SBM et la présidentielle 2012 :Contre Modibo Sidibé, mais pour qui ?

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Si ce n’est pas pour déclarer sa candidature pourquoi organise t-il une rencontre à caractère politique  via l’Asma (une association créée par lui) et non au nom de son parti l’Adema dont il est un des vice-présidents ?  La question était sur bien des lèvres le week-end où Soumeylou Boubeye Maiga avait invité du beau monde à participer au « forum des leaders », l’intitulé officiel de la cérémonie. Il faut dire que l’intéressé avait dû entendre lui-même pas mal de rumeurs  -en est-il l’épicentre ou seulement la victime ? – lui prêtant l’intention d’être candidat à la présidentielle 2012. Les textes de son parti l’en dissuadent, l’Adema ayant déjà désigné son candidat. Mais cela était valable en 2007 et l’actuel chef de la diplomatie malienne était passé outre.  Apaisement donc chez ceux qui craignaient une réédition du scénario de 2007.


Comme chez cet inconditionnel qui savait qu’il pouvait compter sur l’intelligence de « l’animal politique qu’est Soumeylou» pour éviter au parti un déchirement inutile au moment où « l’Adema a besoin de toutes ses forces » et s’épargner lui-même « une autre aventure ». Une allusion à sa traversée du désert en 2007 où son parti dut l’exclure pour avoir tenu tête à son candidat de l’époque : Amadou Toumani Touré. Mais chez plusieurs barons du parti et même certains « analystes » de l’enfant terrible de Gao, l’angoisse demeure : « Soumeylou ne fait rien pour rien ». Pour eux, soit la rencontre du samedi a subi un changement de vocation à la dernière minute, soit elle est la première étape d’un projet à plusieurs étages. Et ce projet, c’est soit être candidat lui-même soit soutenir quelqu’un d’autre.


 Dans tous les cas, déstabiliser Dioncounda Traoré auquel un courant à l’Adema reproche tantôt « d’être désargenté » donc de n’avoir pas les ressources nécessaires à une victoire et tantôt de ne pas faire le poids devant un IBK, un Soumaila Cissé ou un Modibo Sidibé ».


Non aux indépendants
Le camp qui prête à Soumeylou Boubeye Maiga d’être déjà dans l’intrigue pour faucher l’herbe sous les pieds du candidat investi par le parti en juillet 2011 justifie, instruit ainsi son procès «  Franchement, comment Boubeye peut-il nous convaincre que cette rencontre  c’est pour soutenir Dioncounda ? ». Ils relèvent une omission : « pas une seule fois le nom de notre candidat n’a été prononcé » par un Soumeylou à la coupe de costume impeccable et en verve. Il ne peut pas invoquer le manque de temps. Car la copie presse de son discours compte  plus de 1000 mots sans compter les rajouts improvisés dont certains sont de véritables pépites. Première certitude cependant parmi plusieurs inconnues : Soumeylou ne roule pour aucun candidat indépendant. Il avait donc dû entendre qu’il était « au gouvernement pour aider Att dans son schéma pro-Modibo Sidibé ». « Le prochain président du Mali doit être issu d’un parti politique », affirme t-il sans ambages. Cela au moins est clair encore que les scrutateurs de l’animal politique auraient préféré une sentence plus forte et plus partisane « nous ferons tout pour que Dioncounda soit le  prochain président ». A ces spécialistes du procès d’intention, Soumeylou avait déjà sa réponse « ce qui nous réunit aujourd’hui ici, c’est notre appartenance commune au Mali ». Pour le reste, il se veut serein et en revendiquant 40 années de relations de confiance avec Alpha Oumar Konaré et 30 avec Amadou Toumani Touré, que personne ne vienne l’intimider «  Je suis un des principaux responsables membres fondateurs de l’Adema. Peut-être qu’un jour, le président Konaré pourra dire que même le nom -du parti- c’est moi qui l’ai trouvé » ! Il n’aura pas eu plus de sympathie pour ceux des Nordistes, qui dans leur juteux trafic d’influence essaient de lui faire croire qu’ils « respirent avec les narines d’Att, alors que dans cette salle et au-delà, j’estime que personne n’est plus proche d’Att que moi ».  A ceux de l’Adema qui doutent de lui, le président de l’Asma se dit pourtant « mobilisé » et assure : « nous allons travailler dans les jours, les semaines et les mois à venir, région par région pour que demain ce soit notre camp qui gagne ». Comment s’appelle ce camp ? Suivez la flèche !
Adam Thiam

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