Soumaïla Cissé face à la presse gabonaise : “Je ferai des réformes pour que le gouvernement et l’Assemblée nationale soient constitués de 30% de femmes et de jeunes”

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Après la rencontre qu’il a eue avec les quelque 7 000 militants et sympathisants de son parti à Libreville, le lundi dernier, le candidat de l’URD à l’élection présidentielle du 28 juillet prochain, Soumaïla Cissé a été interrogé par la presse gabonaise sur plusieurs questions d’actualité. Le récit de notre envoyé spécial.

 

Soumi Au cours de ce périple de cinq jours qui l’a conduit dans cinq pays, le candidat de l’URD, Soumaïla Cissé a animé, à l’étape du Gabon, une conférence de presse à l’hôtel Méridien où il résidait avec l’ensemble des membres de sa délégation. Entouré de quelques membres de la direction de son parti et de son directeur de campagne pour le Gabon, le candidat de l’URD s’est prêté, une heure durant, aux questions de nos confrères de la presse gabonaise, au nombre d’une trentaine de la presse écrite, en ligne et audiovisuelle.

 

 

Dans un exposé liminaire, Soumaïla Cissé a dit, parlant du Mali, que “ nous sommes dans un pays qui essaie de sortir d’une crise difficile. D’abord on a connu une crise militaire profonde qui est en voie de solution “. Pour lui, il y a aujourd’hui un autre défi à relever, à savoir la paix sociale, la réconciliation nationale. Ce à quoi, a-t-il dit, le gouvernement du Mali s’attèle avec l’aide de la CEDEAO et de la médiation burkinabè. Il faudra maintenant, a-t-il souhaité, qu’un dialogue fécond s’établisse dans la durée et que les communautés se retrouvent le plus rapidement possible. L’autre préoccupation majeure, selon lui, ce sont les prochaines élections qui doivent permettre au pays de revenir à une vie politique normale par l’élection d’un président de la République et la mise en place d’un gouvernement légitime. En attendant l’ouverture de la campagne électorale en début juillet, ” nous sommes en train de faire le tour en Afrique Centrale où j’ai déjà été au Congo à Pointe Noire et à Brazzaville, à Kinshasa en RDC, à Malabo et à Bata en Guinée Equatoriale et maintenant à Libreville où on a été très bien accueilli par la communauté malienne vivant au Gabon “, a-t-il souligné.

 

A la question d’un confrère gabonais qui se demande s’il ne fallait pas d’abord pacifier et réunifier le pays pour ensuite organiser des élections, Soumaïla Cissé a répondu en ces termes : ” On ne peut pas attendre que tout soit nickel pour organiser des élections et cela quel que soit le pays. Ce qu’il faut, c’est qu’il y ait la transparence et des chances égales pour tous…Après cela, il sera beaucoup plus facile de résoudre les problèmes qui se posent au pays.

 

 

Tous les protagonistes sont unanimes sur cette question. Il n’y a pas d’élection sans Kidal et je m’apprête, d’ailleurs, à aller très bientôt à Kidal…“. Répondant à une question relative aux multiples agressions dont des journalistes ont été victimes après le coup d’Etat, Soumaïla Cissé a, une fois de plus, rappelé le rôle important que joue la presse dans une démocratie et la liberté dont elle doit jouir. ” Il y a une aide publique à la presse au Mali qu’il faudra certainement augmenter. Mais il s’agira aussi d’aider la presse malienne à mieux se former “, a dit Soumaïla Cissé.

 

Le candidat de l’URD a également insisté sur le fait qu’il faut que les institutions républicaines soient fortes, c’est-à-dire la présidence de la République, le gouvernement, l’Assemblée nationale, l’Armée mais aussi la société civile. Il nous faut, selon lui, une justice respectée et équitable. Voilà, a-t-il dit, les vraies institutions autour desquelles, il faudra bâtir le pays et conforter la démocratie. A la suite de cela, il faut, a-t-il insisté, que ces institutions ne soient pas dévoyées. L’autre pilier qu’il a promis de renforcer, “c’est la société civile qui sera forte, responsable afin quelle puisse, quelque part, jouer le rôle de contre-pouvoir “. Il y a aussi, selon lui, comme priorité, la promotion d’une économie forte basée sur nos ressources et qui créé des emplois, principalement, pour des Maliens. Parmi ses engagements, il a promis l’amélioration des services sociaux de base, à savoir, entre autres, la santé, l’assainissement, l’accès à l’eau et au logement.

 

L’un des piliers de son programme, a-t-il dit, concerne principalement les jeunes et les femmes. Il s’agit, selon le candidat de l’URD, de mieux prendre en charge leurs problèmes et préoccupations. Surtout qu’avec les nouvelles technologies, les générations actuelles sont mieux outillées, mieux informées et peut-être même plus intelligentes. Elles ont, de ce fait, besoin d’être plus responsabilisées, d’après le conférencier. Quant aux femmes de manière plus spécifique, elles sont aujourd’hui beaucoup plus instruites, plus responsabilisées et participent de façon active à la vie politique et sociale. C’est pourquoi, le candidat de l’URD veut, s’il est élu président de la République, procéder à des réformes en faveur des femmes et des jeunes afin que ces deux couches soient représentées à hauteur de 30% au gouvernement et à l’Assemblée nationale.

 

Cette conférence de presse, suivie d’un déjeuner, a été la dernière activité du séjour librevillois de Soumaïla Cissé au Gabon qui a regagné le bercail, après un bref séjour sur le chemin du retour, dans la capitale ghanéenne,  Accra. Là, c’est le légendaire joueur de foot, Abedi Pélé qui l’a reçu en bas de la passerelle de l’avion spécial affrété pour la tournée.

             Mamadou FOFANA

Envoyé spécial

 

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2 COMMENTAIRES

  1. « ….. Revaloriser la parole citoyenne, réformer les institutions démocratiques, limiter le pouvoir des élus. Tout est dit comme si « faire de la politique autrement » exigerait de modifier le contenant plutôt que le contenu, la forme plutôt que la substance de la politique ». Selon Louise Beaudoin au moment d’expliquer sa démission du Parti Québécois après plus de quarante ans de militance.

    Demande D’explication Des Citoyens Maliens à leurs politiciens

    Face à la gravite de la situation dans laquelle notre pays se trouve, et aux égards des échéances électorales importantes et essentielles pour la survie de notre cher pays, il est plus qu’important de doter chaque citoyen (le plus possibles) d’outils d’analyse et d’alerte pour déterminer son choix. Car, le temps des grandes déclarations et « des intentions nobles » est révolu. Il importe donc maintenant de connaître réellement les candidats qui se bousculent au portillon et de mesurer la réalité de leurs convictions et de leur patriotisme. Il doit y avoir un passage incontournable pour tous ces candidats pour s’expliquer sur ce qui le motive et où ils veulent mener le pays, mais aussi rendre compte de ce que leur avait été confié dans des responsabilités antérieures, bref il s’agit pour eux de nous convaincre de leurs capacités réelles et de leur patriotisme.

    Ces années de démocratie de façade ont cruellement mis en évidence la carence de la classe politique et l’absence totale du leadership malien. Dans la situation de déliquescence actuelle du Mali, et à laquelle la classe politique malienne existante en a fortement contribué, il est impératif d’entamer une refonte fondamentale, faute de quoi c’est l’existence même du Mali qui se trouve menacée. On pourrait ainsi remédier aux différents dysfonctionnements de notre société en tant que Nation moderne en usant au mieux des standards internationaux et en s’attaquant réellement à notre problème numéro 1 : le sous-développement.

    Vous avez cautionné le cannibalisme économique et financier au Mali

    Malgré qu’elle soit vue comme la forme de gouvernance la plus appropriée de nos jours, la démocratie surtout de façade au Mali n’a servi qu’à la montée en puissance d’une classe politique sans pudeur et sans scrupules qui s’adonna au pillage systématique des maigres ressources disponibles, cela entrainant progressivement les scandales politiques et financiers que vous connaissez tous. Cette démocratie d’opérette naquit avec des défaillances car non basée sur un état existant fort et des contre-pouvoirs permettant d’ériger les fondements d’une nation moderne. En lieu et place, on vit la corruption devenir donc le seul principe, la seule règle.

    Elle (la corruption) substitua l’intérêt privé à l’intérêt public. Si elle permît aux uns de s’enrichir de façon frauduleuse et éhontée, elle ravagea tout sur son chemin et sema plus de dénuement, de pauvreté, et de misère au Mali. Non seulement, elle détraqua le fonctionnement normal du pays en entier, mais aussi elle atteignit tous les compartiments de notre société, attaqua nos foyers et engloutit les talents utiles à la vie de notre nation et à l’épanouissement de chaque citoyen. De plus, elle détruisit les fondements de l’Etat de droit, nia les principes d’égalité et de transparence tout en mettant les services et les deniers publics à votre disposition, vous les candidats nantis (nous devrions dire les candidats qui se sont nantis), et c’est vous aujourd’hui qui avez les moyens de faire les tournées en Afrique, en Europe et en Amérique.

    Cette corruption et ses conséquences sont symptomatiques des régimes de AOK et de ATT ainsi que des leaders politiques qui ont gouverné ces 22 dernières années, et qui sont en grande partie responsables de cette grave crise que traverse notre société

    Il est sans doute facile de voir combien corrompus, sales et sans morale vous êtes. Si non, comment comprendre qu’un fonctionnaire d’un Etat aussi pauvre que le Mali se présente avec les patrimoines dont vous faites étalage ? Pourquoi et comment votre patrimoine a si vite augmente en un laps de temps ? Etiez-vous milliardaire avant 1991 ? D’où est ce que vous avez eu cet argent ? N’est-ce pas là vraiment l’argent du contribuable malien ? Qu’est-ce qui est réellement le fruit de vos efforts ?

    On peut distinguer quatre principales sources de richesse qui sont : Le vol, l’héritage, la valeur intrinsèque, ou le jeu du hasard

    Dans quelle catégorie devons classer nos hommes politiques en général, et vous les candidats nantis en particulier ? Lequel avait des parents riches ? Lequel a hérité ? Lequel peut se prévaloir de sa valeur intrinsèque pour amasser de telles richesses en si peu de temps?

    Il est toujours noble de croire à une pauvreté logique qu’a une richesse illogique

    Surtout n’oubliez pas que, pour ceux qui se disent musulmans, vous aurez à rendre compte, si c’est vraiment en Dieu qu’ils croient !!!

    Vous avez sponsorisé le Cannibalisme Social, et facilité le viol de notre pays dans son amour propre, dans sa dignité et dans tout ce que nous avons de plus cher.

    Déterminés à donner un sens véritable aux valeurs républicaines enseignées et défendues par le premier président de la république et tous ceux qui ont mené le pays à l’indépendance, nous constatons votre indifférence, votre insouciance et votre silence quand les valeurs de la république se détérioraient sous les régimes d’AOK et d’ATT. En l’occurrence, l’école par laquelle doit être transmises les premières valeurs de la république fut abandonnée sous vos différents magistères. Ainsi, les grands concepts qui la fondent, tels que les idées de liberté, d’exercice de citoyenneté, d’éducation civique, et de la pratique du dialogue furent lâchées. Les programmes éducatifs, occasions de réunir les élèves autour des grands projets, pour préparer l’élève malien à respecter les règles de conduite et de civisme ne furent jamais encouragés et soutenus. Ainsi, l’élève malien, disons plutôt le fils du pauvre, devint un néo-analphabète laissé a son propre sort. Au finish, il doit apprendre de lui-même comment vivre en société, et devenir un citoyen responsable, conscient et averti des règles qui fondent sa république quand devant ses yeux s’étalaient les richesses confisquées par une minorité et l’impunité des voleurs.

    Les conséquences de votre négligence (volontaire ou pas) pendant des décennies de la jeunesse malienne sont une réalité. Elles sont plus que plus visibles aujourd’hui, surtout quand le pays traverse la plus déconcertante période de son existence. Une chose est sure, toute jeunesse normalement éduquée et encadrée serait en train de vous bouter hors de la scène politique pour prendre en main le devenir de son pays !!!

    L’histoire retiendra que vous êtes responsables de l’état de notre république. Car, vous n’avez jamais proposé un contrat entre l’école des Malien de base et la république telle que voulue par Modibo Kéita.

    Félicitions à vous d’avoir eu ce que vous avez prévu, c’est à dire une jeunesse moins formée, moins patriote, donc faible et facile à manipuler. Mais, Honte à vous car vous devriez être source d’inspiration de cette jeunesse que vous auriez dû former.

    Devant cette carence politique et d’absence totale de leadership, devant tant d’injustice envers les plus pauvres et les plus vulnérables, devant tant de manipulation de notre peuple, devant tant d’indifférence à l’égard de ses droits fondamentaux, devant tant de vol de ses biens publics,…. le peuple malien se trouve enfin dans la légitimité de réagir et de choisir son prochain président. L’échec est patent, et les faits sont têtus. Chaque acte que vous avez posé fut noté, mémorisé et classé dans la liste des coups infligés au peuple malien par des leaders insouciants, nous dirions même apatrides compte tenu de la gravité des actes. Vous avez réellement échoué dans votre leadership. Car, être un leader c’est de conduire les gens par le biais de l’influence que vous exercez à une prospérité sociale, économique et où le patriotisme prend toute sa place. C’est d’être en mesure de motiver, de gagner la confiance des gens, d’assumer des responsabilités, d’être en mesure de changer les situations, d’exercer l’autorité de l’Etat,…. Le temps est venu pour que le peuple malien juge de vos actes.

    Nous attendons un modèle de gouvernance diffèrent de celui des vautours des « grands partis » (UDPM, ADEMA, URD, RPM, PDES) des 45 dernières années. Affairisme, copinage, népotisme, clientélisme sont les qualificatifs qui conviennent le mieux à tous ces groupes d’acteurs de ces GIE qui sont en réalité des GIP (groupements d’intérêts personnels) et inconscients. Malheureusement, ils nous viennent aujourd’hui tout enorgueillis, parés de vertus nouvelles et voulant nous faire croire qu’ils sont là pour l’intérêt supérieur de la nation. De surcroit, ils se prétendent toujours être les sentinelles d’un peuple qu’ils ont volé, violé, marginalisé, et trainé dans la farine de la corruption, du mensonge, de la bassesse et de l’humiliation.

    Non, non, non plus. Nous ne devrons en aucune manière voter pour quiconque a émergé ou émerge de ces partis politiques à caractère ploutocratique et oligarque.

    Les raisons pour lesquelles nous ne voterons pas pour vous

    L’heure n’est plus à cette morosité civique, intellectuelle. Une chose est sûre, nous ne voterons plus les yeux fermés. Nous ne voterons pas pour un candidat responsable de la décadence de notre pays.

    1- Nous ne voterons jamais pour vous sans que vous ne nous expliquiez comment vous avez réussi à avoir un tel patrimoine

    2- Nous ne voterons jamais pour vous sans que vous ne nous expliquiez comment vous payez les frais d’études de vos enfants dans des universités américaines, canadiennes et Européennes (environ 30 millions CFA par an).

    3- Nous ne voterons jamais pour vous sans que vous nous disiez ce que vous avez fait quand la démocratie vacillait

    4- Nous ne voterons jamais pour vous sans que vous nous parliez de ce que vous avez fait pour lutter contre l’impunité pour que chaque gouvernant soit responsable de ses actes.

    5- Nous ne voterons jamais pour vous sans que vous nous disiez ce que vous avez fait face à l’effritement du système scolaire

    6- Nous ne voterons jamais pour vous sans que vous nous disiez ce que vous avez mis en place pour changer le comportement du Malien afin le mettre en harmonie avec le contexte international.

    7- Nous ne voterons jamais pour vous sans que vous nous disiez ce que vous avez fait quand vos parrains politiques détruisirent nos valeurs sociétales et républicaines.

    8- Nous ne voterons jamais pour vous sans que vous nous disiez ce que vous avez fait pour renforcer notre système démocratique.

    9- Nous ne voterons jamais pour vous sans que vous nous disiez ce que vous avez fait quand AOK et ATT démilitarisaient notre armée

    10- Nous ne voterons jamais pour vous car vous n’avez jamais eu de projets politiques concrets et dignes de ce nom pour ce peuple larmoyant.

    11- Nous ne voterons jamais pour car vous êtes plein de prétentions et de présomptions

    12- Nous ne voterons jamais pour vous car vous n’avez pas de projets de développement pour ce peuple qui somnolait et qui vient de se réveiller pour ne plus accepter n’importe quel sort.

    13- Nous ne voterons plus sans prendre le temps de lire un programme électoral

    14- Nous ne voterons plus pour un candidat qui a pris le peuple Malien pour un naïf prompt à gober ses mensonges des années durant.

    En résumé, nous devons choisir notre prochain président en fonction de Modibo Keita, le seul référentiel Malien existant à ce jour. En cela, nous parlons d’intégrité, du sens de L’Etat, et des valeurs sacrées de la République, car le Mali a besoin de quelqu’un qui pourra nettoyer les écuries. Je dirais à la Méthode d’Augias.

    Un autre Mali est possible et il faut y croire.

    Réseau de Citoyens Actifs-Mali

    Source: Réseau de Citoyens Actifs-Mali

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