Presse et vie privée : L’indiscrétion se vend bien dans les médias

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La « paupérisation », c’est la propension des médias à accorder de l’importance aux personnalités du monde du spectacle, de la politique et du sport tout en étalant au grand jour leur vie privée. L’indiscrétion se vend bien dans les médias. Des millions de personnes, majoritairement des femmes, lisent chaque semaine la presse « people ». Cette presse est incontestablement la plus lue et la plus vendue.

La presse n’est pas seulement là pour nous informer, mais aussi pour révéler les secrets. Sa raison d’être est de divulguer ce qui peut rencontrer l’intérêt du public. La liberté de la presse est donc ambigüe puisque pour obtenir leur « scoop », les paparazzi disent travailler au nom de la liberté d’expression, mais s’opposent alors au respect de la vie privée.

Parallèlement, les personnages publics veulent de la publicité et de la discrétion en même temps, en fonction d’intérêts qui ne coïncident pas toujours avec ceux du public. L’audace des médias est plus grande aujourd’hui qu’hier. Un véritable exhibitionnisme s’affiche désormais à la télévision, encouragé par une curiosité publique qui relève souvent du voyeurisme.

D’un autre côté, le public a le droit de savoir sur les personnes qui ont un pouvoir au-dessus d’eux ; un politicien dont la vie privée serait à l’opposé de l’image qui donne en public. Prenons  exemple sur les frasques du Président des Etats-Unis. En 1999, L‘affaire Bill Clinton et d’une jeune stagiaire a fait scandale partout dans le monde. Sa vie privée a été déballée dans tous leurs détails et immédiatement dans la presse et dans le monde entier.                                  

Cependant, la frontière entre vie publique et vie privée est souvent confuse. L’équilibre entre presse et vie privée dépasse ainsi la protection des personnes pour devenir un problème de société qui met en cause les libertés et le fonctionnement même de la démocratie.

En fait, le problème vient des nouvelles techniques d’innovation telle qu’Internet, des pratiques commerciales des médias et de ce qu’il est convenu d’appeler les politiques de communication. De ce fait, les nouvelles techniques de communication réduisent donc considérablement l’espace de la vie privée. Malgré cela, le rôle de la presse est d’informer les citoyens pour leur permettre de juger.                                  

Il est aussi d’obliger les gouvernants à agir dans la transparence et de les aider à éviter certaines tentations du pouvoir.

Par exemple, les riches doivent admettre que la divulgation de leur patrimoine dans la presse n’est plus une atteinte anormale à leur vie privée. Aussi, les personnages du spectacle, de la chanson, de la télévision ou du sport ont depuis longtemps compris que leur image avait une valeur égale, sinon supérieure, à celle de leur talent ou de leurs qualités athlétiques.                              

Les personnages politiques font le même raisonnement. Ils n’ont plus « d’attachés de presse » mais des « chargés de communication ». Ironiquement, leurs idées ou leur politique comptent désormais moins que leur capacité à paraître sympathiques. Ce parti pris d’image ouvre inévitablement la porte de la vie privée et de façon difficile à contrôler.

Pour conclure, afin d’attirer le plus large public possible, l’indiscrétion est une recette sûre. L’intérêt commercial est certain et sans la presse, ces personnes publiques ne pourront pas exister. Par le fait qu’elles décident de devenir des personnalités publiques, elles doivent accepter le fait que leur vie privée sera investiguée et déballée au grand jour. Ce qui veut dire que leur vie privée ne sera plus privée.

Sadio Bathily

 

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