L'immigration choisie de Sarkozy fait une victime dans la presse : Bientôt des primes pour refus de visas aux journalistes maliens ?

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Les employés du Consulat Général de France au Mali perçoivent-ils des primes pour refuser, sans raison valable, des visas aux Maliens désireux d’aller faire un tour dans le pays de Jacques Chirac, pour des raisons personnelles ou professionnelles ?

Ou bien est-ce la nouvelle politique d’immigration instaurée par Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur français (et fils d’immigrés hongrois) qui rend ces agents impitoyables, par crainte d’éventuelles sanctions pour faute professionnelle ? On est en droit de se poser ce genre de question au vu de la mésaventure que vient de vivre notre collègue Alou Badra Haïdara, journaliste à l’Indépendant et Coordinateur de Bamako Hebdo. Il n’a pu, en effet, assurer la couverture médiatique, alors qu’il était invité à Paris du 26 au 31 octobre pour ce faire, de l’élection Miss Mali-France qui a eu lieu le 28 octobre, le visa de très court séjour qu’il avait sollicité lui ayant été refusé.

Décidément, la nouvelle politique prônée par Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur de la France, l’"immigration choisie", si elle suscite des débats houleux dans l’Hexagone, est scrupuleusement et aveuglément appliquée au Mali par certains agents consulaires. Toucheraient-ils des primes de rendement pour le plus grand nombre de sésames refusés, avec un bonus lorsqu’il s’agit de journalistes, que nous n’en serions pas étonnés ! Même si vous pensez avoir un dossier de demande de visa complet et que vous fournissez toutes les pièces "complémentaires " que l’on vous demande, on peut refuser catégoriquement une visa sans aucune explication, d’autant que, comme chacun le sait, " tous les Maliens veulent être un jour ou l’autre un nègre à Paris ".

Le  Coordinateur de Bamako-Hebdo (magazine le plus lu au Mali), Alou Badra Haïdara, également journaliste au quotidien "L’Indépendant", en témoignent les " ours " de ces deux publications, entre autres preuves, est tombé sur une dame qui a estimé de son devoir de refuser un visa de 15 jours pour la France à ce "candidat évident au statut de clandestin ", alors qu’il avait été invité  par le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (section France) pour couvrir le concours Miss Mali-France 2006 qui a eu lieu le samedi 28 octobre à Bondy. L’invitation, qui concernait aussi d’autres personnes, notamment certains artistes et des animateurs de l’ORTM était signée par le président du HCMF, Dadié Soumaré, Chevalier de l’Ordre National.

Le séjour professionnel de notre Coordinateur, attesté par un ordre de mission signé de la main même de notre Directeur de Publication, Saouti Haïdara, devait durer du 26 au 31 octobre, c’est-à-dire cinq jours seulement. Parmi les documents fournis, il y avait une réservation à l’hôtel des Vosges (2, Rue des Maronites 75020 Paris, Tél : 01 43 66 94 85, Fax : 01 42 36 15 39), un passeport délivré en 2004, une carte professionnelle, deux photos d’identité couleur, etc. Cela ne "suffisant " pas, Madame demandera à Alou Badra d’y adjoindre ses actes de mariage et de naissance (il a une épouse et est père d’une petite fille de sept mois, qu’il s’apprêtait certainement à abandonner à leur triste sort à Bamako). Ce qu’il fera sans rechigner. A la grande surprise de la rédaction, on lui refusera le visa sans pour autant lui en expliquer les raisons valables. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le Consulat de France refuse un visa à un journaliste malien.

Peu de temps avant Alou Badra, notre confrère Baba Cissouma, Directeur de Publication du journal "Match", avait été victime du même sort lorsqu’il a demandé un visa, alors qu’il devait se rendre en Grèce pour une rencontre internationale sur l’athlétisme. Pourtant, son passeport était estampillé de plusieurs visas et il venait de suivre, en juillet dernier, la Coupe du Monde  2006 en Allemagne.

Il faudrait que les agents "trop scrupuleux", sinon "bornés " de ce type qui exercent au Consulat de France au Mali comprennent que nombre d’hommes et de femmes des médias maliens gagnent leur vie dignement et vivent de manière tout à fait convenable dans leur pays. Et qu’ils n’ont donc aucun intérêt, ni envie, à lâcher la proie pour l’ombre.

Le plus désolant, ou le plus ironique, est que le nouvel Ambassadeur de France au Mali, qui manifestement souhaite entretenir de bonnes relations avec la presse malienne, accompagné des deux nouveaux conseillers de l’Ambassade a réservé l’une de ses premières visites non protocolaires bamakoises à notre rédaction ! Il devrait pouvoir toucher deux mots au Consul de cette malheureuse aventure, qui ne concourt pas, loin s’en faut, à dépassionner certains débats.

                                     La Rédaction

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