Pour éviter que la gestion du régime d’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) ne connaisse une situation tragique d’ici au 31 décembre 2016

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La CANAM bientôt dotée d’un nouveau système d’information biométrique pour une gestion moderne et intégrée

carte-AmoPour éviter le risque de provoquer l’arrêt annoncé au 31 décembre 2016 du Progiciel ESQUIF (il a été acquis depuis 2010), la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CANAM) sera bientôt dotée d’un  nouveau système d’information biométrique pour une gestion moderne et intégrée du régime d’Assurance Maladie Obligatoire. Ce qui permettra d’améliorer la gestion de l’AMO afin d’éviter la fraude. C’est l’une des réformes majeures qui va pérenniser la CANAM. 

Si l’Assurance Maladie obligatoire (AMO) fait aujourd’hui la fierté des Maliens, force est de reconnaitre aussi que la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CANAM) est confrontée à d’énormes difficultés. Il s’agit, entre autres, de la pratique de la fraude au niveau des assurés et des prestataires, l’indisponibilité dans les délais légaux, des cartes d’assurés, la non fiabilité des cartes d’assurés actuelles ainsi que le délai relativement long dans le traitement des feuilles de soins. Sans compter la non-traçabilité des transactions avec les prestataires. A ces difficultés, il faut ajouter aussi que la CANAM est dans l’obligation de changer son système information de l’AMO dénommé ESQUIF et sa plateforme technique d’ici à décembre 2016. Acquis en 2010, ce Progiciel contient actuellement toutes les données de la gestion des assurés. Il s’agit de l’immatriculation, de la gestion des droits à la prestation. Et la gestion des prestations des soins notamment la liquidation des prestations et le payement des prestataires.

Selon une correspondance en date du 4 septembre 2014, la firme française CEGEDIM (elle a conçu et commercialise ledit Progiciel) avait informé la direction de la CANAM de la fin de vie du système pour le 31 décembre 2016 en mettant ainsi un terme à l’engagement. “Si aucune action n’est entreprise d’ici là, la CANAM et les organismes gestionnaires délégués (INPS et CMSS) courent le risque d’un arrêt des activités gérées sur ledit Progiciel qui constitue actuellement le cœur du métier de la gestion de l’AMO” nous a confié notre source.

C’est pour toutes ces raisons que la direction générale de la CANAM a décidé d’anticiper et de prendre des mesures pour apporter des solutions durables à ces problèmes. Il s’agira de doter la structure d’une gestion moderne et intégrée du régime d’Assurance maladie obligatoire. Ce qui passe obligatoirement par un nouveau système d’information biométrique et de type Web Ervice. C’est dans ce cadre que le Conseil des ministres du 26 août 2015 a adopté un projet de décret portant approbation du marché relatif à la fourniture de ce système. Le marché a été conclu entre le gouvernement et la société Cissé Technologie pour un montant de près de 8 milliards de FCFA. Cela avec un délai d’exécution de 18 mois.   Avec l’acquisition de ce nouveau système intégré, il s’agira désormais d’améliorer la gestion de l’AMO. Ce qui passe par la détection systématique et une lutte plus efficace contre la fraude, l’augmentation de la productivité et l’optimisation des coûts de gestion. Voilà, entre autres, les avantages pour les structures de gestion de l’AMO à savoir la CANAM, l’INPS et la CMSS.

Pour les prestataires conventionnés, il permettra de réduire les coûts et les circuits administratifs. Sans oublier la célérité dans le traitement des feuilles de soins, la traçabilité des opérations avec les structures de gestion et l’accès à des services complémentaires au travers d’un portail dédié. Pour les assurés, il s’agit de la simplicité des démarches administratives, la disponibilité des cartes dans les délais.

Il faut préciser que les assurés seront bientôt dotés des cartes biométriques intégrant les numéros d’identification nationale (NINA). La biométrie, faut-t-il rappeler, est une solution innovante utilisée par les Etats et les organisations facilitant l’accès aux élections, aux services sociaux ou à l’emploi.

Plusieurs pays africains comme la Côte d’Ivoire, la Mauritanie, la Guinée ou le Togo utilisent aujourd’hui cette technologie  où sont en voie de le faire dans la gestion de la sécurité sociale ou de l’Assurance Maladie.

Alou Badra HAIDARA

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