Billet d’humeur : Les Echos ont représenté quelque chose d´essentiel: la Liberté!

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LesEchosLa date naissance même du journal, le 17 mars, est une déclaration de guerre au « régime dictatorial et sanguinaire» du Général Moussa Traoré alors Président de la République du Mali. Puisque la date en question marque l´anniversaire de l´assassinat du très célèbre leader estudiantin, Abdoul Karim Camara (pour citer une des expressions favorites du journal d´alors), le 17 mars 1980. Il en va de même pour son titre «les Échos», un peu comme si le journal se fixait comme objectif d´amplifier les moindres bruits, faits et de la dictature polico-militaire d´alors!

En tout cas, se faisant l´écho sonore de tous les gens épris de liberté

d´alors, le journal s´est vite revélé un tocsin général pour éveiller la conscience profondément  endormie du peuple.

Et quelles accrobaties pour éviter la persécution! Car le Mali de l´époque

c´était comme la France que nous décrivait Chamfort dans ses « Maximes et pensées, VIII ». C´est-à-dire une «France» où «on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin», disait-il. Du moins, pour qui sait que le Général Moussa Traoré -affectueusement appelé GMT- ne badinait pas avec «l´ordre». Or, demandez de «l´ordre» à un journaliste, il vous répondra: «au frigo!». Et ça, ´il vous respecte. Sinon, il vous répondra par un souverain mépris et vous ferez la Une de sa prochaine parution. Ah que je me souviens de ces Une de «Les Échos» !   Historique journal que je dois à mon oncle chéri et à mon vénéré Professeur, Oury Demba Diallo, autre infatigable combattant de la Liberté.

Les autres numéros, je les dois à un camarade de lutte de la très mythique AEEM ( Association des Élèves et Étudiants du Mali) alors au lycée Bouillagui Fadiga, en la personne d´Ousmane Sidibé dit OS. Lequel me les faisait parvenir à Kayes par son frère Alassane Sidibé alors garde-voiture sur la ligne des CFM (Chemins de Fer du Mali!) Bamako-Dakar!! Et c´est  Pensées très pieuses à la mémoire de mon frère,  Drissa Sidibé, première victime fauchée sous les balles de la honte, ce 20 janvier 1991, entre sa famille sise à Quinzambougou et la Gare ferrovière de Bamako!

Le lieu, également, de rendre un vibrant hommage à toute cette étonnante chaine de solidarité existant alors autour du combat pour la Démocratie dans notre pays. Combat en première ligne duquel se trouvait «Les Échos» aux côtés ardents de bien d´autres membres de l´historique «mouvement démocratique» en lambeaux parti depuis! Ah que les Échos ont représenté quelque chose d´essentiel: la Liberté!

Et que de fois son mot d´ordre de combat- « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais, je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire (Voltaire)- a fait vibrer le coeur de ces années de braise! Et nous a, par-là même poussés dans les bras magiques de la Liberté chérie!

L´appartenance de l´essentiel de ses membres fondateurs aux mouvements politiques clandestins de lutte contre les tombeurs du Président Modibo Kéïta en rajoutait à l´aura du journal.

Parmi  ces membres-là, un nom s´impose:Alpha Oumar Konaré! La suite de la création de «Les Echos» étant connue! Puisque l´émérite Professeur et l´éminent journaliste succédera au putchiste du 26 mars 1991 le  Lieutenant-Colonel d´alors, Amadou Toumani Touré!  Et, rien que  pour   le seul nom d´Alpha, on aimait les Echos!

Mais le journal de la Démocratie n´était pas qu´Alpha et ses illustres associés.

Les Echos c´était aussi tout son fabuleux personnel de l´ombre Modibo Sidibé, Harouna Traoré, Mama Diallo, Bakary Sangaré, Yaya Sangaré, feue Oumou Simbo Kéïta…etc ; ainsi que ses très talentueux illustrateurs : Banouh, YD dit Kays, Modibo Sidibé !

Mais aussi ses journalistes chevronnés. Pensées pieuses à la mémoire du maître, Abouboucar Saliph Diarra!

Fortes pensées militantes et plein de respect  aux maîtres et aux chefs: Tiégoum Boubèye Maïga (TBM),  Boubacar Sankaré , le jeune Alexis Kalembry devenu grand !

Et comment, en ce jour anniversaire oublier ces autres noms : Abdoul Madjid Thiam, Sounkalo Togola, Bréhima Touré, Abdramane Dicko…etc. ?

Autant de prestigieuses signatures, de savoureuses plumes qui ont largement contribué à faire du journal une fête permanente et une vraie bibliothèque du Mali contemporain!

Va-t-on un jour conférer au journal le statut d´utilité publique? Rêvons, le temps d´un anniversaire que la Refondation lui souhaite joyeux, et très vivement!

Hawa DIALLO

 

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