Fermeture de l’hôpital Sominé Dolo de Mopti : Le ministre de la Santé, Zoumana Makadji éteint les braises et instruit sa réouverture

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Depuis maintenant deux semaines, la population de Mopti   est en émoi  suite au transfert de l’hôpital Sominé Dolo  sur le nouveau site à Sévaré. Selon plusieurs témoignages, le directeur général de ladite structure, le colonel Abdoulaye Diallo, a annoncé l’arrêt programmé de l’hôpital Sominé Dolo en transférant tous les matériels sur le nouveau site. Toute chose qui a provoqué la colère de la population  qui a marché pour manifester  son mécontentement.

Le nouvel hôpital de Mopti

L’ancien site de l’hôpital Sominé Dolo ne sera pas fermé. Nous allons prendre toutes les dispositions nécessaires pour sa réouverture. Des instructions ont déjà été données pour que l’hôpital s’ouvre dans les meilleurs délais. Tous les équipements qui ont été transportés sur le nouveau site vont revenir et l’hôpital  sera à nouveau  fonctionnel. La réfection a commencé, le travail va reprendre« . Ces propos sont du ministre de la Santé, Zoumana Makadji qui a voulu lever toute équivoque quant à la mort programmée de l’hôpital. C’était lors d’un  déplacement à Mopti où le ministre de la Santé a ténu à rencontrer la population pour calmer ses ardeurs. C’était du 4 au 5 novembre en marge des activités de la clôture du mois de la solidarité. Pour la circonstance,  le ministre était  accompagné de son homologue de l’Action humanitaire, de la solidarité et des personnes âgées, Dr Mamadou Sidibé. Les deux personnalités ont visité l’ancien site de l’hôpital Sominé Dolo à Mopti et le nouvel hôpital de Mopti à Sévaré. Lequel a ouvert ses portes aux malades il y a de cela un mois. Lors du passage des ministres,  le site de l’hôpital Sominé Dolo se trouvait dans un état de délabrement total. Des cartons par là, des  fiches de consultation jetées à même le sol, des odeurs nauséabondes par endroit,  des toiles d’araignées, des vieux matelas entreposés et des lits obsolètes. S’y ajoute la vétusté des bâtiments. C’est l’image qu’offre l’hôpital Sominé à ses visiteurs. Le ministre a invité les responsables à prendre des dispositions pour nettoyer rapidement les locaux. « Ce n’est pas digne d’une structure de santé.  La propriété doit être de mise. Ce n’est pas impossible de rendre propres les locaux. Vraiment il faut que l’hygiène revienne » a soutenu le ministre.

La visite a été suivie de la rencontre avec la population.  Celle-ci n’est pas passée par deux chemins pour dénoncer  la fermeture de l’hôpital Sominé Dolo. « Le directeur de l’hôpital s’était accroché à sa décision de fermeture de l’établissement malgré les multiples interpellations,  allant même à minimiser  les risques qui pouvaient en découler surtout sur la santé de la population  »  a lancé un intervenant pour fustiger le comportement du Col Diallo.  « Ce n’est pas encore la guerre, mais on n’est plus très loin. Tout notre problème se situe au niveau du directeur de l’hôpital. Il n’écoute personne. Il a pris la décision de fermeture unilatéralement. Nous ne sommes pas d’accord et nous ne supporterons pas cette attitude autoritaire  » a déploré  un autre habitant. Tous ont été unanimes pour dire que la fermeture de l’hôpital au profit de celui de Sévaré a causé beaucoup de problèmes  quant  à la prise en charge des malades.

Auparavant, les deux ministres avaient rencontré le personnel de l’hôpital. Les problèmes   ont pour nom : l’insuffisance des ressources humaines, le manque de  formation des agents par rapport à la manipulation des nouveaux équipements. Les travailleurs ont aussi déploré la dégradation des conditions de travail.

Les ministres ont invité le syndicat et la direction à souffler dans la même trompette et d’entreprendre un dialogue pour mettre fin aux multiples blocages qui entravent le bon fonctionnement du service.  Car pour le ministre, l’Etat et ses partenaires ont consenti d’énormes efforts en investissant plus de 8 milliards FCFA dans cette infrastructure afin d’offrir des soins de qualité à la population. « Vous avez un bijou et je vous demande d’en prendre soin  » a-t-il  indiqué.  En ce qui concerne la formation des agents,  le ministre a rassuré que toutes les dispositions urgentes  seront prises pour juguler ce problème.

Ramata TEMBELY Envoyée spéciale à Mopti

 
SOURCE:  du   8 nov 2012.