CONTROLE DES PRODUITS PHARMACEUTIQUES : Bras de fer entre l’UMPP et la DNCC

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Entre la Direction générale de l’Usine Malienne de Produits Pharmaceutiques (UMPP) et la Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence (DNCC) c’est le qui-vive. Tout est parti d’une mission de contrôle d’une équipe d’enquêteurs de la DNCC à l’UMPP.

Cette mission portait sur la vérification de l’ensemble des stocks des matières premières et des produits finis. Suite à cette mission, les enquêteurs ont saisi des stocks de certains produits finis. Puisque les matières premières périmées et les matières ne comportant aucune date indicative entrent dans la composition de ces produits finis.

Un procès verbal de saisie provisoire fut établi sur lequel le Directeur général de l’UMPP a refusé de signer, mettant ainsi en cause la légitimité de cette mission. Quant aux enquêteurs ils affirment que cette mission s’inscrit parfaitement dans les attributions de la DNCC.

UNE INFRACTION A LA REGLEMENTATION ECONOMIQUE

L’Usine Malienne des Produits Pharmaceutiques (UMPP) est de nos jours dirigée par M. Alou Keïta, Directeur général. Elle est rattachée au ministère de la Santé. Selon le DG de l’UMPP, les dispositions du décret n°91-106/P-RM portant organisation sanitaire en République du Mali révèlent que seul le département de la Santé est habilité a effectuer de tel contrôle à leur niveau à travers ses structures compétentes en la matière, telles que le Laboratoire National de la santé ou d’autres autorisées à se prononcer sur la qualité de ces produits. C’est fort de ce décret que M. Alou Keïta dit qu’il ne reconnaît pas la légitimité de cette mission. Mais les enquêteurs prouvent le contraire et affirment que cette situation constitue une infraction à la réglementation économique et conseillent la destruction des matières premières incriminées.

DU CURSUS UNIVERSAIRES DES ENQUETEURS

En plus du décret n°91-106/P-RM, la Direction générale de l’UMPP s’interroge sur le cursus universitaire des enquêteurs. L’équipe comprenait trois personnes: M. Diofolo Togola, inspecteur des Services Economiques et chef de mission; M. Kampagan Diakité, technicien de la météorologie; et enfin M. Nouhoum Sidibé contrôleur des services économiques. Hormis M. Kampagan Diakité, le météorologue qui peut contrôler si les produits sont fabriqués et conservés dans les conditions normales de pression et de température, l’UMPP doute de la capacité des deux autres enquêteurs qui ne seraient pas sur un terrain connu dans le domaine des produits pharmaceutiques étant tous des économistes.

L’UMPP VEND-ELLE DES PRODUITS PERIMES?

L’Usine Malienne des produits Pharmaceutiques (UMPP) située dans la zone industrielle en Commune II du District de Bamako, dans ses activités fait infraction à la réglementation économique. Les procès verbaux de saisie provisoire établis par les enquêteurs de la Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence affirment bel et bien que l’UMPP vend sur le marché des produits pharmaceutiques dont la date de péremption est dépassée. Il y a également des produits où il n’y a aucune indication sur les dates de fabrication et de péremption. Les marchandises ci-dessous ont été saisies: Huile de menthe; essence d’orange; essence citron; gomme arabique; indigo; poudre de talk; vipazinez; sulfourée; LHPC; Glucose uni chloryde de sodium; trisodium; citrate; auréomicyne simple 3%; glucose anhydre; citrate de carbé vaseline; lanoluire; eau oxygenée; auréomycine micronisée; acide chlorydrique; EDTA; acitate de sodium; bicarbonate de sodium etc.

Au total, les trois enquêteurs de la DNCC ont adressé à la Direction générale de l’UMPP une liste de 32 produits.

Au-delà des deux Directions: Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence (DNCC) et la Direction générale de l’Usine Malienne des produits pharmaceutiques (UMPP), se sont deux départements ministériels qui s’affrontent.

Au ministère de la Santé dont relève l’UMPP, on soutient que la DNCC rattachée au ministère de l’Industrie et du Commerce est très mal placée pour contrôler la qualité de leurs produits. <<Notre département possède des structures techniques compétentes telles que le Laboratoire National de la Santé pour le contrôle de la qualité de nos produits>>, a affirmé un conseiller du département de la santé.

LES STRUCTURES DE CONTROLE SONT-ELLES EN CAUSE?

De deux choses l’une: soit le département en charge de la santé est complice de l’UMPP dans la fabrication des produits périmés tels qu’affirment les contrôleurs de la DNCC; soit les structures de contrôle du ministère de la Santé ne font pas correctement leur travail. Sinon comment comprendre la découverte des stocks de matières premières périmées destinées à entrer dans la composition des produits finis?

Daba Balla KEITA

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