Ecole supérieure de journalisme et communication: Coup d’arrêt au chantier

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Le planning initial prévoyait l’ouverture de l’école ce mois d’octobre. La crise que le pays traverse, oblige à temporiser.

Chantier Ecole Journalisme

Le projet de création de l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de communication (ESJSC) dans notre pays avait commencé à se concrétiser en 2011 avec le démarrage du chantier de la future structure publique sur le site de l’ancien siège de la Maison de la presse à Darsalam. Alors que les travaux battaient leur plein, le coup d’Etat militaire de mars dernier a eu raison du chantier qui a subi un brusque arrêt. L’Entreprise bamakoise de construction avait un délai de 6 mois pour achever les travaux de construction. A court de financement, elle n’a pas eu d’autre choix que de plier bagage dans l’espoir peut-être de revenir un jour.

En attendant, il est triste de constater aujourd’hui que le lieu est occupé par … les ouvriers qui y travaillaient. Notre équipe de reportage a eu aussi la surprise de trouver sur place une femme et son enfant. Elle dit être la cuisinière des ouvriers qui y ont élu domicile. « Actuellement, les ouvriers sont sur un chantier à l’ACI 2000, mais le soir ils viennent dormir ici. Je suis leur cuisinière et non la femme du gardien car il n’y a pas de gardien ici », explique la dame.

Pourquoi  le chantier est aujourd’hui à l’arrêt ? Selon les explications données par le secrétaire général du ministère de la Communication qui pilote le projet avec celui de l’Enseignement supérieur, c’est le manque de ressources disponibles qui en est la cause principale.

«La construction de l’école est financée sur le budget spécial d’investissement. Après le coup d’Etat, l’aide internationale a été suspendue et cela a eu un impact sur le budget spécial d’investissement. C’est la raison pour laquelle les travaux sont aujourd’hui arrêtés sur le chantier», explique Cheick Omar Maïga. Il a rappelé que le planning initial prévoyait l’ouverture de l’école ce mois d’octobre avec tous les équipements nécessaires. «Nous avions prévu d’investir plus d’un milliard dans l’achat des équipements car nous voulions démarrer les cours dans  les salles bien équipées en radio, télévision et presse écrite, mais cela n’est pas possible dans le texte actuel», détaille le secrétaire général du département de la Communication.

Il assure tout de même que le projet sera bientôt réintroduit dans les circuits administratifs dans l’espoir que l’école puisse ouvrir ses portes l’année prochaine. «La création d’une école supérieure de journalisme est aujourd’hui une nécessité compte tenu du fait de l’explosion de l’espace médiatique dans notre pays. Nous avons aujourd’hui des centaines de radio et des dizaines d’organes de presse écrite à travers le pays. Je pense que la volonté politique est bien réelle pour que le projet puisse se réaliser. D’ailleurs, nous comptons revoir les dépenses de fonctionnement à la baisse pour que l’école puisse démarrer avec un budget de 200 à 250 millions de Fcfa », annonce Cheick Omar Maïga.

Etablissement public à caractère scientifique et technologique doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de communication qui est placée sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique va être chargée de la formation initiale et continue dans les domaines des sciences et techniques de la communication. Elle assurera en outre, la recherche fondamentale et appliquée dans les domaines sus cités. A ce titre, elle est chargée de la formation en journalisme, dans les disciplines des sciences de la communication, du recyclage des professionnels de la communication et de la réalisation d’expertises et d’activités de production.

L’organisation et la modalité de fonctionnement de l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de communication sont détaillées dans un décret qui n’est pas encore adopté en Conseil des ministres. Le projet de décret indique que les organes d’administration et de gestion de l’ESJSC sont le conseil d’administration, la direction générale et des organes consultatifs dont le conseil pédagogique et scientifique, le conseil des professeurs et le conseil de discipline. Le projet de décret précise également que le directeur général de l’ESJSC est nommé par décret pris en conseil des ministres sur proposition du ministre de l’Enseignement supérieur. Son mandat est de cinq ans renouvelable une fois. S’agissant des modalités d’accès, l’ESJSC sera ouverte à tout étudiant ou auditeur régulièrement inscrit dans une structure de formation ou de recherche de l’ESJSC suivant les dispositions du règlement intérieur. L’inscription est annuelle. Un arrêté du ministre chargé de l’Enseignement supérieur fixe les conditions d’accès, le régime des études et le règlement intérieur de l’ ESJSC.

Le projet de création de l’ESJSC a été conduit par Diomansi Bomboté qui a passé un contrat avec le ministère de la Communication. Journaliste et chercheur, le doyen a enseigné au CESTI de Dakar pendant 10 ans avant de travailler pendant une longue période à l’UNESCO.

A la retraite depuis 2004, Diomansi Bomboté qui a aujourd’hui 68 ans s’est dit heureux de mettre son expérience aux services des jeunes qui veulent apprendre le métier du journalisme au Mali. «La formation c’est ma passion. C’est ma raison d’être», a-t-il l’habitude de dire. Nous l’avons rencontré chez lui. Toujours disponible, il nous a donné  quelques détails sur le projet. «Dans le projet, j’ai souhaité que l’accès à l’ESJSC soit soumis à un concours. Ce concours sera ouvert aux titulaires de licence et de maitrise qui sont sensés avoir un certain niveau de culture générale. J’ai souhaité aussi que l’école puisse démarrer avec seulement 25 étudiants», explique-t-il, ajoutant que l’ESJSC va fonctionner avec le système LMD (licence, maîtrise et doctorat).

Par M. KEITA – L’Essor du 11 octobre 2012

 

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2 COMMENTAIRES

  1. L’arrêt de ce chantier n’a rien à voir avec la crise. Les nouvelles autorités doivent interpeller l’ancien ministre de la communication Sidiki N’Fa Konaté qui avait le dossier en main. Tous ceux qui ont monté le dossier doivent être interpellés pour rendre des comptes au peuple. Dans le cas échéant on va vendre leurs hectares de champs qui sont dans les alentours de Bamako pour terminer les chantier de cette école. Merci à Madiba Keita pour ce papier informatif. C’est un dossier qu’il doit suivre de prêt.

  2. Qu’est ce qui n’est pas arrêté dans ce pays, à part le vol organisé des Guignols de Kati et CMD?

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