Victime d’une luxation pendant la crise du Nord du Mali : La petite Hadjaratou Maïga opérée avec succès grâce à l’Ong AED

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hadjaratouOn ne le dira jamais assez. La crise qu’a traversée le Mali a laissé beaucoup d’impacts négatifs dans la société et même fait beaucoup de victimes. La petite Hadjaratou Maïga, 14 ans, en est une. Elle vient d’être opérée d’une luxation du poignet gauche, à l’hôpital mère-enfant le Luxembourg de Bamako. Cette opération a été rendue possible grâce au concours de l’Ong AED, en partenariat avec l’ordre des médecins du district de Bamako.

 

Selon les explications de Fatoumata Maïga, la tante de Hadjaratou Maïga : ” la petite fille se trouvait au marché de Gao où elle vendait des jus naturels, quand les terroristes ont attaqué le marché. En fuyant, elle est tombée. C’est ainsi que la foule est montée sur elle. Elle s’en est sortie avec une luxation du poignet gauche “. Fatoumata Maïga déclare qu’en raison de la pauvreté de la famille,  l’enfant n’a pu être évacuée dans un centre hospitalier et s’est contentée de massages. Cependant, cette thérapie n’a pas apporté les résultats escomptés. Au contraire ! L’état de la petite fille s’est même aggravé au point que tout le bras est devenu raide. Quelques mois plus tard, ils ont fui les combats et se sont retrouvés à Ségou. C’est l’Ong Association d’entraide et de développement (AED), dans son projet ” centre d’écoute et d’accompagnement psychosocial des personnes déplacées internes du Nord Mali à Ségou “, qui a découvert Hadjaratou, a indiqué le coordinateur dudit projet, Eustache Lambert Coovi Amoule. ” Nous avons découvert la petite Hadjaratou Maïga dans le cadre du projet éducation, afin de permettre aux enfants déplacés de ne pas rompre totalement les études ” a précisé M. Lambert. Avant de déplorer le fait que les structures en charge de secourir les personnes déplacées à Ségou n’ont pas mis l’accent sur la santé. ” Bien que le projet ne s’occupe pas du volet santé, l’histoire de la petite Hadjaratou a touché les membres de l’Ong, sur les 37 cas que nous devrions absolument sauver” a-t-il expliqué. Le coordinateur de rappeler que pour le seul cas de Hadjaratou, il fallait rassembler à peu près la somme de deux millions de Fcfa.  L’Ong n’ayant pas de budget pour ce projet, a du faire appel aux bonnes volontés en particulier son partenaire privilégié, l’Ong DVV International. Après consultation du dossier, cet organisme allemand a accepté de financer l’opération de Hadjaratou. C’est alors que M. Lambert entra en contact avec le président de l’ordre des médecins du district de Bamako, Dr Kamaté Moussa pour la partie technique. Ce dernier, après l’avoir consulté, a compris que seule une intervention chirurgicale pouvait sauver la petite Hadjaratou. Mais l’état de la luxation était déjà à un stade avancé et il fallait l’intervention d’un chirurgien spécialiste et expérimenté en chirurgie orthopédique et traumatologie-arthoscopie.

 

Dr Kamaté a ainsi jugé nécessaire d’utiliser ses relations avec ses partenaires tunisiens à travers son Cabinet Sianwa. ”  Quand M. Lambert m’a contacté pour me soumettre le cas de Hadjaratou Maïga, j’ai tout de suite pris le projet à bras le corps. Vu l’état avancé de l’anomalie, j’ai jugé nécessaire de faire venir à travers le partenariat de mon Cabinet, mes partenaires de la Tunisie pour l’intervention ” a-t-il déclaré.

Selon Dr Kamaté, ce partenariat permettra de mieux nous outiller, d’organiser des filières de transferts des patients en Tunisie, l’échange d’expérience, dans un partenariat gagnant-gagnant avec les cliniques privées de Monastir.

Il a ensuite expliqué que pour une première demande, ses partenaires ont répondu favorablement en envoyant le Dr Rafik Jawahdou, diplômé de la faculté de médecine de Monastir, ancien praticien des hôpitaux de France et membre de la société internationale de chirurgie orthopédique et traumatologique (Sicot). C’est ce dernier, en collaboration avec Dr Terna Traoré, orthopédique à l’hôpital mère-enfant le Luxembourg qui a effectué l’intervention.

Après l’opération, Dr Rafik a indiqué que la luxation a été réduite et que la patiente a la chance de pouvoir encore un jour, utiliser sa main. ” Avec la durée du mal, c’était impossible de récupérer la mobilité du bras à 100%. Néanmoins, elle pourra utiliser sa main pour faire les petits travaux, mais pas pour transporter  les objets lourds ” a-t-il précisé.

Avant d’ajouter que cette collaboration s’inscrit dans le cadre du partenariat sud-sud. ” Nous pensons qu’en tant qu’africains, nous pouvons faire beaucoup de chose chez nous, sans toutefois évacuer nos malades vers l’Europe. En Tunisie,  nous pouvons guérir avec des appareils aussi appropriés qu’en Europe, et à moindres coûts ” a-t-il indiqué. ” Toujours dans ce cadre, je pourrais me déplacer et faire des interventions chirurgicales à bloc sur place ici au Mali, ce qui reviendrait moins cher aux patients, que d’être évacués ” a proposé Dr Rafik Jawahdou.

 

 

Et de conclure que le projet ne s’arrêtera pas en si bon chemin, car dans quelques jours, des produits tunisiens seront sur le marché malien, grâce à ce partenariat.Le directeur général de l’hôpital mère-enfant le Luxembourg, Pr Diarra Mamadou Bacary, qui a accueilli la petite Hadjaratou, dans sa structure, s’est réjoui de la prise en charge de la petite qui selon lui, entre en droite ligne avec la politique de sa structure, qui est celle de s’occuper de la santé de la mère et de l’enfant. Il a ensuite rappelé que son hôpital a pour vocation de mettre en synergie les personnes exerçant dans la médecine, pour le bonheur des patients. ” Nous souhaitons que de tels projets se perpétuent dans l’intérêt de la mère et de l’enfant “ a-t-il indiqué.Selon les informations qui nous a été données ce matin, la petite Hadjaratou se porte bien, et se remet parfaitement de son opération. Voilà un cas parmi tant d’autres, qui interpelle les autorités à prendre au sérieux la prise en charge des victimes de la crise du Nord du Mali. La petite Hadjaratou a eu la chance d’être prise en charge par cette Ong, mais combien y a-t-il de victimes de la crise du Nord Mali, qui souffrent sans aucune aide ? Nous pensons que les autorités feraient mieux d’organiser les campagnes de détection des victimes de guerre.

        Clarisse Njikam

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1 commentaire

  1. Prompt rétablissement ma soeur. Merci et tous nos encouragements à tous ces ONG qui ne cessent de rendre service aux populations démunies.

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