Transition : Du pouvoir tricéphale à la castration des égos

7 réactions [-] Texte [+] Email Imprimer

Ils étaient trois têtes se disputant le même gibier (le Pouvoir). Le premier, hissé par la vertu des armes, est devenu un enfant de l’Histoire quand elle s’est accélérée, plus précisément le 22 mars de cette année. Le deuxième a eu la baraka de la Constitution, enfant du Droit et de ce qu’il porte comme sacralité. Parce que notre Loi fondamentale avait fait de lui l’ex-second de l’ex-premier pour qu’aujourd’hui il soit le premier d’entre nous. Mais a-t-il l’essentiel du Pouvoir, en dépit de la force du symbole ? Le troisième eut la bénédiction des circonstances pour être choisi en ce moment particulier où le feu de l’Histoire était ardent. Premier ministre riche d’une notoriété internationale dont la Nasa était le temple d’onction.

CMD, Sanogo, Dioncounda

Le premier, capitaine Sanogo, pour le nommer, avait consenti s’effacer, au moins derrière le rideau mais l’Acteur était encore présent pour régenter le champ. Il vient de prouver, pour ceux qui en douteraient encore, qu’il demeure le vrai maître au bord du Djoliba. D’un pouvoir tricéphale sans visage, il entend incarner le mystère d’un silence intéressé, d’une ombre qui fait peur, la main d’un pouvoir qui frappe sans trop parler.

Le second, le président Dioncounda, a le secret de la patience en plus de l’éclat d’un destin qui ne cherche mais finit par tout avoir. Il détient officiellement un pouvoir dont les vrais leviers sont dans les mains du président officieux, le premier acteur. Face à un PM coriace mais imprudent, le mathématicien n’a pas choisi l’hyperbole ni mathématique encore moins l’hyperbole littéraire mais l’Art du caméléon. Laisser et pousser l’adversaire à la faute avant d’inviter à sa moisson. Jeu d’échec entre nos trois acteurs, le pouvoir tricéphale n’avait jamais gagné ni en efficacité ni en visibilité encore moins en clarté sans parler de crédibilité. L’image du Mali en porta les conséquences quand les grandes «bouches» du monde s’interrogeaient : qui gouverne à Bamako ?

La réponse vient d’être donnée. Sanogo est, non l’iman caché, mais le président caché. Le troisième acteur, Cheick Modibo Diarra, avait suscité tant d’espoirs. Appelé par l’Histoire, porté par les circonstances, sur sa large poitrine, ce costaud au sens physique et psychologique tant ceux qui le connaissent le disent têtu et fonceur, le fardeau d’un Mali qui ne demandait qu’une transition vers plus d’unité, de sécurité et de stabilité. Fascinant par son caractère têtu qu’on aurait aimé voir utiliser contre les bandits du Nord, mais agaçant par son assurance quasi-méprisante, il a fini par multiplier ses ennemis, se fâcher avec le premier et le second.

L’agacement du militaire, la patience calculée du président mathématicien, l’imprudent entêtement de l’astrophysicien, ils étaient trop nombreux pour un pouvoir qui n’aime pas se partager. Surtout qu’officieuses restaient les lois du partage. Dans ce marigot politique où violence, médisances et méchancetés sont banalités, se croire invincible peut paraître suicidaire même si l’on a l’âme d’un taureau fonceur.

Le pouvoir tricéphale est aujourd’hui bicéphale sinon monocéphale mais une chose est sûre : son centre de gravité est à Kati. Les Nations palabrent mais elles ont la force de continuer leur marche même sans les destins individuels. D’un Mali qui ne demande qu’à survivre aux pièges mortels tendus sur son chemin, il faut espérer encore un sursaut patriotique en dépit des vicissitudes d’une actualité troublée, compliquée, alambiquée où le bruit des armes et des casernes n’a pas fini de perturber le sommeil de ceux qui ont élevé la démocratie en rang d’évangile. Les crocodiles politiques se mangent.

La politique est anthophage. Riche son cimetière de victimes. Mal conseillés ceux qui, un jour sur le trône ou sur une de ses ramifications, l’auront oublié. Le message de la junte est claire : elle n’est ni moribonde ni partie. Présente et surtout maître du jeu, elle entend rester au cœur du jeu. Et malin qui connaît la suite ! Nous avons trop pleuré le Nord pour pleurer un gouvernement qui n’a pas trop convaincu. Gardons nos réserves lacrymales pour nos frères du Nord, surtout notre Energie, s’il en reste encore, pour l’Unité et l’Avenir du Mali.

Que Dieu nous donne ceux d’entre nous, cachés dans ses secrets, destinés pour répondre tant à l’urgence du moment qu’à l’auguste incandescence du Devoir historique : celui du retour du grand Mali dans le concert des Nations stables candidates à la Dignité de la Liberté et du Progrès solidaire.

Yaya TRAORE

 
SOURCE:  du   16 déc 2012.    

7 Réactions à Transition : Du pouvoir tricéphale à la castration des égos

  1. Mogo2

    SANOGO MERDE !!!!!! :lol: :roll: :arrow:

  2. ADAM

    belle analyse!
    Le serpent à 3 têtes. Une tête est tombée. Une autre tombera certainement

  3. Djon Te

    :lol: quand Dioncuss sortait pour aller se faire soigner en france, Cheick Modibo DIARRA a ete la personne a se deplacer a l’ aeroport pour implorer a le laisser partir :lol:

    :lol: Quand Cheick Modibo DIARRA- dans la meme situation- Diocuss le laisse tomber et s’associe a Sanogo :lol:

    :!: Cheick Modibo DIARRA apprendrai a ses depends, qu’ au MALI en general et en politique en particulier, la bonne volontee et le sentimentalisme aussi bien que le volontarisme ne marchent pas :!:

    :oops: Mr Cheick Modibo DIARRA (si vous lisez ces lignes), J’ ESPERE QUE POUR LE FUTUR, VOUS COMPRENNEZ QUE LE MALI EST UN PAYS DE CHAROGNARDS, ET LES MALIENS ONT APPRIS DEPUIS 20 ANS LE CANIBALISME POLITIQUE ET ECONOMIQUE, EN FAMILLE ET EN SOCIETEE :roll:

    :oops: le Malien te laisse faire et s’ approprie tes resultat, il est irresponsable et pas reconnaissant donc tres doue en oublie, donc revient au meme point :oops:

    :lol: CMD, TA PROMESSE D’ ETRE LA A SERVIR ENCORE LE MALI RECONFORTE TOUS LES MALIENS, NOUS TE VOULONS FUTUR PRESIDENT DU MALI, MANAGER LE MALI POUR LES MALIENS :!:

  4. Sanogo fait son temps comme tous les capitaines qui ont pris le pouvoir avant lui.il sait bien qu’il finira comme eux c’est à dire à six pied sous terre. il tombera bientôt entre les mâchoires de l’histoire. Par ailleurs, on a plus rien à attendre pour commencer notre guerre; nos armes sont arrivées de la Guinée. Si d’ici l’anniversaire du coup d’État, rien n’est fait, le peuple comprendra le petit jeu de sanogo, et prendra ses responsabilités. On peut tromper le peuple pour un temps mais jamais pour toujours.

    • fakolyhakika1

      « Les armes furent, de tous temps, les instruments de la barbarie. Elles ont assuré contre l’esprit le triomphe de la matière, et de la plus pesante. Constamment la raison en fut opprimée, le jugement bafoué, le talent meurtri. Point d’erreurs qu’elles n’aient défendues, point d’ignorants qui n’y recourussent, point de brutes qui ne les aient brandies. »

      Général Charles De Gaulle.

  5. fakolyhakika1

    Il n’y a jamais deux sans trois. Ni sabata, ni trinita, c’est moi sartana!! Le premier qui sort la tête est mort. Diango EST ARRIVE. Et Les masques commencent à tomber. Attendons la fin du film.

  6. Kassin

    C’est événements se déroulent réellement entre 22 heures et 23 heures le samedi 15/12/2012 quelque part dans la banlieue bamakoise.

    -Officiers, Eh officiers venez voir!
    Venez vite!

    Eh Seyba, apporte moi la liste, vite!
    Allons dans la cour, allons, il fait plus frai la bas avec ce vent doux.

    -Garde à vous mon Capi, voilà la liste des ministres reconduits, tous nos ministres sont sur place et peau grattée à fait un bon boulot!

    -Bien Seyba, il me semble qu’il est plus intelligent que Big Man Zero, il va nous aider faire oublier le nord par les maliens pour un bon moment!
    Eh Seyba, appelle le Colonel-caporal!

    -Oui mon Capi, Ah là t’es devenu le meilleur chasseur du Mandé « Karamogo i dan sago »
    « Karamogo i dan i dan i ni ko »
    Même RFI et AFP, tout le monde parle de ce faux problème de nouveau gouvernement qu’on a créer.

    Personne ne parle plus du nord, à part une émission de TV5 , mais c’est loin d’être le succès.
    Les internautes maliens ne jurent que par Diango Cissoko et son gouvernement Cheick Modibo Diarra mais sans Cheick Modibo Diarra.

    T’es génial mon capitaine!

    -Avec quelques nouveaux quand même hein, Manga Dembelé, un nouvel arabe un certain Ould…
    Kiakiakiakiakia, je fais comme Tamacheq voleur, ce quand même marrant qu’on a pu détourner les maliens de tous leurs objectifs et tout le monde a oublié qu’on a reçu des armes débloquées de Conakry.
    Ah vraiment on est tranquille maintenant, même Kidal Info s’engouffre dans la dans tête baissée.

    -La magie est que ça marche à tous les coup et tout le monde croit que Diango va faire des miracles.

    -Miracles ou pas mon colonel-caporal, il faut qu’il nous donne plus de pignons que Big Man Zero sinon lui on lui fera trainer sur le goudron avant qu’il signe sa démission.

    Avertit le Lieutenant-capitaine Konaré pour qu’il suit de près!

    -Non Capi, on ne fait pas ça avant 8 mois, comme cela on gagnera autant de temps avant que quelqu’un vient nous déranger avec cette affaire du nord.

    -Eh Seyba, que disent les américains?

    -Ils ne veulent pas d’actions militaires au nord à cause de nous et de tous ce qu’on fait sur le pouvoir transitoire au Mali, et ils veulent un président élu carrément, ce que les maliens ne veulent pas.
    Tout le monde est d’accord avec nos bêtises.

    -Très bien Seyba, comme cela on dors tranquille à Kati ici pendant longtemps avec femmes et alcool.

    Elle n’est pas belle la vie?

    J+12