Arrêt des mutilations génitales féminines en 2015: Le Mali s’engage à relever le défi

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Depuis 2003, le 6 février est la journée de sensibilisation internationale sur les mutilations génitales féminines (MGF), car chaque année, deux à trois millions de fillettes sont encore victimes de l’excision, la principale pratique traditionnelle néfaste à la santé de la femme et de l’enfant au Mali. Notre pays a donc célébré lundi dernier célébré, hier, cette Journée internationale de lutte contre la pratique de l’excision.
C’est le terrain de football de Korofina qui a abrité la grande manifestation de sensibilisation, d’information et de plaidoyer pour un changement de comportement de la population, en vue de l’abandon de cette pratique néfaste pour santé de la fille et la femme. La cérémonie était présidée par la ministre de la Santé, Mme Diallo Madeleine Ba, représentant l’épouse du chef de l’Etat, Mme Touré Lobbo Traoré. D’autres femmes membres du gouvernement y ont pris part, au premier rang desquelles la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Konaré Mariam Kalapo, et celle de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, Mme sangaré Niamoto Bah.
La Directrice du Programme national de la lutte contre la pratique de l’excision (PNLE), Mme Keïta Joséphine Traoré, ses collaborateurs, les autorités politiques et administratives et les notabilités de la Commune I, de même qu’une foule nombreuse ont assisté à la cérémonie, qui avait pour thème, cette année, «Tolérance zéro aux MGF/excision: Préservons la santé de la mère, de l’enfant et de la famille». Comme l’a déclaré Mme Diallo Madeleine Ba dans son discours, l’abandon des mutilations génitales féminines nous concerne tous et doit devenir une réalité dans notre pays. Ce qui est possible si nous entreprenons des actions pertinentes pour faire comprendre à la population les conséquences néfastes de l’excision.
Des efforts importants sont consentis par notre gouvernement et par ses partenaires pour l’amélioration de la santé de la reproduction, dont l’excision est une des composantes principales. Mais cette pratique est si fortement ancrée dans les mœurs et cultures qu’elle persiste encore dans beaucoup de localités du Mali. Ainsi, selon les dernières enquêtes, dont celle sur l’excision menée en 2009, son taux de prévalence est encore fort dans notre pays, soit 85% chez les femmes de 15 à 49 ans et 84 % chez les filles de 0 à 14 ans.
Rappelons que les conséquences et séquelles des mutilations génitales féminines (MGF) constituent un véritable problème de santé publique au Mali,  à cause de leurs incidences sur la santé sexuelle et reproductive, de même que psychosociales et économiques. Elles sont, en outre, une atteinte flagrante aux droits humains fondamentaux de la fille et de la femme, surtout dans le domaine de la préservation de l’intégrité physique de la personne.
Pour la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, malgré les résultats enregistrés dans la lutte contre l’excision, des difficultés existent dans la mise en œuvre du Plan d’action national. Elles sont principalement dues à la sensibilité de la question, qui doit toujours être abordée avec tact.
Comme toujours, l’exposé du Pr. Amadou Dolo fut édifiant. Selon cet expert, outre des douleurs atroces lors de l’opération, l’excision entraine d’autres complications immédiates, comme des saignements graves, ou des contaminations à des maladies mortelles comme le tétanos, le VIh-sida ou l’hépatite. Sans parler des conséquences à long terme: infections récidivantes, problèmes urinaires, troubles menstruels ou graves problèmes lors de l’accouchement.
L’objectif de l’ONU est de faire cesser totalement l’excision d’ici 2015. Ce combat est également porté par l’Union Africaine, dont notre pays est membre. Grâce à des partenaires comme l’UNFPA et l’UNICEF, il s’est engagé à relever le défi. Souhaitons-nous donc plein succès dans ce domaine!
Ramata Diaouré

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