Rencontre sous-régionale des prostituées à Bamako : L’événement parrainé par un haut responsable de l’assemblée nationale

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Un membre du bureau de l’Assemblée Nationale et non des moindres a  été le parrain de la rencontre sous-régionale des travailleuses du sexe tenue le vendredi 11 novembre dernier au Centre International de Conférences de Bamako (CICB). Premier du genre dans notre pays, ce congrès a été initié par le réseau Afrique Francophone en partenariat  avec la coordination de l’Association Danaya So. Avant d’être interrompu manu militari par le 2ème arrondissement et l’Association des jeunes musulmans du Mali.

Le parrain de cette rencontre des prostitués, qui n’est autre qu’un député et membre très influent du bureau de l’Assemblée Nationale, et partant pour les prochaines joutes électorales de 2012. Pour cette cause noble,  il bénéficie, déjà, d’un grand soutien au niveau des maliens et multiplie les démarches pour se racheter auprès  de la classe musulmane. Mais en décidant d’être le parrain du congrès des travailleuses du sexe, notre honorable dépité, pardon, député veut  ouvrir la voie du débat sur la législation du travail du sexe dans notre pays, avant de plaider pour la dépénalisation de la prostitution. Surtout que l’honorable élu de la nation est lui-même porté sur la bagatelle. A en croire nos sources, ce dépité, un haut responsable du bureau de l’Assemblée et non moins un « cambida » (entendez candidat) aux prochains scrutins, veut non seulement mettre fin à la traque des prostituées par la police.

Pour notre honorable, parrainer les travailleuse du sexe ne signifie pas qu’on encourage le marché du sexe. Au contraire, il estime que cela pourrait ouvrir la voie à des politiques qui protègent les personnes contraintes de se prostituer. Aussi, il explique comment cette mesure pourrait aider à la lutte contre le sida: «les prostituées pourront signaler les individus qui les ont exposées volontairement aux risques de transmission du virus du sida, et les hommes qui font appel à leurs services ne pourront plus abuser d’elles  comme c’est le ca actuellement », aurait-il confié à un de ses proches, à la veille de ce congrès des prostitués.                                    

Il est vrai que les grands axes routiers vers nos pays frontaliers ont longtemps été perçus comme des vecteurs de transmission de la maladie. Les routiers se paient les services de prostituées qui les attendent au bord des routes. Une d’entre elles, et membre de l’Association Danaya So  témoigne: «les prostituées sont soumises au refus de certains clients de payer, ou de se protéger». Dans ce genre de situation, elle ne peut pas se tourner vers la police : «La police nous traque en permanence et nous sommes constamment en train de fuir ou de nous cacher. (…) Il arrive même que des agents peu scrupuleux proposent de nous relâcher en échange d’une passe gratuite».                   

L’inquiétude des travailleuses du sexe semble avoir  reçu le soutien de cet honorable député de l’Assemblée Nationale. Mais pour l’instant, cet élu de la nation, ne s’est pas encore exprimé sur la question. Du moins pas officiellement. Notre honorable a irrité les sensibilités conservatrices des groupes religieux très influents de notre pays. Déjà, une fatwa aurait été prononcée contre l’honorable député.                                                      

Pour l’Association des jeune musulmans du Mali, selon les valeurs de l’Islam, le sexe est réservé au couple marié, dans le but de procréer, et payer pour avoir une relation sexuelle est tabou : « j’espère que le Mali, étant un pays à majorité musulmane, n’autorisera pas la décriminalisation de ce marché».                 

En attendant, certaines couches de la population menace de marcher. Et à défaut de  se faire justice. Surtout qu’il y a un antécédent fâcheux qui a porté sur la rencontre des homosexuels dans un hôtel de la place. Cette rencontre a eu le soutien d’un haut cadre du secrétariat général de la présidence à l’époque.

Jean pierre James

 

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