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«Redresser l’Etat, lui rendre son crédit, son autorité et fonder un véritable et non factice Etat de droit...Il n’est pas normal que de nombreuses Maliennes perdent encore, en ce 21ème siècle, la vie, en la donnant. Il n’est pas normal que la malnutrition, les maladies hydriques et d’autres parfaitement maîtrisables car préventives, fassent encore des victimes dans notre pays...
Dans le domaine du développement, de fortes et nobles ambitions ont été proclamées. Cela est sûrement louable mais nous aurions été rassurés qu’elles fussent accompagnées d’égales ambitions en matière de préservation de l’environnement, de protection de notre fragile éco-système et de lutte résolue et méthodique contre l’avancée du désert et la raréfaction des ressources hydriques...». Voilà, entre autres, quelques axes de la vision que le président IBK propose au peuple malien. Il l’a déclamée le dimanche 28 janvier en prononçant son discours d’investiture.
Investi par son parti, le RPM, candidat à l’élection présidentielle du 29 avril, Ibrahim Boubacar Kéïta, très en forme, a prononcé un discours de grande facture. D’abord, il a rappelé sa gestion à la tête du gouvernement malien (1994-1996) en ces termes :
«C’est bien nous souvenant de tout cela que lorsque nous fûmes conviés aux affaires au niveau que chacun sait, nous avons partagé avec le président Konaré le souci d’un redressement rapide de l’Etat et de son autorité. Une autorité fondée sur le droit et le dialogue permanent avec le peuple, notamment à travers un système de concertations générales à l’échelon national et à celui régional. Un Etat bien campé dans son rôle de sécurisation des personnes et de leurs biens, régulateur du champ économique sans être acteur d’aucune façon, d’égal partage au seul bénéfice de tous les fils du pays, un Etat non populiste et surtout repoussant toute démagogie antinomique avec une gestion moderne. Enfin, un Etat fondé solidement sur le règne du droit. En sorte qu’il suffise de le dire pour assurer l’harmonie sociale et la quiétude politique et économique. Un Etat que nous avons essayé de construire et dont nous sommes fiers d’avoir posé les fondations. Assurément un Etat non patrimonialiste. Voilà la tâche à laquelle nous convions, de nouveau, l’ensemble national car aujourd’hui un tel Etat n’existe plus au Mali».
Puis, IBK a relevé certains comportements du pouvoir à l’antipode de la démocratie : «il n’est que de regarder notre télévision nationale pour se demander sous quels cieux nous nous trouvons. Le combat des démocrates maliens, des patriotes au long des décennies de luttes acharnées est aujourd’hui galvaudé. Ce qui est sûr et évident pour tout citoyen, c’est la difficulté à comprendre et à admettre que d’être simplement candidat à une élection, fut-elle présidentielle, puisse faire d’un parti et de son candidat des ennemis jurés à combattre par tous les moyens. Cela relève plutôt des pratiques chères à des régimes qui se trouvent aux antipodes de la démocratie. Plébiscite ? Pourquoi notre peuple serait-il appelé à plébisciter un système dont il se rend compte avec clarté qu’il a profité de circonstances historiques particulièrement favorables pour lui imposer une imposture démocratique».
Ce n’est pas tout. Et IBK d’ajouter que : «respecter son peuple, le considérer, ce n’est pas en cédant de manière volontariste et populiste à toute requête à la faveur de rencontres de fortune et lui donner ainsi le faux sentiment qu’on l’aime et qu’on serait prêt, pour lui complaire, à faire fi de toute organisation et méthode, de toute programmation exigée par une gestion moderne, démocratique et efficiente de la chose publique. Aimer son peuple, le considérer, mieux, le respecter, c’est accepter qu’il s’exprime à l’instar des peuples libres du monde, sans contraintes ni passions, sans intervention d’une quelconque Sécurité dite d’Etat. Aimer son peuple, le considérer, mieux, le respecter, c’est accepter d’organiser dans des conditions de clarté et de transparence absolues, toute consultation devant décider de son destin…».