HOPITAUX : Des policiers matraquent les internes du Point G

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En faisant déguerpir lundi matin les internes grévistes de l’enceinte de l’établissement sanitaire, l’administration de l’hôpital de Point G a provoqué l’ire des futurs médecins aujourd’hui incontournables dans le fonctionnement des hôpitaux. Cette mesure est considérée par les internes comme une atteinte à leur dignité et à la liberté de grève.

Hier matin, aux environs de 9 h, la panique régnait dans l’enceinte de l’hôpital national du Point G après que des policiers eurent donné l’assaut aux internes qui voulaient juste animer un point de presse sur leur mouvement de grève. Bilan des affrontements : quatre blessés légers du côté des internes.

Regroupés au sein d’une coordination nationale, les internes du Mali et les autorités sanitaires de notre pays ne parlent plus le même langage. N’ayant pas obtenu gain de cause à leur revendication (les internes réclament depuis six ans de meilleures conditions de travail, vu qu’ils jouent un rôle de premier plan dans le fonctionnement des hôpitaux), ont décidé d’observer une grève de 48 heures du 30 au 31 octobre (hier et aujourd’hui).

Jugeant illégal un attroupement peu habituel dans sa structure, le DG de l’hôpital du Point G a ordonné aux éléments du 8e arrondissement de faire déguerpir les grévistes.

« Ce n’est pas juste de venir indisposer la tranquillité de l’hôpital. Tout le monde a le droit de grever, mais quand on est en grève, on reste à la maison. Et puis aucun contrat ne lie l’administration des hôpitaux aux internes, nous avons pour mission d’assurer les formations pratiques », a-t-il fait valoir.

Les internes, par la voix de Mohamed Chérif Traoré, un des représentants de la commission médicale d’établissement, a alors condamné ce qu’il appelle « une agression dont sont victimes les internes ». Selon lui, les internes dans leur revendication ont opté pour une stratégie de dissuasion pour informer l’opinion publique de leur situation.

« Nous n’avons rien compris de la présence ce matin des forces de l’ordre car jusque-là nous sommes restés pacifiques. Nous étions seulement regroupés pour faire passer le mot d’ordre de grève et constater si les uns et les autres ont respecté ce mot d’ordre. Et voilà que subitement les policiers viennent nous agresser au vu et su du directeur et du surveillant général de l’hôpital », a poursuivi Mohamed Chérif Traoré.

Les affrontements ont fait quatre blessés du côté des internes, qui ont été immédiatement pris en charge par le service de l’urgence de l’hôpital.

Selon les grévistes, les autorités sanitaires sont largement informées de la situation difficile des internes. Et d’ajouter : « Les responsables du département de la Santé se sont montrés incapables de nous faire une proposition concrète de sortie de crise ».

Le 26 octobre dernier, la ministre de la Santé Mme Maïga Zeïnab Mint Youba, qui n’a pu dissuader les internes à abandonner leur projet de cessation de travail, aurait déclaré que les internes sont victimes de manipulation d’une main politique qui les incite à revendiquer ce que son département ne peut satisfaire dans un bref délai.

Les internes, entre autres doléances, réclament la somme de 500 F CFA par jour (actuellement ils gagnent 120 F CFA par jour), la gratuité de certains examens complémentaires comme l’échographie, le scanner, la goutte épaisse… la connexion de leur salle à l’Internet et l’amélioration de la nourriture de la cantine, qui est tellement impropre à la consommation qu’elle envoierait ad patres même une hyène.

Amadou Waïgalo

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