Ce que je pense… : Du faux procès à la presse

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La semaine dernière, nous avons été choqué, voir « électrocuté » par la sortie trop osée des Ministres de la Défense et de la Communication sur la situation au nord et ses conséquences qui ont entraînés des départs ainsi que les saccages de biens et de domiciles de compatriotes tant à Bamako qu’ailleurs.

En accusant deux radios privées de la place, en l’occurrence « Klédu et Kayira » d’avoir incité à la « xénophobie » si je peux m’exprimer ainsi, c’est une fuite en avant des pouvoirs publics maliens. Et pour cause, un gouvernement digne de ce nom doit savoir prévenir les évènements.  A « Mali Demain », nous avons cru que nos dirigeants allaient trouver d’autres formules que de s’en prendre à des confrères qui font leur travail quand on sait que la rétention de l’information dans ce pays, est devenue un mode de gouverner en violation flagrante de notre éthique. Dans ce cas, il y a un prix à payer. Que dire de ce mépris envers la presse de nos gouvernants qui préfèrent donner l’information aux autres qui sont à des milliers de kilomètres du Mali que de nous en donner ?

Mieux, n’tait-il pas mieux pour ATT et son équipe de prévenir ce qui est arrivée il ya quelques jours en initiant bien avant maintenant un séminaire au profit des patrons de presse tout en les donnant assez de moyens financiers et matériels pour envoyer leurs journalistes sur le terrain, aussi faire des caravanes de presse qui sensibiliseront nos populations. Rien de tout cela, nos dirigeants préfèrent s’en prendre et vertement à nos confrères qu’on veut faire passer comme toutes les sources de notre malheur. Non ! ce n’est pas la manière messieurs !

La rétention de l’information conduit à ce genre de situation.

« Gouverner, c’est prévenir », comme dit cet adage français. Avec le régime ATT, ils n’ont jamais su prévenir si ce n’est « couper, coller », voir diaboliser tous ceux qui ne chantent pas la chanson qu’ils veulent. Ce qui est sûr, le pouvoir s’en va, les peuples demeurent. Dans ce cas, que chacun s’assume dans son domaine au lieu de nous divertir. Aujourd’hui comme l’a martelé récemment l’érudit, l’intellectuel Mahmoud Dicko, Imam de la grande mosquée de Badalabougou et président du HCI, un patriote convaincu, combattant des causes justes et nobles: « il ne s’agit pas de sauver la tête d’un homme ou d‘un régime, mais sauver le Mali ».

La priorité des priorités, c’est donner des moyens conséquents à notre vaillante Armée. Les élections nous en parlerons après. Tout ce que le gouvernement entreprendra en ce moment, est voué à l’échec. Ils ‘agit de mettre définitivement un terme à la rébellion car déjà la communauté internationale nous soutient ainsi que nos voisins. Tout autre discours, ne servira à rien. Il faut vite se donner la main. C’est urgent la patrie est en danger. Le mot d’ordre aujourd’hui doit être : défendre la patrie. Sortons les drapeaux partout où nous sommes, cotisons pour nos forces armées et de sécurité. Il faut qu’elles sachent que le peuple est derrière elles. Le devoir patriotique s’impose à tous.

Aussi, loin de moi la prétention de donner des leçons à qui que ce soit. Mais un journaliste sérieux, patriote n’a pas besoin qu’on lui dicte la conduite à tenir. Surtout lorsque le pays est en guerre. De toutes les façons, cette cacophonie, ce désordre arrange nos pouvoirs publics qui l’ont encouragé pour n’avoir entrepris aucune action dans ce sens. Il faut savoir faire son mea culpa. Cela est aussi démocratique non !

Le Mali est une grande Nation. Sa gestion ne pourra se faire par tâtonnements !

Et il est temps de récompenser le mérite pour que le pays puisse sortir de sa léthargie actuelle au lieu de continuer les mêmes méthodes qui ont prouvé leurs limites cria        rdes.

De toutes les façons, une Transition s’impose.

Bokari Dicko

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