A propos de l’acharnement du président de l’assemblée nationale Issiaka Sidibé contre la presse : Le Syndicat National des Journalistes Reporteurs du Mali (SYJOR) s’indigne

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Le Secrétaire général du Syndicat national des Journalistes Reporters du Mali « SYJOR », M. Baye Coulibaly, a animé un point de presse, jeudi dernier à la Maison de la Presse. C’était pour exiger du Président de l’Assemblée Nationale Issiaka Sidibé de présenter ses excuses à la presse. Pour la circonstance, le conférencier principal était entouré par M. Amadou Maiga, représentant de la Maison de la Presse et du représentant de l’UNAJOM.

« Une des plaies en passe de gangrener notre démocratie et certaines libertés fondamentales réside dans le non respect des règles déontologiques et les manquements graves aux cahiers de charges constatés au niveau de certaines presses », c’est en ces termes que le Président de l’Assemblée nationale, M. Issiaka Sidibé, s’est acharné contre la presse malienne, lundi dernier à l’ouverture de session parlementaire d’avril. Autant cet acharnement est une de rare virulence, autant il illustre la position d’un homme qui ? depuis son arrivée ne s’est jamais véritablement préoccupé du sort de la presse dans son pays.

Pour le Conférencier ? M. Baye Coulibaly, ce qui  a gangréné notre démocratie, n’est pas la presse, c’est le pouvoir qui ne s’est jamais préoccupé à donner une orientation à sa presse ; 20 ans de démocratie, dit-il, sans école de journalisme, pas de bourse d’études pour les journalistes, les concours d’entrée au CESTI de Dakar sont suspendus pour le Mali, les laisser aller dans la création des radios, des journaux, des télévisions. Qu’est-ce que votre session d’avril prévoit pour améliorer la presse, la liberté de la presse ? Pose-t-il la question ; « Monsieur le Président, ce n’est pas en énumérant nos maux que nous allons sortir de l’ornière. Il faut agir vite», martèle le Secrétaire général. Poursuivant : »Au Mali, le pouvoir a peur de former les journalistes, mais qu’il sache que le danger que représente un journaliste mal formé est trois fois plus grand. Aujourd’hui, le public malien est colonisé par l’information venant des medias étrangers. Ces médias qui déforment notre information à leur vouloir sont aussi ceux qui reçoivent de gros contrat d’abonnement ou de publicité au Mali ». «On leur donne la primeur de l’information nationale», s’indigne-t-il. En effet, il faut signaler que dès notre création en avril 2013, le Président de l’Assemblée nationale a été la première personnalité que nous avons rencontrée. Nous lui avons exposé les problèmes de la presse malienne qui sont connus. Nous l’avons exhorté à nous aider à travers de petites sessions de formations, pour mettre à niveau les nombreux journalistes dont la majorité a appris la profession sur le tas. Nous avons soumis au moins deux projets de formation à l’Assemblée Nationale sans avoir satisfaction. Le Syndicat demande au Président de l’assemblée nationale des excuses solennelles pour ne pas boycotter la couverture médiatique de la 24ème session de l’assemblée régionale, de l’assemblée parlementaire, de la prochaine francophonie prévue en mai prochain à Bamako ».

Drissa Keita.

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