L’ambassadeur de France Christian Rouyer en visite hier à L’Indépendant : Le diplomate a salué les avancées remarquables réalisées par L’Indépendant et félicité son promoteur et tout le staff rédactionnel

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L’Ambassadeur de France au Mali, Son Excellence  Christian Rouyer, a rendu hier une visite de courtoisie au groupe SOMAPRESSE, société éditrice du quotidien L’Indépendant et du magazine Bamako Hebdo. Une occasion saisie par les journalistes pour lui poser des questions relatives à la sécurité au Nord- Mali,  aux élections de 2012, à la coopération Mali- France, à la problématique d’acquisition du visa français.

En accueillant M. Rouyer au siège flambant neuf de la SOMAPRESSE Sarl sis à la rue 360 Porte 3276 de l’ACI Djicoroni Para (prolongement du cimetière de Lafiabougou) le Directeur du Groupe, Saouti Haïdara, a exprimé tout l’honneur et la joie que lui procure cette visite du diplomate français. Celui-ci était accompagné de son deuxième conseiller chargé de la presse, Didier Nourisson.

Présentant aux deux hommes l’organe phare du Groupe, L’Indépendant, M. Haïdara dira qu’il est incontestablement le premier journal privé de la place tant par le tirage, la diffusion à l’échelle territoriale, l’audience nationale et internationale que le chiffre d’affaires qui oscille autour de cinq cent millions de francs CFA. Le Groupe fait travailler une quarantaine de salariés permanents dont une quinzaine de journalistes, le reste étant constitué de commerciaux, d’agents de distribution, de secrétaires, de chauffeurs et de machinistes. La SOMAPRESSE Sarl possède, en effet, sa propre imprimerie qui compte parmi les mieux équipées et les plus performantes du Mali. Paradoxe à relever, elle est l’unique entreprise de presse du pays à avoir renoncé à la subvention gouvernementale parce que non distribuée en conformité avec le texte de loi qui la régit, ce qui ne l’empêche pas de s’acquitter honorablement de ses impôts, participant ainsi, comme cela se doit, à la construction nationale.

Le Directeur du Groupe et directeur de publication de L’Indépendant et de Bamako Hebdo évoquera les difficultés auxquelles se heurtent les journaux privés pris globalement. Ils ont noms inexistence d’une messagerie de presse (ce qui n’est pas de nature à développer les ventes) coût élevé de l’impression (les journaux subissant la loi des imprimeurs privés intéressés par leur seule marge) difficulté d’accès à la publicité institutionnelle ou l’abonnement des structures étatiques compte tenu de ce que beaucoup de journaux évoluent dans l’informel. Pour M. Haïdara, il appartient aux journaux, s’ils veulent réellement prendre leur envol, de se structurer en PME-PMI, condition indispensable pour devenir des partenaires à la fois pour l’Etat et les banques qui peuvent leur apporter les ressources nécessaires à leur développement..

L’ambassadeur de France au Mali et son collaborateur Didier Nourisson ont suivi avec intérêt cet exposé avant que le premier ne prenne la parole pour saluer les avancées remarquables réalisées par L’Indépendant et féliciter son promoteur et tout le staff rédactionnel. Il fera des suggestions allant dans le sens d’une meilleure couverture de l’actualité nationale, ce qui ne peut que renforcer l’audience et donc accroitre les capacités de vente du journal. Il s’est dit disposé à offrir des formations thématiques de courte durée (environ une semaine) en France à des journalistes de L’indépendant dans les semaines et mois à venir.

Après cet entretien avec le Directeur du Groupe SOMAPRESSE, M. Rouyer a rencontré les journalistes présents dans la salle de réunion de la rédaction et s’est volontiers prêté à leurs questions dans une atmosphère très détendue. Celles-ci se rapportaient à l’élection présidentielle prévue au Mali fin avril prochain, la question sécuritaire au Nord-Mali, la coopération Mali-France, l’accès des Maliens au visa français.

Concernant l’élection présidentielle à venir, M. Christian Rouyer a clairement indiqué en réponse à des supputations que ”la France n’a pas de candidat au Mali”. Sa seule préoccupation est que ”ces consultations se déroulent dans un climat de paix et préservent la stabilité du Mali, un pays ami de la France et où résident des Français”.

S’agissant de la question sécuritaire, M. Rouyer s’est inscrit en faux contre ‘‘un acharnement” que la diplomatie française exercerait sur le Mali en conseillant, voire en ‘‘interdisant” aux Français de fréquenter non seulement les régions septentrionales du pays, mais même les régions de Mopti et de Ségou. Le diplomate français relève qu’il n’a pas eu tort de classer Mopti en zone d’alerte orange puisque ”malheureusement deux ressortissants français y ont été enlevés à Hombori, localité située sur l’axe Mopti-Gao. Avec un renforcement des points de contrôle et une plus grande sécurisation des sites hôteliers, cet incident fâcheux aurait pu être évité”. De son point de vue, c’est la France qui est l’objet ‘’d’un lynchage médiatique injustifié’’ des média maliens sur cette question sécuritaire.

En réponse à  une question sur ce que fait la France pour aider le Mali à combattre l’insécurité et le terrorisme, il a énuméré une longue liste d’actions : formation des militaires, fourniture d’équipements et de renseignements. ”Il ne reste plus qu’à déployer les hommes sur le terrain pour affronter Al qaïda et cela, le président du Mali ne veut pas en entendre parler.”

N’empêche, la coopération bilatérale entre la France et le Mali se porte toujours aussi bien. Paris reste le premier donateur de Bamako en dehors des donateurs internationaux comme la Banque mondiale et l’Union européenne. L’aide française au Mali s’exerce dans des domaines divers comme l’eau potable et l’assainissement, l’éducation, la santé, la sécurité-développement à travers le PSPSDN etc. La France entretient aussi avec le Mali ”la coopération décentralisée la plus dense qu’elle a en Afrique”.

Enfin le visa français, ardemment sollicité par tant de nos concitoyens et dont on dit que l’obtention relève du chemin de la croix. M. Rouyer soutient qu’il n’y a pas une volonté délibérée de la France de refuser de délivrer des visa à des Maliens. Le problème, fait-il remarquer, se situe surtout au niveau de l’obtention d’un rendez-vous. Lequel a été confié à une société malienne. Hélas, déplore l’ambassadeur, les choses sont loin de se dérouler comme l’ambassade l’aurait voulu. Christian Rouyer a annoncé que des discussions sont en cours avec une société étrangère pour mieux faciliter l’obtention d’un rendez-vous à des Maliens désirant se rendre en France. Voilà qui n’est pas glorieux pour le Mali. Beaucoup s’en faut.

Fatoumata Mah Thiam KONE, Moulaye HAIDARA

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