Arrestation de Boukari Daou : La Sécurité d’Etat a encore frappé

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Ceux qui croyaient que la parenthèse du coup d’Etat et du règne de l’arbitraire se serait définitivement refermée au Mali avec le retour formel à l’ordre constitutionnel devront désormais déchanter.

Boukary Daou

Boukary Daou

En effet, certains agissements récents de  la Sécurité d’Etat, semblent indiquer que loin de se plier à la volonté populaire et à celle de la communauté internationale, l’ex – junte  maintient toujours sa mainmise sur le pouvoir, en dépit des concessions apparentes qu’elle a faites, notamment en acceptant la prorogation du mandat du Président par intérim, celle des députés à  l’Assemblée nationale et la formation d’un gouvernement de Transition.
Toujours aux mains des putschistes, qui ont nommé à sa tête un de leurs fidèles, la Sécurité d’Etat s’illustre de jour en jour comme le bras séculier de ceux qui, le 22 mars 2012, ont décidé de mettre un terme brutal à vingt ans de gouvernance démocratique de notre pays, favorisant du même coup la désagrégation de l’Etat et la déconfiture de l’Armée nationale face à une rébellion déterminée à tirer avantage de l’aubaine qu’a été le coup d’Etat.
Illustrations d’une dérive dangereuse
Le 6 mars 2013, Boukari Daou, Directeur de publication du journal Le Républicain, est interpellé par des agents de la Sécurité. Depuis ce jour, il est retenu dans les locaux de ce Service, malgré l’intervention auprès des plus hautes autorités des principales organisations professionnelles et patronales de la presse, et les condamnations unanimes de plusieurs organisations politiques et de la société civile. Le crime du journaliste ? Avoir publié une lettre ouverte d’un officier malien au front contestant les avantages exorbitants accordés au chef de l’ex – junte. Aux yeux de la Sécurité d’Etat, dénoncer l’octroi de privilèges princiers au chef de l’ex – junte en un moment où le pays est en guerre, où le Trésor public est exsangue du fait du ralentissement économique consécutif au coup d’Etat et de l’arrêt de la coopération internationale, relève de toute évidence du pire des crimes, celui de lèse – majesté. Il faut en punir le coupable.
Au-delà de la gestion des conséquences de la péripétie épistolaire du malaise grandissant de l’opinion face aux généreuses indemnités accordées en temps de crise à d’ex – putschistes, pour la Sécurité d’Etat l’occasion était trop belle pour ne pas en profiter, comme disait l’autre au lendemain du 22 mars 2012, en  lançant un avertissement clair à tous ceux qui tenteront de mettre le doigt dans la plaie. Boukari Daou est donc embastillé illico presto et un ultimatum clair lui est adressé : donner sa ou ses sources, ou croupir dans une geôle.
En mettant la pression maximale sur le journaliste, les agents de notre fameux service de renseignement visent deux objectifs non moins importants : débusquer l’auteur de la lettre ouverte et ses complices éventuels et les neutraliser. Peu importe qu’en poursuivant ces desseins, ils foulent aux pieds à la fois le droit du journaliste d’informer le public et le droit de ce même public à l’information. Peu importe aussi qu’en contraignant Boukari Daou à donner ses sources, l’on porte atteinte à ce que tout journaliste digne de ce nom doit défendre au prix de sa vie : la protection de ses sources. Peu importe enfin qu’en arrêtant un journaliste, l’on fasse une mauvaise publicité du Mali en un moment où il est accusé de graves violations de droits sur le front militaire, et en un moment où il est invité par la communauté internationale à démontrer son attachement à l’Etat de droit et aux valeurs démocratiques.
On se croirait revenu vingt ans en arrière, aux pires moments de la dictature militaire où les opposants au régime faisaient l’objet de séquestrations, enlèvements et exactions en tous genres. L’arrestation du Directeur de publication du journal Le Républicain n’est cependant pas un fait isolé. Elle fait en effet suite à l’interpellation  récente de plusieurs parlementaires par le même service, et à celle de plusieurs journalistes.
A toutes ces occasions, la Sécurité d’Etat a fait fi de toutes les règles et garanties procédurales reconnues par les lois de la République aux citoyens maliens. En toute illégalité et en toute impunité, elle s’est comportée en toutes ces occasions comme un Etat dans l’Etat, comme un service au dessus des lois, commettant abus sur abus, violation de droits sur violation de droit. Pour corser le tout, Monsieur Tiéblé Dramé, fondateur du journal Le Républicain, qui n’exerce par ailleurs aucune fonction au sein du journal, sera également interpellé, quelques jours après Boukari Daou, dans les locaux du tout puissant service de renseignement puis…. relâché,  faute de charges.
Au sein de la presse, et dans les milieux politiques, les derniers développements de cette affaire font craindre le pire et une question est présente dans tous les esprits : à qui le tour ?
La Sécurité d’Etat au service de l’ex – junte ?
Face à ces agissements inquiétants que beaucoup d’observateurs n’hésitent plus à qualifier de véritables dérives, l’on est amené aussi et surtout à s’interroger sur les missions réellement assignées à la Sécurité d’Etat.
Comme son nom l’indique, ce service, qui est rattaché à la Présidence de la République, a pour mission de veiller à la sécurité de l’Etat en identifiant, par la collecte et le traitement d’informations et de renseignements, les menaces  réelles ou potentielles. Ainsi, tout ce qui a trait à la Défense nationale est virtuellement compris dans le champ de compétence de la Sécurité d’Etat. Toute la question est de savoir comment cette mission délicate est comprise et mise en œuvre. Un premier élément de réponse peut être avancé en soulignant le fait que dans l’accomplissement de ses missions, la Sécurité d’Etat est soumise aux règles de procédure judiciaire et à la loi en général.
Un second élément de réponse tient au fait que, comme tous les autres services, la Sécurité d’Etat ne peut agir que dans les limites strictes de ses attributions légales. Dans la pratique, et surtout depuis le coup d’Etat, on peut légitimement se demander à quelle institution ce service est rattaché ou tout simplement à quel individu ; on peut aussi se demander s’il  reste encore dans ses missions et dans son rôle en s’érigeant en chien de garde d’intérêts particuliers.
Ces questions sont d’autant plus préoccupantes que le Mali s’apprête, après la phase actuelle de récupération des régions du nord, à affronter une étape cruciale du processus de normalisation en cours, qui n’est autre que  la tenue de l’élection présidentielle, et par la suite celle de l’organisation du scrutin législatif. Le prétexte sécuritaire sera-t-il utilisé pour empêcher des adversaires de l’ex – junte ou du capitaine Amadou Haya Sanogo de  participer à ces scrutins, et favoriser du coup les candidats proches des putschistes en procédant par la neutralisation systématique de tous ceux qui sont susceptibles de compromettre les intérêts de l’ex – Cnrdre?
La Sécurité d’Etat est, en tout cas, en passe de devenir le principal instrument des ingérences tant de fois décriées et condamnées des membres de l’ex – junte dans la sphère publique. Saura- t-  elle se ressaisir et dérouler son action conformément aux missions républicaines à elle assignées par ses textes de création ? Les jours à venir constitueront à cet égard un test important pour la crédibilité même du processus de retour à l’ordre constitutionnel engagé au lendemain  du coup d’Etat de mars 2012.
Birama FALL

 
SOURCE:  du   11 mar 2013.    

20 Réactions à Arrestation de Boukari Daou : La Sécurité d’Etat a encore frappé

  1. moussa ag

    L’ETAT C’EST QUI…???

    LES LACHES….???

    DONC VIVE « LA SECURITE DES LACHES »…!!!!

    Moussa Ag,….

  2. OBLIGATOIRE

    mon Cher Nakou, la presse ne réussit pas à tout le monde. il faut avoir un peu de niveau et accepter le sacerdoce. au lieu de démissionner et laisser le paysage médiatique à ce qui ne font pas correctement leur boulot comme tu le prétends, pourquoi ne pas créer ton propre journal. afin de contribuer à l’édification du pays. sinon l’acte que tu viens de poser est très grave pour le développement du pays.

  3. Rebel

    personnellement, j’en veux à l’ensemble des journaux et autres organes de presse du Mali pour leur molle solidarité, peu effective, dans ce combat qu’ils veulent pourtant faire sien… car c’est bien de théoriser sur la liberté de presse aux moyens d’articles relatant ce sujet fâcheux, mais c’est sans aucun doute cent fois mieux d’agir en publiant, tous ensemble, cette fameuse lettre tant redoutée à Kati. ce qui est sur, nul pourra les arrêter tous s’ils s’accorder à publier cette lettre d’indignation, en guise de soutien à un collègue séquestré… et ce, chaque jour jusqu’à la libération de ce dernier.

  4. Bamakois libéré

    Il faut faire preuve de discernement dans une situation comme celle-ci car la presse n’est pas sans reproche puisqu’une lettre comme celle publiée par Le Républicain a toute l’allure d’un tract et un journal connu pour son sérieux devait éviter de tomber dans ce piège. Même si un auteur signe avec un pseudonyme, la rédaction doit recueillir par écrit, sur l’original du document, sa vraie identité. certaines dispositions ne sont pas que pour la presse, mais pour aussi les juristes chargés de connaître de ce genre d’affaires. A longueur de journées la presse commet des fautes, notamment au niveau des faits divers où les dispositions concernant les femmes mariées et les mineurs ne sont pas respectées et plus grave, au lieu d’utiliser un nom d’emprunt on expose des gens qui sont pourtant couverts par la présomption d’innocence:seuls les faits sont importants et non l’identité du mis en cause encore présumé. Et si la Feuille de route devait prévoir de retourner les journalistes à l’école?

  5. Koumba Sacko

    Nous disons et l’avions toujours dit qu’il est temps que cessent les mauvaises habitudes héritées de la démocratie bananière des tropiques du pouvoir clanique de l’impunité reine des « enfant ingrats égoïstes cupides voleurs bouffeurs impénitents des deniers publics du Mali » des lettrés mutants maliens politiques députés partis politiques sociétés civiles Hommes en armes religieux de l’ex mouvance

    Nous disons période de guerre il est connu de tout le monde et partout dans le monde quand on aime son pays de faire l’union autour du président du gouvernement et de l’armée pour mettre hors d’état de nuire l’ennemi l’occupant

    Nous disons seuls les collabos qu’ils soient dans l’armée ou au sein de la population posent des actes contre l’union l’unité en temps de guerre ils sont en conséquence mis hors d’état de nuire partout dans le monde quelque soit leur fonction et situation sociale

    Nous disons que les ennemis sous régionaux d’Europe et d’Arabie sont dans tous leurs états devant la débandade imprévisible de leurs bras armés

    Nous disons ils n’ont pas encore baissé bras et non pas encore dit leurs derniers mots ainsi que leurs collabos

    Nous disons ils ont essayé de créer la « zizanie » entre le président chef suprême des armées et son armée en distillant sournoisement malicieusement sataniquement des soit disant exactions de l’armée sur les populations blanches du Mali et cela sans effet sans grand succès

    Nous disons ils veulent 1fois encore créer la « zizanie » entre le président chef suprêmes des armées son armée et les « jeunes gens « en utilisant malicieusement sournoisement sataniquement des « faux rapports » d’exactions de crimes de violes de mécontentements et pour atteindre leur but ils n’hésitent pas à utiliser des cupides des tarés des idiots des mécontents des collabos

    Nous leur disons que le président chef suprême des armées encore 1fois ne tombera pas dans ce « piège » Il fera corps avec son armée jusqu’à la victoire totale n’en déplaise aux oiseaux de mauvaise augure aux médias idiots bêtes mécontents collabos

  6. kouloufan

    mais et le ca des gengens de la radio kayira qui ont ete traite n importe comment que dit la population :roll:

  7. Le Mali est en guerre et ne doit pas donner place aux informations qui nous divisent davantage

     » UN service, qui est rattaché à la Présidence de la République, a pour mission de veiller à la sécurité de l’Etat… »

    C’est logique! Le plus important est bien cela dans un pays où les renégats sont nombreux qui adoptent des comportements fallacieux qui tendent à porter aux nues une autre fraction d’un même corps et de veiller au respect de ce principe contre tout boutefeu.

  8. Daby

    Moi je suis un peu déçu par « le prétoire » que je croyais jusque là au dessus de tout soupçon. Mais Hélas. Dans l’article incriminé publié dans « le republicain », il y a clairement un appel lancé aux soldats à la revolte, au soulèvement voire au coup d’état. Alors, dès lors le journaliste doit s’expliquer sur ses sources. Hors rien qu’à lire l’article tu te rendras compte tout de suite que le fameux capitaine touré est imaginaire et que toute cette mascarde a été conçue et exécutée dans les locaux du journal. De grace quand vous êtes à court de vrais informations n’inventez pas pour remplir la galérie et nous distraire. Certes nous voulons être informés, mais ne nous prenez pas comme des imbéciles qui ne sont pas capables de dénicher le vrai du faux. VIVE LA LIBERTE DE LA PRESSE, VIVE LA PRESSE QUI DONNE DES INFOS VRAIES. La place du  » republicain » est dans les geoles ni plus ni moins.

  9. Mafoi

    Voyez la mauvaise foi de nos journaleux.Au lieu de faire leur autocritique,que nenni,ils continuent à taper à côté sur Sanogo comme si c’est sanogo qui est responsable de la SE.Ca devient une fixation maladive.
    Ces merdeux sont aussi nuisibles que nos bidasses fuyards.

  10. tjimo

    Les maliens qu’attendez vous pour nous soulever, trop c’est trop, bandes de soulards qui pillent le Mali, vous ne voulez pas qu’on le dise, si l’objectif de sanogo était pour libérer le nord en ayant gain de cuase avec l’arrivée de la France, il aurait pu dire, merci, je retourne d’ou je viens c’est à dire dans les bars.

  11. kana

    A Siriman S.O.T! Voyez-vous la liberté de la presse est un contre-pouvoir indispensable pour tous les maliens y compris toi et moi. L’Etat Malien n’est pas SANOGO. La sécurité de Sanogo ne relève pas de la sécurité d’état. De quoi s’agit-il, une lettre ouverte est arrivée à au moins 2 rédactions locales. Faut-il oui non la publier? Daou aurait pu s’autocensurer, il a décidé de nous faire partager le contenu. Quand j’entends des saintes nitou.ches parler d’atteinte au moral des troupes! N’importe quoi! En médiatisant à outrance devant le ban et l’arrière ban de la République l' »installation du comité machin truc… » est-ce qu’il y a atteinte au moral des « troupes »? En octroyant les avantages faramineux aux membres dudit a-t-on porté atteinte à la MORALE TOUT COURT et au moral des « troupes »? Alors je pense que les maliens doivent savoir et la liberté de presse doit être protégée dans l’intérêt supérieur du Mali et des maliens pas de Sanogo ou de Dioncounda …

  12. fassoko

    quand KONARE MALMENAIT CHEIK OUMAR KONARE, QUAND DRAGON A ETE MALMENE, QUAND ON EMPRISONNE POUR DES SUJETS D’EXAMEN QUI PORTENT UN NOM COMMUN « PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE » A MON AVIS LES GENS DE KATI N’ETAIT PAS AU POUVOIR. AMIS DE LA PRESSE VRAIMENT DE LA RESPONSABILITE.REPUBLICAIN, SI TIBILE DRAME A DES COMPTES A REGLER AVEC LES GENS DE KATI QU’IL LES AFRONTE AUTREMENT. LES AVANTAGES ACCORDE AU COMITE MILITAIRE SONT L’OEUVRE DE NOUS TOUS A TRAVERS LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET LES DEPUTES. LAISSONS LE PAYS AVANCER.

  13. mamadou berthe

    Je cssuis deçu par l’article de Birama Fall! il accuse mais ne dit rien sur l’article!

  14. fassoko

    En tout cas, liberté de presse est differente de tout dire surtout que ce que vous dites ne contribue en rien à la reconciliation nationale sauf vouloir opposé deux camps que le chef de l’état, le gouvernement et le peuple veut reconcilier. la presse on sait que bcp de journaux appartiennent aux hommes politiques mais pensez au MALI.

  15. NAKOU

    la sécurité d’État n’a fait que son devoir je me demande si nos soit disant journaliste son des croyants?C’est pour cela QUE vous finissez toujours mal dans la vie ,des journaux parrainés par des politiciens où se trouve votre crédibilité? j’étais journaliste,vu le comportement de certains de mes collègues qui égaraient mes écris j’ai démissionné voici leur code secret <<<<n’écrit pas sur lui on a un contrat individuel avec lui<<<<

  16. Olala

    Oh! les maitres que sont les « TOUBAB » déchirent les derrières des soumis qui mettent en cause les libertés de la presse. Le  » Toubab » aura toujours raison. L’autorité Africaine qui ne respecte pas ce sacro-saint édité par le blanc aura  » boda déchiré  » par l’Ambassadeur des USA ( conf à la ceremonie qu’elle a organisé la semaine passée).Excuse de la vérité dite.

  17. ampoulo

    siriman et seka, vous êtes fous bande d’ignares.

  18. SEKA

    des imbeciles journaliste les gens entre de mourir au nord pour vous laisser leur femme leur enfant pere et mere vous des inconcients sen maural vous ecrriver de ninporte quoi des maudil journaliste malien

  19. siriman SOW

    Bonjour chers camarades,

    Je pense que certains journalistes maliens profitent de la présence des forces étrangères pour mettre à terre ceux qui sont considéré comme les gardes foux de la démocratie malienne.

    Ceux qui ont pillé le pays, à savoir la classe politique, les pyromanes de la démocratie, continuent de corrompre les journalistes immoraux pour satisfaire encore leur ambition personnelle.

    La situation actuelle du pays n’a pas besoin d’intoxication. Tiebilé DRAME, alias Laurent Dona Fologo, est dans la logique de vengeance car son beau frère et père ont été humiliés. Fologo qui disait aux premières heures du coup d’etat que si Sanogo n’avait pas fait le coup d’état quelqu’un d’autre l’aurait fait. Alors, c’est des opportunistes qui ont aucune conviction réelle pour le pays.