Secteur public-privé dans le commerce du bois : L’exemple du Mali fait cas d’école en Afrique de l’Ouest

A l’occasion de la conférence de Bissau sur le commerce international du bois, le Mali a fait bonne figure à travers le partenariat public-privé.

 

En Guinée-Bissau où s’est tenue du 29 au 31 mars dernier une importante réunion sur le commerce international du bois, notre pays a été bien  représenté et salué pour son partenariat public-privé bien inspiré en la matière. Et les participants ne pouvaient qu’être impressionnés par le bon climat de collaboration entre les acteurs du secteur (public-privé).

C’est le cas de l’entreprise Générale Industrie du bois (GIB) et du gouvernement du Mali. Leur franche collaboration permet de développer l’industrie du bois et la protection de l’environnement. Très engagées pour le développement du secteur du bois dans notre pays, les autorités nationales ont fait de la question une priorité en associant à son essor le secteur privé.

La participation de notre compatriote Aboubacrine Cissé, PDG de l’entreprise GIB à la rencontre den Bissau rentre dans ce cadre, car son entreprise est dotée d’une grande expérience en matière de transformation du bois et dans la protection de l’environnement. C’est ce qui explique l’intérêt que  ses idées innovantes ont eu auprès des acteurs du secteur.

Ainsi, à cette réunion qui duré 3 jours, il a été essentiellement question du commerce international et de la protection de l’environnement, la lutte contre l’exploitation forestière illégale et non durable et le commerce des ressources ligneuses issues des forêts sèches d’Afrique de l’Ouest.

Lors de la cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre de l’Environnement de la Guinée-Bissau en présence des représentants de plusieurs pays, de l’Union africaine, de la Cédéao et des ONG internationales, le PDG Cissé a évoqué son expérience personnelle en matière de partenariat avec le gouvernement.

De même, il a fait un exposé magistral sur l’arbre Erinaceus ou le bois de vène sous le thème : “P. Erinaceus : Une opportunité pour combattre la pauvreté dans les régions des forêts sèches-Construire l’avenir du développement durable d’une industrie de Hongmu en Afrique de l’Ouest”.

L’expertise de son entreprise au Mali et dans la sous-région constitue une référence dans le secteur du bois.

La gestion et de l’entreprenariat font qu’Aboubacrine Cissé travaille   avec l’Etat malien pour développer durablement un partenariat dont le socle est le reboisement de plusieurs centaines d’hectares de forêts dans notre pays. Sur ces chantiers, 300 employés travaillent à plein temps et l’entreprise GIB entend développer cette expérience dans d’autres localités du pays. Aujourd’hui, le résultat est palpable, la GIB est la seule entreprise qui produit du bois, procède à une première transformation et exporte le produit fini.

Soucieuse de la protection de l’environnement, l’entreprise a mis en place une stratégie de régénération du bois avec les services des eaux et forêts du Mali. Pour renforcer le partenariat public-privé, elle a formé sur fonds propres, une centaine d’agents des eaux et forêts sur la législation de la protection de l’environnement. Ce qui fait de l’expérience de la GIB, une première et unique en Afrique de l’Ouest.

D’où l’accueil et les encouragements dont le PDG de la GIB a eu droit de la part de l’ensemble des pays présents, le représentant de l’Union africaine et le représentant de la Cédéao, entre autres. Et des participants public-privé souhaitent voir l’expérience se concrétiser dans d’autres pays. Rendez-vous est pris  du 27 septembre au 5 octobre 2016 où une grande rencontre sur le sujet va se tenir  au cours de laquelle notre pays sera en tête de liste des pays invités pour partager son expérience.

 

La vène, un arbre de survie

Selon les spécialistes, le bois de vène est une essence de valeur économique forte, convoitée tant au niveau national qu’international. Le Mali regorge d’immenses potentialités dans les régions de Kayes-Sud, Koulikoro-Sud et Sikasso. Malheureusement, ces potentialités s’envolent à travers l’action des défrichements anarchiques, doublés de brûlures du fait de la cotonculture, la mutilation d’arbres, les feux de brousse et certaines maladies qui entraînent la mort du bois de vène.

Avec le développement des comptoirs asiatiques au Mali sur l’exportation du bois de vène, l’essence a connu une exploitation anarchique. Cette situation alarmante a tiré l’attention des plus hautes autorités du Mali qui ont immédiatement pris des mesures rigoureuses comme l’arrêté interministériel pris le 10 juillet 2014 et signé par les ministres concernés afin d’interdire l’exportation du bois d’œuvre, du bois de service, du bois de chauffe et bien d’autres.

Cette interdiction concerne même le bois écorcés, désaubiérés ou équarris. La deuxième mesure est l’application rigoureuse de l’instruction conjointe entre la douane et les eaux et forêts relative aux procédures de contrôle de la circulation du bois et des produits forestiers non ligneux en date du 26 septembre 2014.

Enfin, la décision du directeur général des eaux et forêts adressée aux DREF et du directeur de l’OPNBB par lettre circulaire n°254/MEADD-DNF du 8 mars 2016. Dans le respect strict de ses textes, la Générale Industrie du Bois a noué un partenariat avec l’Etat pour apporter une valeur ajoutée au bois de vène.

A. M. C.

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