VIH/SIDA : Evolution et prise en charge

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Sensibiliser sur de la question du VIH/SIDA, notamment pour ce qui est de la solidarité envers les personnes vivant avec la maladie, tel était l’objet d’une conférence-débat que le Centre Djoliba a abrité hier. Evolution de la maladie dans notre pays et mesures adoptées depuis, notion, nécessité et domaines de solidarité étaient entre autres questions abordées par les conférenciers, Yéyia Issa MAIGA, premier Coordinateur du Haut conseil national de lutte contre le sida, et Hamidou BAGAYOGO, directeur national adjoint de la Protection sociale et de l’économie solidaire.

A la faveur de cette douzième édition du mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion la question du VIH/SIDA a été de nouveau placée au cœur des préoccupations. C’est dans ce cadre qu’une conférence-débat a été organisée hier au Centre Djoliba et dont le thème était : « La solidarité : moyen de lutte contre le sida ». La conférence était placée sous la présidence du Secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le sida, Malick SENE. Pour introduire les débats, deux connaisseurs de la question étaient invités, à savoir Yéyia Issa MAIGA, le premier Coordinateur du Haut conseil national de lutte contre le VIH/SIDA, et Hamidou BAGAYOGO, directeur national adjoint de la Protection sociale et de l’économie solidaire.

Le premier, M. MAIGA, a abordé la question relative à l’évolution de la maladie qui a fait son apparition dans notre pays autour des années 1985. La première réaction des autorités ayant été à l’époque de tenter de tenir secrète son existence avec comme raison invoquée que cela pourrait amener les touristes étrangers à privilégier d’autres destinations. A la décharge peut-être de notre pays, le conférencier a révélé que d’autres pays voisins du Mali avaient adopté la même stratégie de dissimulation avant que tous ne se ravisent. Ainsi a vu jour dans notre pays le premier programme de lutte contre le VIH/SIDA. Il portait sur une période de seulement 18 mois. Pour le Gouvernement malien, il s’agissait d’installer pendant ce temps un système de dépistage chez nous (INRSP), de sécuriser certains hôpitaux, centres de transfusion sanguine et d’intensifier la sensibilisation à la radio. Au cours de ces 18 mois, les enquêtes avaient révélé l’élargissement de la maladie à l’ensemble des régions du pays avec des taux de prévalence différents. D’où un nouveau programme étendu cette fois-ci à cinq ans et au cours duquel le maître mot était : prévention tous azimuts. Il sera marqué par l’implication de la société civile dans la lutte contre la maladie.

Plus tard, à partir de 1992, une enquête approfondie a révélé la présence de la maladie dans les localités les plus réculées du pays. Dès lors, tous les départements ministériels ont été appelés en renfort, le constat ayant été fait que le sida n’est plus seulement une question de santé, mais qu’il revêtait des aspects connexes. Aussi, l’initiative des ARV a-t-elle vu le jour qui a abouti à la gratuité des soins.

Parlant de raisons qui doivent pousser à la solidarité envers les personnes vivant avec le VIH/SIDA, M. BAGAYOGO a invoqué certains aspects : l’augmentation du nombre des orphelins du sida ; l’impact négatif de la maladie sur ma démographie en réduisant l’espérance de vie et sur l’économie dont elle brise la croissance ; le coût individuel du traitement de la maladie ; les pesanteurs culturelles…Quant aux domaines de solidarité, il a identifié entre autres : la participation à l’information et la sensibilisation sur la maladie ; la participation au dépistage précoce ; la contribution à l’amélioration des conditions de vie des personnes atteintes de sida, en prenant notamment en charge certains besoins ; la stigmatisation à éviter ; la poursuite de la recherche dans le cadre de la solidarité internationale, beaucoup d’Etats n’ayant pas les moyens d’assurer cette recherche ; la prise d’initiatives comme l’a fait la France qui a légèrement augmenté les prix des billets d’avion… Pour ce qui est des obstacles rencontrés dans la croisade anti-sida, le directeur adjoint cite la pauvreté, l’analphabétisme, la naïveté, la stigmatisation…

Dans une mise au point, le secrétaire exécutif  du Haut conseil national de lutte contre le sida, Malick SENE, a expliqué que le rattachement de sa structure à la présidence de la République n’est nullement le fait de notre chef de l’Etat. C’est une décision, dira-t-il, des bailleurs de fonds qui estiment la question du sida ne saurait plus être du ressort d’un seul département. D’où la Déclaration des chefs d’Etats à Abuja, au Nigeria, selon laquelle la coordination se fera désormais au niveau gouvernemental ou de la présidence.

Par Bertin DAKOUO

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