Transport des malades hospitalisés : Un véritable casse-tête pour les accompagnants

0
1

Depuis quelques temps, les accompagnants des malades hospitalisés dans nos centres de santé publics, broient du noir. A l’origine de leur cauchemar, le paiement des frais de carburant aux ambulanciers. Ces  frais (qui varient entre 3000 et 5000 F CFA) payés en avance, constituent la seule condition pour qu’un malade hospitalisé ait le privilège d’être évacué. Pourtant, ce service est gratuit selon  les textes. Ainsi, nombre des malades sont traînés pendant des heures au niveau de nos hôpitaux pour des miettes.

 

Décidément, les Bamakois voire les maliens sont loin de sortir de l’ornière en matière de transport des malades hospitalisés dans nos centres de santé publics. Et pour cause, les ambulanciers devant assurer ce service ne jurent que par l’argent. Ainsi, ils exigent aux accompagnants des patients le paiement de 3000 à 5000 F CFA pour dit-on payer du carburant. Or pour des besoins d’analyses et autres des malades sont déplacés à plusieurs reprises. Et à chaque déplacement, l’accompagnant est obligé de mettre la main dans la poche. Ce qui fait que rien qu’en frais de déplacement des accompagnants déboursent plus de 15 000 F CFA. 

 

Et le plus grave dans tout ça, c’est que le phénomène s’est imposé comme une loi. Ainsi, toute personne qui l’enfreint, voit son  malade abandonné sur son lit d’hôpital comme un chien. Peu importe la gravité de sa maladie.

« Sans les frais de carburant nous, on ne bouge pas. Est-ce que toi, tu vaux mieux que celui que ceux qui payent. Ils sont des maliens comme toi », « je n’ai pas d’argent ait pitié de moi, tout ce que j’avais, je l’ai dépensé dans des ordonnances. Je ne sais même pas comment je vais payer la dernière analyse de mon malade », «3000 F ou rien »   sont des propos que s’échangeaient un ambulancier et un accompagnant de malade,  le vendredi dernier à l’hôpital du Gabriel Touré.

L’accompagnant qui était visiblement en colère s’est adressé à un major qui a rappelé à l’ordre l’ambulancier.

A en croire ce major, les frais de transport des malades hospitalisés sont inclus dans les frais d’hospitalisation. Donc transporter ceux-ci moyennant de l’argent est illégal.

« Mais que faire, au Mali, les textes qui régissent nos hôpitaux ou centres de santé publics sont  ignorés par les usagers, qui à la moindre intimidation déboursent de l’argent.  Il ne faut pas les en vouloir, c’est au personnel sanitaire de les expliquer les textes. Mais ceux-ci ne le font pas dans le seul but de soudoyer nos paisibles citoyens qui sous la panique font tout pour sauver leurs malades », a poursuivi le major qui a préféré garder l’anonymat.

« Mon malade a traîné pendant au moins 3 heures au niveau du Gabriel Touré, car je n’avais pas les frais de carburant que les ambulanciers demandaient. Ainsi, j’ai été obligé de téléphoner à mon frère pour qu’il me trouve ces sous et avant qu’il arrive, 3 bonnes heures s’étaient écoulées. Cela parce que l’argent que j’avais sur mois était tout juste ce qu’il faut pour payer les frais d’analyse qu’on s’apprêtait à faire », souligne un accompagnant.

Un autre accompagnant explique : « Pour aller à point G avec mon malade, j’ai été confronté à toute sorte de peine, car l’ambulancier refusait de prendre 2000 F CFA. Il exigeait 3000 F ou rien. Dieu merci, un médecin interne m’a complété ».

Aujourd’hui le phénomène a pris tellement de l’ampleur que, c’est un secret de polichinelle.

Dans ce cas, pourquoi nos autorités laissent faire ces ambulanciers indélicats ?

Ce qui est évident, c’est qu’au Mali, les autorités ne réagissent que quant il est trop tard.

 

 

Issa Diarra


NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.