Sombre année au Nord Mali : Entre occupation et confusion

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Dix mois de calvaire pour les populations du Nord du Mali suite à l’insurrection armée. Coupé en deux, le Mali cherche désespérément à se maintenir dans le concert des Nations. Après ses multiples repris tactiques et stratégiques, l’armée a fini par se camoufler au Sud du pays. Chronique d’une année 2012 sombre, surtout dans le septentrion. 

 Né de la fusion du Mouvement national de l’Azawad (Mna) et le Mouvement touareg du Nord Mali (Mtnm), le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) veut une République. À l’issue d’une  réunion entre le Mna et Mtnm du 5 au 15 octobre 2011, est né officiellement le Mnla le 16 octobre 2011. La création de ce mouvement a été favorisée par le retour massif des Touaregs de Libye, composés de civils et de militaires lourdement armés. Malgré le fait que des ministres dont celui de l’Administration territoriale, le général Kafougouna Koné, ont été dépêchés sur place pour les accueillir à bras ouverts avec un soutien financier de l’Etat de plus de 50 millions de F Cfa, cela n’a pas empêché la multiplication des revendications indépendantistes. La guerre en Libye où étaient installés beaucoup de Touaregs maliens, a été l’élément déclencheur de la quatrième rébellion. C’est le début d’une randonnée et de consultations qui ne donnent rien, car sur le terrain, après la ville de Ménaka aux mains du Mnla, le 17 janvier 2012, l’irréparable s’est produit à Aguel-Hoc. Quelques jours après, Ançar Dine revendique sa participation à la prise de la garnison de cette ville. Une vidéo dans laquelle apparaît avec une figure des rebellions touareg des années 90, Iyad Ag Ghaly. Cette vidéo de propagande montre que les hommes d’Ançar Dine ont attaqué un camp. Et, pour la première fois, aussi que le mouvement Ançar Dine s’identifie publiquement et revendique son rôle à la prise de la garnison d’Aguel-Hoc en janvier dernier. La déchéance gagne l’armée, les rebelles touaregs et leurs alliés contrôlent un tiers du Mali. À l’issue de combats très violents entamés et malgré plusieurs ravitaillements par voie aérienne de la garnison, ils ont réussi à en déloger les soldats gouvernementaux. Plusieurs officiers supérieurs et pas moins d’une quarantaine de soldats auraient été faits prisonniers. Des dizaines de milliers de personnes ont fui les zones de combats à l’intérieur du pays. Près de 80 000 d’entre elles se seraient réfugiées à l’extérieur, en Algérie, au Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso. Dans la foulée, le président Amadou Toumani Touré (ATT) est accusé de mollesse dans la lutte antiterroriste, pour ne pas dire de collusion. La suite, on la connaît : le pouvoir d’ATT chute le 22 mars 2012 suite à un coup d’Etat. Et en moins d’une semaine après cette chute ATT, du 29 au 31 mars 2012, successivement les villes de Kidal et de Gao sont occupées. Puis Tombouctou ne résistera pas, elle est prise le 1er avril 2012.

ATT chute, le nord tombe

 Après la prise de Kidal le 29 mars 2012, l’armée malienne dit avoir évacué deux nouvelles localités du Nord-est du pays, Ansongo et Bourem. La junte demande un soutien « extérieur » pour endiguer l’avancée des insurgés. Après 48 heures de combats, le groupe armé islamiste Ansar Dine, appuyé par des éléments du Mouvement national pour la libération de l’Azawad, le groupe rebelle touareg, a pris finalement le contrôle de Kidal dans la matinée. Le chef d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, natif de la cité, a fait peu après une entrée triomphale dans la ville où il est arrivé « à la tête d’un cortège de véhicules, sur lesquels flottait le drapeau noir frappé du sceau du prophète, habituel emblème des salafistes et des islamistes radicaux.

Du coup, l’armée se regroupe  et se « renforce » où se trouvait  son état-major régional à Gao. Acculée par les rebelles, totalement isolée sur la scène internationale, la junte, par la voix de son chef, le capitaine Amadou Haya Sanogo, a jugé la «situation critique». «Les rebelles continuent à agresser notre pays et à terroriser nos populations » et « notre armée a besoin du soutien des amis du Mali», se lamentait le capitaine Sanogo au cours d’une conférence de presse. Ce soutien ne parviendra pas et les villes de Gao et de Tombouctou tombent sans résistance. Déjà, les Etats-Unis se sont dits « très inquiets » de l’avancée des rebelles touaregs et ont pressé une nouvelle fois encore la junte militaire à se retirer.

 Mnla et Ansar Dine signent un protocole d’accord

 La médiation ouest-africaine salue l’accord annoncé entre les rebelles touaregs du Mnla et ceux du mouvement islamiste Ansar Dine. «Il est toujours mieux d’avoir à négocier avec un seul groupe qu’avec plusieurs aux intérêts parfois diamétralement opposés», a déclaré le médiateur burkinabè Djibril Bassolé. Mais, si des deux côtés, on confirme ce dimanche 27 mai 2012 la signature, la veille, d’un protocole d’accord entre les deux mouvements rebelles du nord du Mali, tout ne semble pas réglé. Curieusement, le communiqué commun promis par le Mnla et Ansar Dine, se fait attendre. La charia doit-elle être appliquée telle qu’Ansar Dine la réclame ? Le mouvement salafiste doit-il prendre ses distances officiellement avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et condamner le terrorisme ?

Après cette signature, certains observateurs s’interrogent sur le rôle d’Aqmi et sur la légitimité de la fusion entre le Mnla et Ansar Dine.  Quelques jours après, dans un communiqué du bureau politique et du bureau exécutif, le Mnla rejette catégoriquement l’accord signé le 26 mai 2012 avec Ansar Dine à Gao. Le Mnla dénonce ce texte jugé trop radical, contraire à ses valeurs.

 Affrontements violents et sanglants à Gao : le Mujao chasse le Mnla

La cohabitation devient difficile entre les différents groupes au mois de juin 2012. Après la révolte des jeunes de Gao pour condamner fermement le meurtre de l’élu communal, Idrissa Oumarou, la jeunesse de la ville, en a décousu avec les indépendantistes du Mnla. L’affrontement a fait au moins deux morts et plusieurs blessés graves. Sur ce, le Mujao sorti de sa réserve, a livré un combat sans merci pour chasser les bandits du Mnla hors de Gao. Par la suite, le Mnla a été contraint de quitter les autres localités qu’il occupait dans le Nord. Place maintenant à la charia : une centaine de femmes ont manifesté en octobre 2012, à Tombouctou, contre son imposition. Avant, une manifestation anti Ansar Adine/Aqmi a eu lieu le 24 avril 2012.  L’imposition de la loi islamique a donné lieu à des amputations à Ansongo, à Tombouctou et à Gao. En clair, le témoignage ci-dessous établit la réalité des exactions pratiquées par des groupes islamistes.

«Vers 15 heures,  j’ai été appelé pour assister à l’amputation. Ils m’ont fait emmener sur la place publique d’Ansongo. Des gens m’avaient fait asseoir sur une chaise, ils m’ont ligoté les pieds contre les pieds de la chaise, ils m’ont également ligoté le torse contre le dossier de la chaise, mes avant-bras ont été attachés aux abords de la chaise. Puis, le chef du Mujao a pris mon avant-bras droit et l’a ligoté avec une chambre à air de bicyclette, comme garrot. Il a tenu ma main droite avec sa main gauche. De sa main droite, il tenait un couteau. Il a dit « Allah Akbar » avant de commencer à couper mon poignet». Depuis le 8 août 2012, Alhader Ag Almahmoud, il s’agit de lui, l’amputé de 30 ans, éleveur touareg de la région de Gao, n’a plus de main droite. Accusé de vol de bétail, il a été amputé, sur la place publique. Il n’a reçu aucun soin huit jours après son amputation.

 Douentza aux mains des islamiques

 En début du mois de septembre 2012, les islamistes du Mujao s’emparent de Douentza, à l’Est de Mopti, considéré comme la ville carrefour entre le Nord et le Sud du Mali. Les islamistes du Mujao sont entrés à Douentza pour neutraliser les milices d’autodéfense. Leur chef affirme vouloir rester pour longtemps dans cette localité. Pour sa part, le ministère de la Défense parle de quatre ou six véhicules, mais des habitants disent plutôt en avoir vu dix, dix 4/4 remplis d’hommes en armes qui se sont dirigés vers la base des milices Ganda Iso. Des milices peuh dites d’autodéfense qui entendent protéger les populations contre les groupes armés qui contrôlent le Nord. Les islamistes sont menés par Oumar Ould Hamaha, à la fois proche du Mujao, d’Ansar Dine et d’Aqmi. Déjà, il avait été vu dans la ville à plusieurs reprises, avant la fin du Ramadan. Mais, contre toute attente, le ministère de la Défense n’envisagera aucune intervention de l’armée.

Organisation des assises sur l’occupation

C’est en octobre 2012 que la Coalition pour le Mali (Cpm) a organisé les assises sur l’occupation. L’événement s’est déroulé du 3 au 4 du même mois et a regroupé les représentants des villes sous occupation. En organisant ces assises, le vice-président de la Cpm, Tiébilé Dramé et son équipe voulaient donner la parole à ceux qui sont privés de leurs libertés sur leur terroir. Ainsi tour à tour, ceux-ci ont pris la parole et il s’est dégagé une forte proportion, favorable à l’usage de la force pour chasser les envahisseurs.  En clair, lobjectif de ces assises était de donner d’une part, la parole aux habitants des régions occupées afin qu’ils parlent de leur vécu sous l’occupation et formulent eux-mêmes des propositions de sortie de crise ; et d’autre part, de mettre à la disposition de l’Etat des propositions de sortie de crise ; et enfin, de faire des forces vives des régions occupées des partenaires incontournables dans toute recherche de solutions aux crises du Nord du Mali. Mais au finish, une résolution consensuelle n’a pas pu être dégagée.

Le 6 décembre 2012, Ansar Dine et Mnla acceptent de «dialoguer» avec Bamako

Le gouvernement malien et les groupes armés Ansar Dine et Mnla qui discutaient directement, pour la première fois, se sont engagés mardi 4 décembre 2012 à Ouagadougou à un «dialogue». Le gouvernement malien a exigé le respect de l’intégrité territoriale et l’unité du Mali, et la laïcité de la République comme préalables. Ainsi, le principe de la négociation est acquis. Le mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) ne ferme pas la porte aux négociations, mais la question de l’autodétermination, revendication principale du mouvement, se retrouvera sur la table. Pour le porte-parole du mouvement, Moussa Ag Assarid, il faut aller aux négociations sans préalables, et c’est autour de la table qu’il peut y avoir des concessions.

 L’engagement de la communauté internationale

 Après avoir hésitée à maintes reprises, le Conseil de sécurité de l’Onu devrait bientôt autoriser l’intervention militaire dans notre pays.  Car, le Mali a demandé mercredi 5 décembre, au Conseil de sécurité des Nations Unies une «action rapide» pour autoriser le déploiement d’une force internationale dans le Nord du pays, tenu par les islamistes. Et ce, malgré les hésitations du Secrétaire général Ban Ki-moon, qui adopte une approche prudente. Par ailleurs, l’Onu a placé  le Mujao sur sa liste noire. Selon des sources, au sein du Conseil de sécurité, personne ne doute qu’il y aura bel et bien une intervention militaire au Mali. Le Conseil estime avoir répondu aux hésitations du Secrétaire général Ban Ki-moon en ajoutant un volet politique, en plus de l’option militaire. Le feu vert du Conseil de sécurité sera voté d’ici à la fin du mois.

L’Ambassadeur français, Gérard Araud, estime qu’il ne faut pas dramatiser cette opération militaire. «On a un peu l’impression que ça va être la charge à travers le désert. Vous savez, le Mali c’est quelques villes. L’ennemi, tout le monde dit qu’il est lourdement armé : c’est une plaisanterie. Il est armé, mais ce sont des bandes de bandits. Ils n’ont pas d’entraînement militaire. Le vrai risque, en termes militaires, c’est qu’ils partent de Tombouctou et de Gao et qu’ils aillent dans le désert. Ensuite, il faudra tenir le terrain», explique-t-il.

Le coût de l’envoi d’une force de 3300 hommes, sans doute autour de 200 millions d’euros, sera supporté par l’Union européenne, les Etats-Unis, la France et l’Onu. Cette force se déploiera d’abord à Bamako pendant au moins six mois pour «reconstruire» l’armée malienne. La reconquête des territoires du Nord ne débutera sans doute pas avant le mois de septembre 2013.

Les Etats-Unis en soutiennent en effet le principe, mais ne sont pas prêts à y participer. La question d’un soutien aérien, notamment, n’a pas été tranchée. «A ce stade, il n’y a ni projet, ni intention d’avoir un soutien impliquant des troupes américaines sur le terrain. Pour l’instant, nous n’apportons qu’un soutien de préparation à cette intervention et nous allons voir comment nous pourrions fournir de l’entraînement et de l’équipement à nos partenaires», soutient Amanda Dory.

Washington continue de privilégier la tenue d’élections avant toute intervention militaire. Il faut avancer simultanément sur les différentes questions, affirme Johnnie Carson : «Le retour à la démocratie ne devrait pas être l’otage d’un succès de l’opération militaire, et les opérations militaires ne devraient pas être les otages du retour à la démocratie. Nous devons faire de tous ces points des objectifs vers lesquels avancer simultanément». Et pour trouver une solution durable à la crise malienne, Johnnie Carson insiste sur le rôle que l’Algérie et la Mauritanie devront jouer. Un rôle «crucial», estime le Secrétaire d’Etat adjoint américain.

 Corridor humanitaire

 C’est la Croix rouge malienne qui ouvre la voie au couloir humanitaire. Depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, les populations du Nord du Mali, en l’occurrence celles de Tombouctou, de Gao et de Kidal, souffrent terriblement. Coupées du reste du pays à cause d’une occupation illégale des bandits armés du Mnla et des combattants d’Ansar Dine, elles manquent de tout. 

Ainsi,  du 19 au 21 avril 2012, une délégation de la Croix rouge malienne, conduite par son président d’honneur, Adama Diarra, par ailleurs Directeur général du Fonds de solidarité nationale, a mené une opération humanitaire test à Tombouctou. L’objectif étant d’aider à ouvrir le couloir humanitaire tant souhaité. Cette délégation a donné à la population de Tombouctou, l’espoir de vivre en apportant des dons d’une valeur de 8,6 millions de Fcfa.

En plus, la délégation a eu des entretiens fructueux avec les leaders des deux mouvements armés, à savoir, le Mnla et Ansar Dine qui ont accepté la proposition de la délégation de la Croix rouge relative à l’ouverture du couloir humanitaire, non seulement pour la région de Tombouctou, mais également pour celles de Gao et de Kidal.
Cette initiative a été suivie de la caravane humanitaire du «Collectif Cri de cœur» pour le Nord du Mali qui a fait acheminer des dons dans les hôpitaux de Gao et de Tombouctou. C’est le vendredi 13 avril 2012, que la première caravane humanitaire du «Collectif Cri de cœur» pour le Nord du Mali a ouvert le corridor humanitaire afin d’approvisionner d’urgence les populations en denrées alimentaires de première nécessité et en médicaments. Pour matérialiser ces actions, un appel a été lancé à d’Ançar Dine pour l’envoi d’urgence de médicaments. Il sera suivi d’un autre appel du Mnla se disant prêt à assurer la couverture sécuritaire des convois. Des contacts sont désormais permanents entre tous les acteurs engagés sur ce front d’un corridor humanitaire. Une enveloppe a été mise à la disposition du Mali par la Cédéao pour l’urgence humanitaire. L’Onu qui ne s’en cache pas, avance le chiffre de 320 000 déplacés-réfugiés parmi les populations et diverses organisations communautaires estiment que des familles accueilleraient au Sud, en moyenne 15 personnes fuyant les régions du Nord. Sans oublier, les nombreuses initiatives du Haut conseil islamique du Mali, de Médecins sans frontières, entre autres.

 Missions de bons offices 

 Juillet 2012, en vue d’entamer un dialogue avec les occupants, une délégation du HCI est allée à la rencontre d’Ansar Dine. Elle avait pour mission d’engager des négociations avec les groupes islamistes armés qui contrôlent cette partie du pays. Dès son arrivée à Gao, Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali (HCI), a rencontré les notables et les chefs religieux de la ville. Ils ont plutôt approuvé sa démarche de venir sur place en ce mois de Ramadan, en signe de solidarité et surtout pour privilégier les négociations avec les groupes armés qui contrôlent le Nord du Mali, afin d’obtenir leur départ du territoire national. Même si l’interlocuteur privilégié de Mahmoud Dicko devait être Iyad Ag Ghali, leader du groupe islamique Ansar Dine. Selon nos sources, ils ne se sont pas encore rencontrés sur le terrain, mais depuis quelques mois, ils sont en contact. Auparavant, en mai dernier, Iyad Ag Ghali avait libéré sans contrepartie plus de 160 militaires de l’armée régulière faits prisonniers dans le Nord du Mali et ces soldats avaient été remis au HCI.

Idem pour la Coalition pour le Mali qui a dépêché une mission sur le terrain ; l’Association Guinna Dogon et d’autres structures de la société civile se sont illustrées dans la prise de contact avec les occupants.

En plus de ces faits, d’autres événements ont marqué l’actualité au Mord du Mali. Il s’agit de la création de milices d’autodéfense et d’organisations dédiées à la crise.

Mahamane CISSE

SOURCE:  du   27 déc 2012.    

Une Réaction à » Sombre année au Nord Mali : Entre occupation et confusion

  1. nonalinertie

    Espérons que la diplomatie malienne à Ouaga, Abidjan, Cotonou, Dakar, dans d’autres Capitales africaines ou mondiales, nous aidera rapidement à réunir :
    - LES 3300 HOMMES DE LA CEDEAO ;
    - LES 200 MILLIONS DE DOLLARS,
    - LES APPUIS AERIENS,
    - l’opérationnalisation d’un système de RENSEIGNEMENT FIABLE AVEC LES NOMADES,
    - ET LA MISE EN PLACE DE BRIGADES D’AUTODEFENSE ENCADREES PAR L’ARMEE DANS TOUS LES VILLAGES ET VILLES DE LA LIGNE DE FRONT. Sinon, Django sera CMD. Et les sites dégarnis continueront d’être la proie idéale des bandits armés, comme aujourd’hui, comme aux derniers jours d’ATT. Et le CNDERRIERE continuera à nous terroriser au Sud.