Système de gouvernance au Mali : Démocratie ou simulacre de démocratie assassinée ?

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De son indépendance en 1960 à nos jours, le Mali a connu trois régimes de gouvernance politique. Si le père fondateur de la nation, Modibo Kéita avait opté pour le socialisme, le putschiste Moussa Traoré se plaisait avec la dictature sans partage. Laquelle dictature qui l’avait conduit à la déchéance en mars 1991.  La démocratie a vu le jour avec l’arrivée des militaires puis celle d’Alpha Oumar Konaré. Mais ce qui brûle les esprits aujourd’hui est de savoir si cette « démocratie » est réellement celle dont l’on devrait s’inspirer. Alors la question qui mérite d’être posée est la suivante : quel doit être le portrait d’un président démocratique ou un pays de bonne gouvernance démocratique ?

La démocratie, gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, s’oppose aux systèmes monarchiques, où le pouvoir est détenu par un seul, ou oligarchiques où le pouvoir est aux mains d’un groupe, d’une minorité de personnes.

Dans son sens originel du Ve siècle avant Jésus-Christ., la démocratie, issue du grec ancien dēmokratía, « souveraineté du peuple », de « peuple » et krátos, « pouvoir », « souveraineté », est le gouvernement de tous les citoyens. La citoyenneté, cependant, n’est pas forcément donnée à toute la population. Il convient toutefois de remarquer que dans la fameuse typologie d’Aristote présentée dans La Politique, procédant à la répartition tripartite monarchie-aristocratie-gouvernement du peuple, chaque forme de gouvernement étant susceptible de corruption, le mot démocratie désigne la forme corrompue de la république : lorsque le gouvernement du peuple dans l’intérêt de tous devient le gouvernement au seul profit des pauvres. Toutefois, les mots démocratie et république sont aujourd’hui presque confondus.

Cette confusion prend ses racines principales dans les réformes engagées autour de la cité d’Athènes dans la Grèce antique vers le VIe siècle avant J.-C. En effet, la courte expérience démocratique du Mali est riche d’acquis et de reculs qui en caractérisent l’évolution. Ainsi, en dix neuf ans, le vécu politique du pays se lit à travers : l’instauration du pluralisme (plus de 120 partis politiques : Ndlr), la mise en place et le fonctionnement des institutions de la République, la promotion de la démocratie locale à travers la décentralisation, l’existence d’une opposition peu organisée et soumise à une forte pression du parti au pouvoir qui en a fragilisé certains, le dépérissement du dispositif politique marqué par la déstabilisation du parti au pouvoir et un désaveu de la population face à la chose politique. A cela s’ajoutent : l’incapacité des hommes politiques à apporter des réponses appropriées aux préoccupations des populations, l’immobilisme des partis entre les périodes de campagnes électorales et  l’achat des consciences des électeurs sans « conscience » lors des scrutins. Les T-shirts ornés du logo des partis, les sacs de sucre aux goûts acidulés et du sel potassé font le bonheur d’une jeunesse dépourvue de toute envie au lendemain glorieux. Comme si cela ne suffisait pas, le résultat des élections est connu d’avance et surtout qu’en 2012, la fraude au grand soleil consacrera le futur « Kouloubain » !!!

 

Face à cette réalité, permettez-moi encore une fois de poser la question de savoir quel est le système de gouvernance démocratique au Mali : Est-ce une vraie démocratie ou un simulacre de démocratie assassinée ? Le débat étant ouvert, Wait and see !!!

 

YAYA S. GUINDO

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