Rapport du Fonds mondial sur le programme de lutte contre le Sida : Les acteurs estiment que les exigences de transparence du bailleur ne sont pas compatibles avec le tissu socioéconomique du Mali »

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Dr Youssouf Diallo, le représentant du HCNLS (G), Dr Souleymane Dolo et Dr Dembélé Bintat Keita
Dr Youssouf Diallo, le représentant du HCNLS , Dr Souleymane Dolo et Dr Dembélé Bintat Keita (G-D)

Les acteurs de mise en œuvre du programme de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose étaient face à la presse, ce matin dans la salle Koumablon du Grand Hôtel de Bamako. Objectif : partager le contenu du rapport de Bureau de l’inspecteur général (BIG) sur le financement du Fonds Mondial avec les hommes de média. La conférence était animée par le représentant du directeur exécutif du HCNLS, Dr Youssouf Diallo. Celui-ci avait à ses côtés, la présidente d’ARCAD-SIDA, Dr Dembélé Binta Kéïta et le directeur exécutif du groupe pivot santé-population, Dr Souleymane Dolo.

 

Rappelons que le Fonds mondial avait, en 2010, porté des accusations sur la gestion des subventions VIH en annonçant des montants faramineux qui auraient été détournés par les acteurs de mise en œuvre. Ainsi, le 6 octobre dernier, le Bureau de l’inspecteur général du fonds mondial de lutte contre la Sida, le Paludisme et la Tuberculose a déposé son rapport d’investigation. Ledit rapport porte sur l’accord de don sur le financement de l’expansion des réseaux intégrés de prévention et de soin du VIH/SIDA et des maladies sexuellement transmissibles dans la capitale et dans les différentes régions du Mali.

 

Les activités y afférentes ont été exécutées de 2005 à 2010, à travers deux phases de 2 puis 3 ans, avec un budget de 45,2 millions de dollars US. Cette subvention a été mise en œuvre par le Haut conseil national de lutte contre le Sida (HCNLS) comme récipiendaire principal avec trois autres récipiendaires secondaires. Il s’agit de l’association de recherche de communication et d’accompagnement à domicile des personnes vivant avec le VIH et le Sida (ARCAD-Sida), la cellule sectorielle de lutte contre le Sida du ministère de la Santé (CSLS) et le Groupe pivot santé population (GP/SP).

Les conclusions du rapport font ressortir un montant final injustifié de 3 050 dollars US soit 0,007% du budget, des factures supposées non conformes d’un montant de 2 207 055 dollars US soit 4,88% du budget.

À en croire le directeur exécutif d’ARCAD-Sida, Dr Souleymane Dolo, le BIG a considéré que la cause fondamentale des irrégularités exposées dans son document résidait dans la faiblesse du dispositif de contrôle au sein duquel les récipiendaires de la subvention ont exercé leurs activités.

 

Aussi, le Bureau du vérificateur général de la république met en exergue « la question fondamentale d’adéquation du système de gestion mis en place avec l’environnement général dans lequel évoluent les acteurs concernés ».

Pour Dr Dembélé Bintou Kéïta, les exigences de transparence du bailleur ne sont pas compatibles avec le tissu socioéconomique du pays qui est essentiellement composé d’acteurs non alphabétisés et travaillant dans l’informel. Elle a signalé qu’un comité de relecture a été mis en place par le Fonds Mondial pour revoir les montants annoncés dans le présent rapport et examiner les correctifs à apporter.

 

Parlant des conséquences des accusations du Fonds mondial, le représentant du directeur exécutif du HCNLS, Dr Youssouf Diallo dira que cette situation a entaché l’honneur de notre pays et ses instances de mise en œuvre de programmes de santé au profit des populations avec des allégations du type « la fraude est systématique ». Elle a fait perdre également à la société civile malienne sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds et occasionner la fermeture de plus 50 ONG et association malienne œuvrant pour le bien-être des populations avec des résultats salués par plus d’une dizaine de partenaires techniques et financiers sur plus de vingt ans.

Il a mis l’occasion à profit pour dénoncer les mesures draconiennes entreprises par le Fonds mondial pour l’exécution des subventions en cours. Il s’agit de la politique de non mise à disposition de fonds (zéro cash policy), le remplacement des entités nationales par des organisations étrangères et la remise en question de la pertinence des activités de formation.

 

Boubacar PAITAO

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2 COMMENTAIRES

  1. “Pour Dr Dembélé Bintou Kéïta, les exigences de transparence du bailleur ne sont pas compatibles avec le tissu socioéconomique du pays” 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

    C’est ça! Pas “COMPATIBLE”!
    C’est vrai comme déjà (hélas) démontré, le SIDA était, avant les fameuses “exigences de contrôle” actuelles du nouveau système, une formidable tire-lire dans laquelle tous les pourris et les véreux de la mouvance SIDA puisaient honteusement!

    Alors maintenant qu’ils imposent un système qui empêche de voler, il ne peut être qu’INCOMPATIBLE AVEC NOTRE MALI! 🙄 🙄 🙄 🙄

    Et dire qu’elle n’a même pas honte! “Incompatible”… 😳 😳 😳 😳

  2. Les maliens ne peuvent s’en prendre qu’à eux mêmes; Ils ont été pris en délit de mauvaise gestion les responsables maliens et une fois le robinet fermé on crie au scandale! Précisément ceux qui animent les médias et se font victimes sont ceux qui ont pillé leurs concitoyens et détourné les fonds (enfants en vacances aux USA et Europe, véhicules de luxe et argent de poche aux mineurs, villas qui poussent de partout)Nom de Dieu c’est vrai le ridicule ne tue car le Fonds monial n’est pas comme le FMI sinon tous ces gens seraient derrière les barreaux!Sinon pourquoi craint on le “zéro cash” parce qu’il n’y a plus d’argent physique à manipuler par des véreux! Sinon l’argent est disponible et peut même être augmenter mais quand le malien n’a peut pas puiser dans ce qui n’est pas à lui honteusement alors il invente toute sorte de manigance pour qu’on revienne à l’ancien système qui permet de se remplir les poches en volant mais pas en méritant! Pauvre Mali, j’en pleure… et on dira hassidi!

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