Renforcement des capacités : Les journalistes à l’école des marchés publics

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Une semaine après la session consacrée aux entrepreneurs, une cinquantaine d’hommes de médias est réunie depuis lundi à l’Hôtel Olympe international pour un atelier de formation sur la réforme des marchés publics et les procédures de passation des marchés et des délégations de services publics.

De la droite vers la gauche : le président de l’ARMDS, celui de la Maison de la presse et Yéro Diallo, membre de l’ARMDS

Si la presse a joué un rôle de premier rang dans la lutte contre les mauvaises pratiques constatées dans le domaine de la passation des marchés publics, des efforts doivent être encore déployés pour permettre aux journalistes de mieux cerner certaines notions. Le constat a été fait par le président de l’Autorité de régulation des marchés et des délégations de services publics, Amadou Santara, à la faveur de la cérémonie d’ouverture.

La session de formation, qui durera cinq jours, vise à mieux outiller les journalistes sur la réforme des marchés publics dans l’espace Uémoa et  les procédures de passation des marchés et les conventions de délégations de service au Mali.

Les thématiques développées au cours des travaux permettront aux participants de renforcer l’effectivité du Code des marchés publics issus de la transposition des Directives Uémoa des marchés publics, de remédier au déficit de formation en matière de marchés publics, d’accroitre le degré d’efficacité dans le domaine des marchés, en particulier au stade de la préparation des soumissions, en réponse aux appels d’offres. Aussi, la session de Bamako permettra aux participants d’améliorer leurs connaissances des règles de fonctionnement de l’Autorité de régulation des marchés publics et plus particulièrement de son organe chargé du règlement non juridictionnel des litiges, à savoir le Comité de règlement des différents. Bref, l’atelier de Bamako devra promouvoir les meilleures pratiques de bonne gouvernance économique dans le domaine spécifique des marchés publics.

Promouvoir les pratiques de bonne gouvernance

De toutes les activités gouvernementales dans le monde et encore plus en Afrique, la passation des marchés publics est la plus sensible, la plus délicate et voire la plus vénérable à la corruption. En effet, en Afrique les marchés publics revêtent une importance économique considérable. Le volume en valeur des marchés publics passés annuellement sur le continent est estimé à plus de 50 milliards de dollars US, soit l’équivalent de 50% des importations africaines.

Les pays de l’Uémoa représentent 5% des marchés publics passés annuellement en Afrique soit 2,5 milliards de dollars US, ce qui équivaut en moyenne à 8,5% du PIB des Etats membres de l’Uémoa.

Au Mali, le volume des 1.586 marchés passés en 2011 a atteint environ 418 milliards de francs CFA.

Ce qui fera dire au président de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMDS), que le constat de l’importance des marchés publics dans le développement économique des Etats a très tôt attiré l’attention de la communauté internationale, en particulier les partenaires techniques et financiers des pays de la zone Uémoa. Il s’est avéré qu’une des actions visant à promouvoir la bonne gouvernance, en particulier économique et l’efficience des dépenses publiques dans la zone, pouvait être la formation sur les marchés publics en vue d’atteindre certains objectifs de développement.

La présente session de formations des journalistes répond en à ce besoin, comme l’explique le président de l’ARMDS. Selon Amadou Santara, les enjeux de la bonne gouvernance dans le domaine des marchés publics recommandent que les différentes composantes de la société (Etat et ses démembrements, secteur privé, société civile) et surtout les médias, soient mieux imprégnées des dispositions du nouveau Code des marchés publics. L’atelier, qui prend fin ce vendredi, sera sanctionné par l’adoption de plusieurs recommandations et la remise d’attestations aux participants.

Issa Fakaba Sissoko

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