majorité et l’Opposition parlementaire.

Ainsi, le premier point se rapportant aux innovations de la loi a été développé par l’honorable Sékou Fantamadi TRAORE. Il a expliqué que la Constitution du 25 février 1992 a laissé apparaître la nécessité de sa révision, après plus de 20 ans de mise en œuvre. A son avis, il faut cette révision afin de conformer notre loi fondamentale à l’évolution de la société.

S’agissant des innovations, il a confirmé d’abord à l’assistance que cette révision n’induit pas que le président peut faire plus de deux mandats comme certains sont en train de le faire croire. Il a ajouté que ce texte prévoit la création du Senat, conformément à l’Accord d’Alger.

De plus, il a indiqué que le président de la Cour constitutionnelle est nommé désormais par le président de la République. De même ce dernier peut mettre fin aux fonctions du Premier ministre qu’il nomme. La détermination de la politique de la nation par le président de la République est une innovation consacrée dans le texte devant être soumis à référendum.

Par ailleurs, a-t-il juré que les décisions auxquelles les députés sont parvenus ne visent que l’intérêt du Mali. Selon lui, ce texte n’est pas un document taillé sur mesure pour conforter IBK parce que cette révision survit à la personne de l’actuel président.

« Nous avons adopté ce texte parce que son contenu est bon. Je vous assure que nous n’allons pas trahir nos mandants pour une personne », a déclaré l’honorable Sékou Fantamadi TRAORE.

A sa suite, l’honorable DIARRASSOUBA a expliqué que presque toutes les préoccupations de l’Opposition ont été prises en compte. Sur les 43 amendements de l’Opposition, c’est seulement 5 qui n’ont pas été pris en compte parce qu’ils n’étaient pas fondés. Dans ces amendements, l’Opposition était contre notamment la possibilité de faire une révision des articles de la Constitution sans passer par le référendum et le processus même de la révision constitutionnelle au motif de violation de l’article 118.

« Le Sénégal a fait 14 révisions constitutionnelles sans passer par le référendum. Cette possibilité vise à rendre la procédure de révision pour certaines dispositions souple. Sinon, il n’y a rien en dessous. Quant à la violation de l’article 118, la Cour constitutionnelle a donné son avis sur le sujet. Selon lequel, au regard du droit international, il n’est pas porté atteinte à l’intégrité territoriale de notre pays», a informé l’honorable Mamadou DIARRASSOUBA.

Il a également rassuré les populations du cercle de Dioïla que cette révision n’est pas un matelas de confort pour un homme ou un groupe d’individus. Celui qui est l’initiateur, Ibrahim Boubacar KEITA, n’a d’autre agenda que l’agenda du Mali, a-t-il précisé. Par contre, ce que l’on peut lui reprocher est que s’il est fou d’une chose, c’est bien du Mali, a-t-il souligné.

Enfin l’honorable Mamadou DIARRASSOUBA a annoncé que des campagnes de sensibilisation et d’information seront initiées, dans les jours à venir, pour couper court à toute désinformation de la population.
En marge de cette restitution, des copies du texte adopté ont été distribuées aux services publics et privés ainsi qu’à des responsables de la société civile du cercle de Dioïla.

Par Sikou BAH

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