LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA: L’armée adopte un plan opérationnel

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Adopter un plan opérationnel en vue du conseil et du dépistage volontaire du VIH/SIDA dans les casernes, tel était l’objet d’un mini atelier qui a réuni hier au cercle Mess des officiers les commandants des régions militaires concernées par le programme. Un programme qui est le fruit de coopération entre le département américain à la défense et le ministère de la Défense et des anciens combattants de notre pays entrant dans le cadre du projet DOD.
 
Le cercle Mess des officiers a abrité hier un mini atelier portant «Plan opérationnel de lutte contre le VIH/SIDA », à travers le conseil et le dépistage volontaire au niveau de certaines casernes militaires de notre pays. En l’occurrence, celles de Bamako, Ségou, Sévaré et Tombouctou. Il a réuni les commandants des régions militaires avec l’implication de l’Ong internationale «Family Health International » (FHI) chargée de l’exécution du présent programme qui est le fuit de la coopération entre le département américain de la défense et le ministère malien de la Défense et des anciens combattants et qui s’inscrit dans le cadre du projet DOD du gouvernement des Etats Unis d’Amérique. Une brève cérémonie d’ouverture a donné le ton des travaux en présence du représentant du ministre de la Défense et des anciens combattants, le pharmacien colonel Elimane MARIKO, et de la Directrice de FHI, Mme Fatimata SY.
Prenant la parole, Mme SY a campé le décor en présentant le programme qui s’étend sur la période allant de septembre 2006 à avril 2007 et qui bénéficie du financement du département américain. Elle précise qu’il portera sur le conseil et le dépistage volontaire. La Directrice de FHI a saisi l’occasion pour rappeler que le présent programme n’est pas le premier du genre. Un autre programme similaire avait en effet été exécuté, lequel a couvert la période 2003-2004 et au cours duquel des centres de dépistages volontaires ont été ouverts à Bamako, Sévaré et Tombouctou et des pairs éducateurs formés. Aussi, a-t-elle indiqué que le programme dont le plan d’exécution a été soumis aux commandants des régions militaires vise-t-il la consolidation des acquis et l’exploration de voies et moyens pour la prise en charge pratique des cas de sida détectés à l’issue du dépistage.
Le pharmacien colonel, Elimane MARIKO, représentant le ministre de la défense et des anciens combattants, s’est pour sa part réjoui de la mise en œuvre de ce programme de lutte contre le VIH/SIDA qui est une des préoccupations des autorités de notre pays. Il a saisi l’occasion pour rappeler l’importance du dépistage et de la prise en charge des cas de sida. Car, selon des sources proches de l’armée, la prévention du VIH/SIDA est devenue plus urgente avec le déploiement accru des soldats dans le cadre des missions de maintien de la paix. La mobilité des éléments à l’intérieur même du pays et les séparations prolongées de conjoints constituent aussi des facteurs de risque. La présence de réfugiés et de personnes déplacées intensifie le risque d’exposition au sida.
Le programme en cours a pour objectif général de contribuer à la réduction de la propagation du VIH/SIDA en ciblant le personnel militaire et les populations environnantes des casernes militaires. Il porte sur une diversité d’activités : la formation des pairs éducateurs ; l’organisation de séances d’information et de sensibilisation ; l’approvisionnement régulier en réactif de dépistage ; la formation de professionnels de la santé sur des techniques et des considérations pour la prestation des soins cliniques ; l’organisation d’une journée de formation sur les précautions universelles par caserne concernées.
En tous les cas, la dernière enquête démographique et de santé (EDS III) réalisée dans notre pays en 2001 révèle que le taux de prévalence est de 1,7%. Selon les mêmes données, les femmes sont deux fois plus touchées par le sida que les hommes dans les proportions respectivement de 2% et de 1,3%. L’on note également que la tranche d’âge de 25 à 34 ans est la plus affectée. Parmi les facteurs de risques les plus généralement relevés, l’on retrouve la multiplicité de partenaires sexuels, la précocité des relations sexuelles et la non utilisation des préservatifs. Face à quoi, l’on prône : fidélité, abstinence, préservatif.

Par Bertin DAKOUO

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